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  <title>philosophie</title>
  <description><![CDATA[]]></description>
  <link>http://www.ac-corse.fr/philosophie/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2013-05-26T04:18:14+02:00</dc:date>
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   <title>STAGE DE PHILOSOPHIE</title>
   <pubDate>Thu, 06 Dec 2012 15:24:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Josette Casanova</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Stage]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Stage des 20 et 22 novembre 2012     <div>
      <b>De la conception des sujets à la notation des copies:</b>       <br />
       Stage animé par M. Joël Jung: IA-IPR de Philosophie
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.ac-corse.fr/philosophie/STAGE-DE-PHILOSOPHIE_a28.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Enseignement</title>
   <pubDate>Mon, 03 Sep 2012 19:17:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Josette Casanova</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Documents administratifs]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   épreuves des séries générales     <div>
      texte de définition des épreuves des séries       <br />
       générales publié au BO 31 du 30 août 2012       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=61108">texte de définition des épreuves des séries générales  </a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.ac-corse.fr/philosophie/Enseignement_a26.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.ac-corse.fr/philosophie,2013:rss-994634</guid>
   <title> Stage de philosophie</title>
   <pubDate>Wed, 23 Mar 2011 19:17:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Josette Casanova</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Stage]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Stage du 28 et 29 mars 2011     <div>
      Vous trouverez ici  les documents dont nous aurons besoin pour la partie du stage consacrée à l'étude suivie d'une oeuvre en classe et de l'oral de contrôle : Hippias majeur       <br />
              <br />
       Étude suivie d’une œuvre et épreuve orale de contrôle du baccalauréat       <br />
              <br />
       Épreuves des séries générales       <br />
       BO N°31 du 30 août 2001       <br />
       	Épreuves des séries technologiques        <br />
       B.O. N° 8 du 23 juin 2006       <br />
              <br />
       II - Épreuve orale de contrôle       <br />
       Le candidat présentera à l'examinateur la liste des œuvres philosophiques dont l'étude est obligatoire. Cette obligation s'impose à tous les candidats, qu'ils soient élèves d'un établissement ou candidats libres. La liste présentée par les élèves d'un établissement d'enseignement sera signée par le professeur, visée par le chef d'établissement et annexée au livret scolaire.        <br />
       Les œuvres philosophiques seront rigoureusement choisies dans les conditions fixées par le programme en vigueur. Lorsqu'une des œuvres aura été étudiée seulement dans certaines de ses parties, la délimitation précise de celles-ci sera explicitement indiquée. Le candidat sera porteur d'un exemplaire de chacun des ouvrages figurant sur la liste.        <br />
       Il est rappelé que le programme fixe pour chaque série, le nombre des œuvres philosophiques dont l'étude est obligatoire, ainsi que les modalités du choix des auteurs.        <br />
       L'épreuve orale portera obligatoirement sur l'une des œuvres présentées, dont un bref fragment devra être expliqué. Au cours de l'entretien, toute notion du programme pourra éventuellement faire l'objet d'une interrogation distincte ou, si possible, en liaison avec l'étude du texte.        <br />
       Au cas où le candidat, en contravention avec les dispositions réglementaires, ne présente aucune liste, ou présente une liste qui, n'étant pas conforme au programme, ne lie pas l'examinateur, il est recommandé à celui-ci de fournir au candidat deux ou trois œuvres, le candidat choisit l'une d'entre elles, dont il lui est demandé d'expliquer un bref fragment.        <br />
       Compte tenu des obligations fixées par le programme et des présentes instructions, l'interrogation devra essentiellement permettre au candidat de tirer parti de sa culture, de ses qualités de réflexion, des lectures qu'il a pu faire au cours de l'année.        <br />
       Dans toutes les séries, l'interrogation durera vingt minutes afin de permettre au candidat de montrer ses possibilités ; il disposera de vingt minutes pour la préparer.	Épreuve orale de contrôle        <br />
       Le candidat présente à l’examinateur la liste des textes étudiés, empruntés ou non à une même œuvre, parmi les œuvres des auteurs inscrits au programme. La liste présentée par les élèves d’un établissement public ou privé sous contrat sera signée par le professeur, visée par le chef d’établissement et annexée au livret scolaire. Le candidat se présente à l’épreuve avec un exemplaire des textes de sa liste.       <br />
       Si certains candidats, notamment individuels, se présentent sans liste, l’absence de celle-ci est consignée au procès-verbal de l’épreuve.       <br />
       L’épreuve orale portera sur l’un des textes présentés ou, à défaut, sur un bref texte proposé par l’examinateur, en liaison avec les notions du programme. L’interrogation devra permettre au candidat de faire preuve de connaissances élémentaires (vocabulaire, problèmes fondamentaux...), de tirer parti de ses qualités de réflexion et d’expression, ainsi que des lectures qu’il a pu faire au cours de l’année.       <br />
              <br />
              <br />
       Programmes des séries générales       <br />
       B.O. N°25 du 19 juin 2003        <br />
       	       <br />
       Programmes des séries technologiques       <br />
       B.O. HS n°7 du 1er septembre 2005       <br />
       I. Présentation       <br />
       I. 1. L’enseignement de la philosophie en classes terminales a pour objectif de favoriser l’accès de chaque élève à l’exercice réfléchi du jugement, et de lui offrir une culture philosophique initiale. Ces deux finalités sont substantiellement unies. Une culture n’est proprement philosophique que dans la mesure où elle se trouve constamment investie dans la position des problèmes et dans l’essai méthodique de leurs formulations et de leurs solutions possibles ; l’exercice du jugement n’a de valeur que pour autant qu’il s’applique à des contenus déterminés et qu’il est éclairé par les acquis de la culture.       <br />
       	I. Présentation       <br />
       I. 1. L’enseignement de la philosophie en classes terminales a pour objectif de favoriser l’accès de chaque élève à l’exercice réfléchi du jugement, et de lui offrir une culture philosophique initiale. Ces deux finalités sont substantiellement unies. Une culture n’est proprement philosophique que dans la mesure où elle se trouve constamment investie dans la position des problèmes et dans l’essai méthodique de leurs formulations et de leurs solutions possibles ; l’exercice du jugement n’a de valeur que pour autant qu’il s’applique à des contenus déterminés et qu’il est éclairé par les acquis de la culture, notamment dans les domaines des sciences, des religions et des arts.       <br />
       I.2. Dans les classes terminales conduisant aux baccalauréats des séries générales, le programme se compose d’une liste de notions et d’une liste d’auteurs. Les notions définissent les champs de problèmes abordés dans l’enseignement, et les auteurs fournissent les textes, en nombre limité, qui font l’objet d’une étude suivie.       <br />
       Ces deux éléments seront traités conjointement, de manière à respecter l’unité et la cohérence du programme.        <br />
       	I.2. Dans les classes terminales conduisant aux baccalauréats des séries technologiques, les programmes se composent d’une liste de notions et d'une liste d'auteurs. Les notions définissent les champs de problèmes abordés dans l’enseignement, et les auteurs fournissent les textes, en nombre limité, qui viendront à l’appui de l’analyse des notions et de l’examen des problèmes.       <br />
       II.2 Auteurs        <br />
       L’étude d’œuvres des auteurs majeurs est un élément constitutif de toute culture philosophique. Il ne s’agit pas, au travers d’un survol historique, de recueillir une information factuelle sur des doctrines ou des courants d’idées, mais bien d’enrichir la réflexion de l’élève sur les problèmes philosophiques par une connaissance directe de leurs formulations et de leurs développements les plus authentiques. C’est pourquoi le professeur ne dissociera pas l’explication et le commentaire des textes du traitement des notions figurant au programme.        <br />
       Les œuvres seront obligatoirement choisies parmi celles des auteurs figurant dans la liste ci-dessous. Deux œuvres au moins seront étudiées en série L, et une au moins dans les séries ES et S. Ces textes seront présentés par l’élève, le cas échéant, à l’épreuve orale du baccalauréat.       <br />
       Dans tous les cas où plusieurs œuvres seront étudiées, elles seront prises dans des périodes distinctes (la liste fait apparaître trois périodes : l’Antiquité et le Moyen Âge, la période moderne, la période contemporaine).        <br />
       Pour que cette étude soit pleinement instructive, les œuvres retenues feront l’objet d’un commentaire suivi, soit dans leur intégralité, soit au travers de parties significatives, pourvu que celles-ci aient une certaine ampleur, forment un tout et présentent un caractère de continuité. Bien entendu, le professeur peut aussi utiliser pour les besoins de son enseignement des extraits d’écrits dont les auteurs ne figurent pas sur cette liste.       <br />
       	II. 2. Auteurs       <br />
       L’étude de textes choisis dans les œuvres des auteurs majeurs est un élément constitutif de toute culture philosophique, même élémentaire. Il ne s’agit pas, au travers d’un survol historique, de recueillir une information factuelle sur des doctrines ou des courants d’idées, mais bien d’enrichir la réflexion de l’élève sur les problèmes philosophiques par une connaissance directe de leurs formulations et de leurs développements les plus authentiques. C’est pourquoi le professeur ne dissociera pas l’explication et le commentaire de textes du traitement des notions figurant au programme.       <br />
       L’étude des textes, dont le choix est laissé à l'appréciation du professeur, sera adaptée à l’horaire de la classe. Dans les classes des séries technologiques, elle pourra porter sur un ensemble de textes courts soutenant de façon topique l’analyse d’une notion ou l’examen d’un problème ; elle ne prendra donc pas nécessairement la forme d’une analyse suivie et systématique d’une œuvre. Bien entendu, le professeur peut toujours utiliser dans son enseignement des écrits d’auteurs qui ne figurent pas sur cette liste, y compris en les empruntant à la littérature ou aux sciences humaines.       <br />
       III - Apprentissage de la réflexion philosophique        <br />
       Les formes de discours écrit les plus appropriées pour évaluer le travail des élèves en philosophie sont la dissertation et l’explication de texte.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       […]       <br />
       L’explication s’attache à dégager les enjeux philosophiques et la démarche caractéristique d’un texte de longueur restreinte. En interrogeant de manière systématique la lettre de ce texte, elle précise le sens et la fonction conceptuelle des termes employés, met en évidence les éléments implicites du propos et décompose les moments de l’argumentation, sans jamais séparer l’analyse formelle d’un souci de compréhension de fond, portant sur le problème traité et sur l’intérêt philosophique de la position construite et assumée par l’auteur.	III. Apprentissage de la réflexion philosophique       <br />
       Les formes de discours écrit les plus appropriées pour évaluer le travail des élèves en philosophie sont la dissertation et l’explication de texte. La préparation et la pratique de ces exercices dans les classes terminales des séries technologiques tiennent compte à la fois de l’horaire imparti à l’enseignement de la discipline et de la culture scolaire commune aux élèves de ces séries.       <br />
       […]       <br />
       L’explication s’attache à dégager les enjeux philosophiques et la démarche caractéristique d’un texte de longueur restreinte. En interrogeant de manière systématique la lettre de ce texte, elle précise le sens et la fonction conceptuelle des termes employés, met en évidence les éléments implicites du propos et décompose les moments de l’argumentation, sans jamais séparer l’analyse formelle d’un souci de compréhension de fond, portant sur le problème traité et sur l’intérêt philosophique de la position construite et assumée par l’auteur.       <br />
              <br />
       Platon Hippias majeur – Bibliographie sommaire       <br />
       I. texte et traduction       <br />
              <br />
       Disponibles sur l’Internet :        <br />
              <br />
       Edition John Burnet, 1903 : 	http ://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/hippiasmajor.htm       <br />
       			http://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0179       <br />
       Traductions :       <br />
              <br />
       Anonymes :	http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/hippiasmajorfr.htm.       <br />
       http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/file/platon_hippias_majeur.pdf        <br />
       http://www.ac-nice.fr/philo/textes/HippiasMajeur.pdf       <br />
              <br />
       A. Croiset	http://fr.wikisource.org/wiki/Page:Platon_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_-_Tome_II.djvu/19	       <br />
       E. Chambry :	http://fr.wikisource.org/wiki/Hippias_majeur_(trad._Chambry)       <br />
       V. Cousin : 	http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/cousin/hippias.htm       <br />
       Traduction anglaise : http://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0180       <br />
              <br />
       Éditions récentes ou classiques :       <br />
       Platon, Œuvres, Tome II, texte établi et traduit par A. Croiset, Les Belles-Lettres       <br />
       Traduction reprise dans Apologie de Socrate, Lachès et autres dialogues, Tel Gallimard       <br />
              <br />
       Hippias majeur, trad. V. Cousin revue et présentée par Jean Lacoste, Hatier poche       <br />
       Hippias majeur, Hippias mineur, trad. et prés. J.-Fr. Pradeau et Fr. Fronterotta, GF – Flammarion       <br />
       Hippias majeur, Hippias mineur, trad. Et prés. J.-Fr. Balaudé, Livre de Poche       <br />
              <br />
       II. Commentaires scolaires :       <br />
       Hazebroucq Marie-France, Platon, Hippias majeur, Ellipses Philo-texte       <br />
       Jung J., Platon, Hippias majeur, Bertrand-Lacoste       <br />
       Lacoste J., Platon, Hippias majeur (sur le beau), Profil Hatier       <br />
              <br />
       III. Sur Platon       <br />
       Léon Robin, Platon, PUF       <br />
       Victor Goldschmidt, Les Dialogues de Platon, PUF       <br />
       Monique Dixsaut, Le Naturel philosophe, Vrin       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       Proposition de plan       <br />
              <br />
       I. Prologue       <br />
       	A. Le « bel et savant Hippias »       <br />
       		1. Les anciens et le moderne : premier faux départ       <br />
       		2. Éloquence et opulence : Hippias marchand d’idées       <br />
       	B. Comment Hippias fut reçu à Sparte       <br />
       		1. Comment peut-on être spartiate ? deuxième faux départ       <br />
       		2. Sparte, la loi, la coutume       <br />
       		3. Hippias, champion de mnémonique	281a – 286c       <br />
       281a – 283b       <br />
       281a – 282a       <br />
       282a – 283b       <br />
       283b – 286c       <br />
       283b – 284b       <br />
       284b – 285b       <br />
       285b – 286c       <br />
              <br />
       II. À la recherche du Beau : premières tentatives       <br />
       	A. Peut-on trouver un Beau en soi ?       <br />
       		1. Un troisième personnage : le « tourmenteur » de Socrate       <br />
       		2. « Qu’est-ce qui est beau ? » ou « Qu’est-ce que le Beau ? »       <br />
       		3. Filles, juments, marmites : où se cache la beauté en soi ?       <br />
       		Première définition d’Hippias       <br />
       	B. Qu’est-ce qui donne leur beauté aux choses ?       <br />
       		1. Est-ce l’or qui embellit tout ? Deuxième définition d’Hippias       <br />
       		2. La convenance, ou éloge de la cuiller en bois       <br />
       		3. « Pour tout homme et en tout temps » : l’universel       <br />
       		selon Hippias       <br />
       			a) Philosopher à coups de bâton       <br />
       			b) Achille et la marmite	286c – 293c       <br />
       286c – 289d       <br />
       286c – 287b       <br />
       287b – 287e       <br />
       287e – 289d       <br />
              <br />
       289d – 293c       <br />
       289d – 290d       <br />
       290d – 291c       <br />
       291c – 293c       <br />
       291c – 292e       <br />
       292e – 293c       <br />
              <br />
       III. À la recherche du Beau : nouveau départ       <br />
       	A. Le beau est ce qui convient : retour sur une définition       <br />
       		1. Être ou paraître beau…       <br />
       		2. …il faut choisir !       <br />
       	B. Le Beau, c’est l’utile       <br />
       		1. Mais si le beau est l’utile…       <br />
       		2. …le beau peut être utile au mal !       <br />
       	C. Le Beau est l’utile au Bien       <br />
       		1. Mais si le Beau produit le Bien…       <br />
       		2. …le Bien n’est pas (le) Beau et le Beau n’est pas (le) Bien !	293d – 297e       <br />
       293d – 294e       <br />
       293d – 294c       <br />
       294c – 294e       <br />
       295a – 296d       <br />
       295a – 295e       <br />
       295e – 296d       <br />
       296d – 297e       <br />
       296d – 297b       <br />
       297b -  297e       <br />
              <br />
       IV. La beauté et les sens       <br />
       	A. Plaisir de l’ouïe, plaisir de la vue       <br />
       		1. Si le Beau est plaisir de l’ouïe et de la vue…       <br />
       		2. …que faire du plaisir des autres sens…       <br />
       		3. …et comment le distinguer ?       <br />
       	B. L’ensemble et ses parties       <br />
       		1. Reproches d’Hippias à Socrate       <br />
       		2. L’individu, le couple et leurs propriétés       <br />
       	C. Les sens et l’essence       <br />
       		1. Où ranger la beauté ?       <br />
       		2. Retour au point de départ !	297e – 304a       <br />
       297e – 300b       <br />
       297e – 298c       <br />
       298c – 299b       <br />
       299b – 300b       <br />
       300c – 302b       <br />
       300c – 301d       <br />
       301d – 302b       <br />
       302b – 304a       <br />
       302b – 303c       <br />
       303c – 304a       <br />
              <br />
       V. Épilogue : « le Beau est difficile » !	304a – 304e       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       Πλάτωνος Ἱππίας μειζών       <br />
       ed. John Burnet, 1903 corrigée       <br />
       http ://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/hippiasmajor.htm       <br />
       Platon, Hippias majeur       <br />
       Traduction anonyme       <br />
       http ://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/hippiasmajorfr.htm       <br />
              <br />
              <br />
       [281a] Σωκράτης. Ἱππίας ὁ καλός τε καὶ σοφός• ὡς διὰ χρόνου ἡμῖν κατῆρας εἰς τὰς Ἀθήνας.	       <br />
       [281a] Socrate. Ô sage et excellent Hippias, voilà bien longtemps que tu n’es pas venu à Athènes !       <br />
       Ἱππίας. Οὐ γὰρ σχολή, ὦ Σώκρατες. Ἡ γὰρ Ἦλις ὅταν τι δέηται διαπράξασθαι πρός τινα τῶν πόλεων, ἀεὶ ἐπὶ πρῶτον ἐμὲ ἔρχεται τῶν πολιτῶν αἱρουμένη πρεσβευτήν, ἡγουμένη δικαστὴν καὶ ἄγγελον ἱκανώτατον εἶναι τῶν λόγων οἳ ἂν [281b] παρὰ τῶν πόλεων ἑκάστων λέγωνται. Πολλάκις μὲν οὖν καὶ εἰς ἄλλας πόλεις ἐπρέσβευσα, πλεῖστα δὲ καὶ περὶ πλείστων καὶ μεγίστων εἰς τὴν Λακεδαίμονα• διὸ δή, ὃ σὺ ἐρωτᾷς, οὐ θαμίζω εἰς τούσδε τοὺς τόπους.       <br />
       	Hippias. En vérité, Socrate, je n’en ai pas eu le loisir. Lorsque Élis a quelque affaire à traiter avec une autre cité, elle s’adresse toujours à moi de préférence à tout autre citoyen, et me choisit pour son envoyé, persuadée que personne n’est plus capable de bien juger, et de lui faire un rapport fidèle [281b]  des choses qui lui sont dites de la part de chaque ville. J’ai donc été souvent député en différentes villes, mais le plus souvent à Lacédémone, et pour un plus grand nombre d’affaires très importantes. C’est pour cette raison, puisque tu veux le savoir, que je viens rarement en ces lieux.       <br />
       Σωκράτης. Τοιοῦτον μέντοι, ὦ Ἱππία, ἔστι τὸ τῇ ἀληθείᾳ σοφόν τε καὶ τέλειον ἄνδρα εἶναι. Σὺ γὰρ καὶ ἰδίᾳ ἱκανὸς εἶ παρὰ τῶν νέων πολλὰ χρήματα λαμβάνων ἔτι πλείω [281c] ὠφελεῖν ὧν λαμβάνεις, καὶ αὖ δημοσίᾳ τὴν σαυτοῦ πόλιν ἱκανὸς εὐεργετεῖν, ὥσπερ χρὴ τὸν μέλλοντα μὴ καταφρονήσεσθαι ἀλλ' εὐδοκιμήσειν ἐν τοῖς πολλοῖς. Ἀτάρ, ὦ Ἱππία, τί ποτε τὸ αἴτιον ὅτι οἱ παλαιοὶ ἐκεῖνοι, ὧν ὀνόματα μεγάλα λέγεται ἐπὶ σοφίᾳ, Πιττακοῦ τε καὶ Βίαντος καὶ τῶν ἀμφὶ τὸν Μιλήσιον Θαλῆν καὶ ἔτι τῶν ὕστερον μέχρι Ἀναξαγόρου, ὡς ἢ πάντες ἢ οἱ πολλοὶ αὐτῶν φαίνονται ἀπεχόμενοι τῶν πολιτικῶν πράξεων ;	Socrate. Voilà ce que c’est, Hippias, d’être un homme vraiment sage et accompli. car d’abord tu es capable, comme homme privé, de procurer aux jeunes gens des avantages bien autrement précieux [281c] que l’argent qu’ils te donnent en grande quantité. et ensuite, comme citoyen, tu peux rendre à ta patrie de ces services capables de tirer un homme de la foule anonyme, et de lui acquérir de la renommée. Cependant, Hippias, quelle peut être la cause pour laquelle ces anciens, dont les noms sont si célèbres pour leur sagesse, un Pittacos, un Bias, un Thalès de Milet, et ceux qui sont venus depuis, jusqu’à Anaxagore, se sont tous ou presque tous tenus éloignés des affaires publiques ?       <br />
       Ἱππίας. Τί δ' οἴει, ὦ Σώκρατες, ἄλλο γε ἢ ἀδύνατοι ἦσαν [281d] καὶ οὐχ ἱκανοὶ ἐξικνεῖσθαι φρονήσει ἐπ' ἀμφότερα, τά τε κοινὰ καὶ τὰ ἴδια ;	Hippias. Quelle autre raison, Socrate, penses-tu qu’on puisse alléguer [281d] si ce n’est leur impuissance à embrasser à la fois les affaires de l’État et celles des particuliers ?       <br />
       Σωκράτης. Ἆρ' οὖν πρὸς Διός, ὥσπερ αἱ ἄλλαι τέχναι ἐπιδεδώκασι καὶ εἰσὶ παρὰ τοὺς νῦν δημιουργοὺς οἱ παλαιοὶ φαῦλοι, οὕτω καὶ τὴν ὑμετέραν τὴν τῶν σοφιστῶν τέχνην ἐπιδεδωκέναι φῶμεν καὶ εἶναι τῶν ἀρχαίων τοὺς περὶ τὴν σοφίαν φαύλους πρὸς ὑμᾶς ;       <br />
       	Socrate. Quoi donc ! par Zeus ! est-ce que, comme les autres arts se sont perfectionnés, et que les artisans du temps passé sont des ignorants auprès de ceux d’aujourd’hui, nous dirons aussi que votre art, à vous autres sophistes, a fait les mêmes progrès, et que ceux des anciens qui s’appliquaient à la sagesse n’étaient rien en comparaison de vous ?       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ μὲν οὖν ὀρθῶς λέγεις.	Hippias. Rien n’est plus vrai.       <br />
       Σωκράτης. Εἰ ἄρα νῦν ἡμῖν, ὦ Ἱππία, ὁ Βίας ἀναβιοίη, γέλωτ' [282a] ἂν ὄφλοι πρὸς ὑμᾶς, ὥσπερ καὶ τὸν Δαίδαλόν φασιν οἱ ἀνδριαντοποιοί, νῦν εἰ γενόμενος τοιαῦτ' ἐργάζοιτο οἷα ἦν ἀφ' ὧν τοὔνομ' ἔσχεν, καταγέλαστον ἂν εἶναι.	Socrate. Ainsi, Hippias, si Bias revenait maintenant au monde, il paraîtrait [282a] ridicule auprès de vous, à peu près comme les sculpteurs disent que Dédale se ferait moquer si, de nos jours, il faisait des ouvrages tels que ceux qui lui ont acquis tant de célébrité.       <br />
       Ἱππίας. Ἔστι μὲν ταῦτα, ὦ Σώκρατες, οὕτως ὡς σὺ λέγεις• εἴωθα μέντοι ἔγωγε τοὺς παλαιούς τε καὶ προτέρους ἡμῶν προτέρους τε καὶ μᾶλλον ἐγκωμιάζειν ἢ τοὺς νῦν, εὐλαβούμενος μὲν φθόνον τῶν ζώντων, φοβούμενος δὲ μῆνιν τῶν τετελευτηκότων. 	Hippias. Au fond, Socrate, la chose est comme tu dis. cependant, j’ai coutume de louer les anciens et nos devanciers plus que les sages de ce temps, car si je me méfie de la jalousie des vivants, je redoute aussi l’indignation des morts.       <br />
       [282b] Σωκράτης. Καλῶς γε σύ, ὦ Ἱππία, ὀνομάζων τε καὶ διανοούμενος, ὡς ἐμοὶ δοκεῖς. Συμμαρτυρῆσαι δέ σοι ἔχω ὅτι ἀληθῆ λέγεις, καὶ τῷ ὄντι ὑμῶν ἐπιδέδωκεν ἡ τέχνη πρὸς τὸ καὶ τὰ δημόσια πράττειν δύνασθαι μετὰ τῶν ἰδίων. Γοργίας τε γὰρ οὗτος ὁ Λεοντῖνος σοφιστὴς δεῦρο ἀφίκετο δημοσίᾳ οἴκοθεν πρεσβεύων, ὡς ἱκανώτατος ὢν Λεοντίνων τὰ κοινὰ πράττειν, καὶ ἔν τε τῷ δήμῳ ἔδοξεν ἄριστα εἰπεῖν, καὶ ἰδίᾳ ἐπιδείξεις ποιούμενος καὶ συνὼν τοῖς νέοις χρήματα πολλὰ ἠργάσατο [282c] καὶ ἔλαβεν ἐκ τῆσδε τῆς πόλεως• εἰ δὲ βούλει, ὁ ἡμέτερος ἑταῖρος Πρόδικος οὗτος πολλάκις μὲν καὶ ἄλλοτε δημοσίᾳ ἀφίκετο, ἀτὰρ τὰ τελευταῖα ἔναγχος ἀφικόμενος δημοσίᾳ ἐκ Κέω λέγων τ' ἐν τῇ βουλῇ πάνυ ηὐδοκίμησεν καὶ ἰδίᾳ ἐπιδείξεις ποιούμενος καὶ τοῖς νέοις συνὼν χρήματα ἔλαβεν θαυμαστὰ ὅσα. Τῶν δὲ παλαιῶν ἐκείνων οὐδεὶς πώποτε ἠξίωσεν ἀργύριον μισθὸν πράξασθαι οὐδ' ἐπιδείξεις ποιήσασθαι [282d] ἐν παντοδαποῖς ἀνθρώποις τῆς ἑαυτοῦ σοφίας• οὕτως ἦσαν εὐήθεις καὶ ἐλελήθει αὐτοὺς ἀργύριον ὡς πολλοῦ ἄξιον εἴη. Τούτων δ' ἑκάτερος πλέον ἀργύριον ἀπὸ σοφίας εἴργασται ἢ ἄλλος δημιουργὸς ἀφ' ἧστινος τέχνης• καὶ ἔτι πρότερος τούτων Πρωταγόρας.	[282b] Socrate. C’est fort bien pensé [exprimé] et raisonné, Hippias, à ce qu’il me semble. Et je puis aussi te rendre témoignage que tu dis vrai, et que votre art s’est réellement perfectionné dans la façon de joindre l’administration des affaires publiques à celle des affaires particulières. En effet, le fameux Gorgias, sophiste de Léontium, est venu ici avec le titre d’envoyé de sa ville, comme le plus capable de tous les Léontins de traiter les affaires d’État. Il s’est fait beaucoup d’honneur en public par son éloquence. et dans le particulier, en donnant des leçons et en conversant avec les jeunes gens, il a amassé et emporté de grosses [282c] sommes d’argent de cette ville. Veux-tu un autre exemple ? Notre ami Prodicos a souvent été député par ses concitoyens auprès de beaucoup de villes, et, en dernier lieu, étant venu, il y a peu de temps, de Céos à Athènes, il a parlé devant le Conseil avec de grands applaudissements. Et donnant chez lui des leçons et s’entretenant avec notre jeunesse, il en a tiré des sommes prodigieuses. Parmi les anciens sages, aucun n’a cru devoir exiger de l’argent pour prix de ses leçons, ni faire montre de son savoir [282d] devant toutes sortes de personnes, tant ils étaient simples, et savaient peu le mérite de l’argent. Mais les deux sophistes que je viens de nommer ont plus gagné d’argent avec leur sagesse qu’aucun artisan n’en a retiré de quelque art que ce soit. et Protagoras, avant eux, avait fait la même chose.       <br />
       Ἱππίας. Οὐδὲν γάρ, ὦ Σώκρατες, οἶσθα τῶν καλῶν περὶ τοῦτο. Εἰ γὰρ εἰδείης ὅσον ἀργύριον εἴργασμαι ἐγώ, θαυμάσαις ἄν• καὶ τὰ μὲν ἄλλα ἐῶ, ἀφικόμενος δέ ποτε εἰς Σικελίαν, Πρωταγόρου [282e] αὐτόθι ἐπιδημοῦντος καὶ εὐδοκιμοῦντος καὶ πρεσβυτέρου ὄντος πολὺ νεώτερος ὢν ἐν ὀλίγῳ χρόνῳ πάνυ πλέον ἢ πεντήκοντα καὶ ἑκατὸν μνᾶς ἠργασάμην, καὶ ἐξ ἑνός γε χωρίου πάνυ σμικροῦ, Ἰνυκοῦ, πλέον ἢ εἴκοσι μνᾶς• καὶ τοῦτο ἐλθὼν οἴκαδε φέρων τῷ πατρὶ ἔδωκα, ὥστε ἐκεῖνον καὶ τοὺς ἄλλους πολίτας θαυμάζειν τε καὶ ἐκπεπλῆχθαι. Καὶ σχεδόν τι οἶμαι ἐμὲ πλείω χρήματα εἰργάσθαι ἢ ἄλλους σύνδυο οὕστινας βούλει τῶν σοφιστῶν.	Hippias. Je vois bien, Socrate, que tu n’entends pas le fin de notre profession : si tu savais combien elle m’a valu d’argent, tu en serais étonné. pour ne point parler du reste, je suis un jour allé en Sicile alors que Protagoras [282e] s’y trouvait et y jouissait d’une grande réputation, et quoiqu’il eût déjà un certain âge et que je fusse beaucoup plus jeune que lui, j’amassai en fort peu de temps plus de cent cinquante mines, et plus de vingt mines d’un seul petit endroit qu’on appelle Inycos. De retour chez moi, je donnai cette somme à mon père, qui en fut surpris et frappé ainsi que nos autres concitoyens. et je crois avoir gagné seul plus d’argent que deux autres sophistes ensemble, quels qu’ils puissent être.       <br />
       Σωκράτης. Καλόν γε, ὦ Ἱππία, λέγεις καὶ μέγα τεκμήριον [283a] σοφίας τῆς τε σεαυτοῦ καὶ τῶν νῦν ἀνθρώπων πρὸς τοὺς ἀρχαίους ὅσον διαφέρουσι. Τῶν γὰρ προτέρων περὶ Ἀναξαγόρου λέγεται πολλὴ ἀμαθία κατὰ τὸν σὸν λόγον. Τοὐναντίον γὰρ Ἀναξαγόρᾳ φασὶ συμβῆναι ἢ ὑμῖν• καταλειφθέντων γὰρ αὐτῷ πολλῶν χρημάτων καταμελῆσαι καὶ ἀπολέσαι πάντα - οὕτως αὐτὸν ἀνόητα σοφίζεσθαι - λέγουσι δὲ καὶ περὶ ἄλλων τῶν παλαιῶν ἕτερα τοιαῦτα. Τοῦτο μὲν οὖν μοι δοκεῖς καλὸν τεκμήριον ἀποφαίνειν περὶ σοφίας τῶν [283b] νῦν πρὸς τοὺς προτέρους, καὶ πολλοῖς συνδοκεῖ ὅτι τὸν σοφὸν αὐτὸν αὑτῷ μάλιστα δεῖ σοφὸν εἶναι• τούτου δ' ὅρος ἐστὶν ἄρα, ὃς ἂν πλεῖστον ἀργύριον ἐργάσηται. Καὶ ταῦτα μὲν ἱκανῶς ἐχέτω• τόδε δέ μοι εἰπέ, σὺ αὐτὸς πόθεν πλεῖστον ἀργύριον ἠργάσω τῶν πόλεων εἰς ἃς ἀφικνῇ ; Ἢ δῆλον ὅτι ἐκ Λακεδαίμονος, οἷπερ καὶ πλειστάκις ἀφῖξαι ;	Socrate. En vérité, Hippias, voilà une belle et grande preuve [283a] de ta sagesse, de celle des hommes de notre siècle, et de leur supériorité à cet égard sur les anciens. Il faut convenir, d’après ce que tu dis, que l’ignorance de vos devanciers était extrême, puisqu’on rapporte qu’il est arrivé à Anaxagore lui-même tout le contraire de ce qui vous arrive. Ses parents lui ayant laissé de grands biens, il les négligea et les laissa périr entièrement, tant sa sagesse était insensée. On raconte des traits à peu près semblables d’autres anciens. Il me paraît donc que c’est là une marque bien claire de l’avantage que vous avez sur eux pour ce qui est de la sagesse. [283b] C’est aussi le sentiment commun, qu’il faut que la sagesse serve principalement au sage lui-même. et la fin d’une pareille sagesse est d’amasser le plus d’argent que l’on peut. Mais en voilà assez là-dessus. Dis-moi encore une chose : de toutes les villes où tu as été, quelle est celle dont tu as rapporté de plus grosses sommes ? Il ne faut pas le demander. c’est sans doute Lacédémone, où tu es allé plus que partout ailleurs.       <br />
       Ἱππίας. Οὐ μὰ τὸν Δία, ὦ Σώκρατες.	Hippias. Non, par Zeus, Socrate.       <br />
       Σωκράτης. Πῶς φῄς ; Ἀλλ' ἐλάχιστον ; 	Socrate. Que dis-tu là ? Est-ce de cette ville que tu aurais tiré le moins d’argent ?       <br />
       [283c] Ἱππίας. Οὐδὲν μὲν οὖν τὸ παράπαν πώποτε.	[283c] Hippias. Je n’en ai jamais tiré une obole.        <br />
       Σωκράτης. Τέρας λέγεις καὶ θαυμαστόν, ὦ Ἱππία. Καί μοι εἰπέ• πότερον ἡ σοφία ἡ σὴ οὐχ οἵα τοὺς συνόντας αὐτῇ καὶ μανθάνοντας εἰς ἀρετὴν βελτίους ποιεῖν ;	Socrate. Voilà une chose bien étrange et qui tient du prodige, Hippias. Dis-moi, je te prie, n’aurais-tu point assez de sagesse pour rendre plus vertueux ceux qui la pratiquent et prennent tes leçons ?       <br />
       Ἱππίας. Καὶ πολύ γε, ὦ Σώκρατες.	Hippias. J’en ai de reste pour cela, Socrate.       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλὰ τοὺς μὲν Ἰνυκίνων ὑεῖς οἷός τε ἦσθα ἀμείνους ποιῆσαι, τοὺς δὲ Σπαρτιατῶν ἠδυνάτεις ;       <br />
       	Socrate. Est-ce donc que tu étais capable de rendre meilleurs les enfants des Inyciens, et que tu ne pouvais en faire autant des enfants des Spartiates ?       <br />
       Ἱππίας. Πολλοῦ γε δέω.	Hippias. Il s’en faut de beaucoup.       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλὰ δῆτα Σικελιῶται μὲν ἐπιθυμοῦσιν ἀμείνους γίγνεσθαι, Λακεδαιμόνιοι [283d] δ' οὔ ;	Socrate. C’est, apparemment, que les Siciliens ont le désir de devenir meilleurs et que les Lacédémoniens ne s’en soucient [283d]  pas.       <br />
       Ἱππίας. Πάντως γέ που, ὦ Σώκρατες, καὶ Λακεδαιμόνιοι.	Hippias. Au contraire, Socrate, les Lacédémoniens n’ont rien plus à cœur.       <br />
       Σωκράτης. Ἆρ' οὖν χρημάτων ἐνδείᾳ ἔφευγον τὴν σὴν ὁμιλίαν ;	Socrate. Auraient-ils par hasard fui ton commerce, faute d’argent ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐ δῆτα, ἐπεὶ ἱκανὰ αὐτοῖς ἐστιν.	Hippias. Nullement. ils en ont en abondance.       <br />
       Σωκράτης. Τί δῆτ' ἂν εἴη ὅτι ἐπιθυμοῦντες καὶ ἔχοντες χρήματα, καὶ σοῦ δυναμένου τὰ μέγιστα αὐτοὺς ὠφελεῖν, οὐ πλήρη σε ἀργυρίου ἀπέπεμψαν ; Ἀλλ' ἐκεῖνο, μῶν μὴ Λακεδαιμόνιοι σοῦ βέλτιον ἂν παιδεύσειαν τοὺς αὑτῶν παῖδας ; Ἢ τοῦτο φῶμεν οὕτω, καὶ σὺ συγχωρεῖς ;       <br />
       	Socrate. Puisque les Lacédémoniens désirent devenir meilleurs, qu’ils ont de l’argent, et que tu peux leur être infiniment utile à cet égard, pourquoi donc ne t’ont-ils pas renvoyé chargé d’argent ? Cela ne viendrait-il point de ce que les Lacédémoniens élèvent mieux leurs enfants que tu ne ferais ? Est-ce là ce que nous dirons, et en conviens-tu ?        <br />
       [283e] Ἱππίας. Οὐδ' ὁπωστιοῦν.	[283e] Hippias. J’en suis bien éloigné.       <br />
       Σωκράτης. Πότερον οὖν τοὺς νέους οὐχ οἷός τ' ἦσθα πείθειν ἐν Λακεδαίμονι ὡς σοὶ συνόντες πλέον ἂν εἰς ἀρετὴν ἐπιδιδοῖεν ἢ τοῖς ἑαυτῶν, ἢ τοὺς ἐκείνων πατέρας ἠδυνάτεις πείθειν ὅτι σοὶ χρὴ παραδιδόναι μᾶλλον ἢ αὐτοὺς ἐπιμελεῖσθαι, εἴπερ τι τῶν ὑέων κήδονται ; Οὐ γάρ που ἐφθόνουν γε τοῖς ἑαυτῶν παισὶν ὡς βελτίστοις γενέσθαι.	Socrate. N’es-tu donc pas parvenu à convaincre les jeunes gens de Lacédémone qu’en s’attachant à toi ils avanceraient plus dans la vertu qu’auprès de leurs parents ? ou bien n’as-tu pu mettre dans l’esprit de leurs pères que, pour peu qu’ils prissent intérêt à leurs enfants, ils devaient t’en confier l’éducation, plutôt que de s’en charger eux-mêmes ? Sans doute ne refusaient-ils pas à leurs enfants le bonheur de devenir aussi vertueux qu’il est possible ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐκ οἶμαι ἔγωγε φθονεῖν.	Hippias. Non, je ne le pense pas.       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλὰ μὴν εὔνομός γ' ἡ Λακεδαίμων.	Socrate. Lacédémone est pourtant une ville bien policée.       <br />
       Ἱππίας. Πῶς γὰρ [284a] οὔ ;	Hippias. Sans contredit. [284a]       <br />
       Σωκράτης. Ἐν δέ γε ταῖς εὐνόμοις πόλεσιν τιμιώτατον ἡ ἀρετή.	Socrate. Mais, dans les villes bien policées, la vertu est ce qu’on estime le plus.       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ γε.	Hippias. Assurément.       <br />
       Σωκράτης. Σὺ δὲ ταύτην παραδιδόναι ἄλλῳ κάλλιστ' ἀνθρώπων ἐπίστασαι.	Socrate. Or, personne au monde n’est plus capable que toi de l’enseigner aux autres.       <br />
       Ἱππίας. Καὶ πολύ γε, ὦ Σώκρατες.	Hippias. Personne, Socrate.       <br />
       Σωκράτης. Ὁ οὖν κάλλιστ' ἐπιστάμενος ἱππικὴν παραδιδόναι ἆρ' οὐκ ἂν ἐν Θετταλίᾳ τῆς Ἑλλάδος μάλιστα τιμῷτο καὶ πλεῖστα χρήματα λαμβάνοι, καὶ ἄλλοθι ὅπου τοῦτο σπουδάζοιτο ;	Socrate. Celui qui saurait parfaitement apprendre à monter à cheval ne serait-il pas considéré en Thessalie plus qu’en nul autre endroit de la Grèce ? Et n’est-ce pas là qu’il amasserait le plus d’argent, ainsi que partout où l’on aurait de l’ardeur pour cet exercice ?       <br />
       Ἱππίας. Εἰκός γε.	Hippias. C’est probable.       <br />
       Σωκράτης. Ὁ δὴ δυνάμενος παραδιδόναι τὰ πλείστου ἄξια μαθήματα εἰς ἀρετὴν οὐκ ἐν [284b] Λακεδαίμονι μάλιστα τιμήσεται καὶ πλεῖστα ἐργάσεται χρήματα, ἂν βούληται, καὶ ἐν ἄλλῃ πόλει ἥτις τῶν Ἑλληνίδων εὐνομεῖται ; Ἀλλ' ἐν Σικελίᾳ, ὦ ἑταῖρε, οἴει μᾶλλον καὶ ἐν Ἰνυκῷ ; Ταῦτα πειθώμεθα, ὦ Ἱππία ; Ἐὰν γὰρ σὺ κελεύῃς, πειστέον.       <br />
       	Socrate. Et un homme capable de donner les enseignements les plus propres à conduire à la vertu ne serait point honoré à [284b] Lacédémone, et dans toute autre ville grecque gouvernée par de bonnes lois ? Il n’en retirerait pas, s’il le veut, plus d’argent que de nulle autre part ? Et tu crois, mon cher, qu’il ferait plutôt fortune en Sicile et à Inycos ? Te croirai-je en cela, Hippias ? Car si tu l’ordonnes, il faudra bien te croire.       <br />
       Ἱππίας. Οὐ γὰρ πάτριον, ὦ Σώκρατες, Λακεδαιμονίοις κινεῖν τοὺς νόμους, οὐδὲ παρὰ τὰ εἰωθότα παιδεύειν τοὺς ὑεῖς.	Hippias. Ce n’est point, Socrate, l’usage à Lacédémone de toucher aux lois, ni de donner aux enfants une autre éducation que celle qui est établie.       <br />
       Σωκράτης. Πῶς λέγεις ; Λακεδαιμονίοις οὐ πάτριον ὀρθῶς [284c] πράττειν ἀλλ' ἐξαμαρτάνειν ;	Socrate. Comment dis-tu ? La coutume n’est point, à Lacédémone, d’agir [284c] sagement, mais de faire des fautes ?        <br />
       Ἱππίας. Οὐκ ἂν φαίην ἔγωγε, ὦ Σώκρατες.	Hippias. Je n’ai garde de dire cela, Socrate.       <br />
       ²Σωκράτης. Οὐκοῦν ὀρθῶς ἂν πράττοιεν βέλτιον ἀλλὰ μὴ χεῖρον παιδεύοντες τοὺς νέους ;	Socrate. N’agiraient-ils donc pas sagement s’ils donnaient à leurs enfants une éducation meilleure, au lieu d’une moins bonne ?       <br />
       Ἱππίας. Ὀρθῶς• ἀλλὰ ξενικὴν παίδευσιν οὐ νόμιμον αὐτοῖς παιδεύειν, ἐπεὶ εὖ ἴσθι, εἴπερ τις ἄλλος ἐκεῖθεν χρήματα ἔλαβεν πώποτε ἐπὶ παιδεύσει, καὶ ἐμὲ ἂν λαβεῖν πολὺ μάλιστα - χαίρουσι γοῦν ἀκούοντες ἐμοῦ καὶ ἐπαινοῦσιν - ἀλλ', ὃ λέγω, οὐ νόμος.	Hippias. J’en conviens. mais la loi ne permet pas chez eux d’élever les enfants suivant une méthode étrangère. Sans cela, je puis te garantir que, si quelqu’un avait jamais reçu de l’argent à Lacédémone pour former la jeunesse, j’en aurais reçu plus que personne, car ils se plaisent m’entendre et m’applaudissent. Mais, comme je viens de dire, la loi est contre moi.       <br />
       [284d] Σωκράτης. Νόμον δὲ λέγεις, ὦ Ἱππία, βλάβην πόλεως εἶναι ἢ ὠφελίαν ;	[284d] Socrate. Par la loi, Hippias, entends-tu ce qui est nuisible ou salutaire à une ville ?        <br />
       Ἱππίας. Τίθεται μὲν οἶμαι ὠφελίας ἕνεκα, ἐνίοτε δὲ καὶ βλάπτει, ἐὰν κακῶς τεθῇ ὁ νόμος.	Hippias. On ne fait des lois, ce me semble, qu’en vue de leur utilité. mais elles nuisent quelquefois quand elles sont mal faites.       <br />
       Σωκράτης. Τί δέ ; Οὐχ ὡς ἀγαθὸν μέγιστον πόλει τίθενται τὸν νόμον οἱ τιθέμενοι ; Καὶ ἄνευ τούτου μετὰ εὐνομίας ἀδύνατον οἰκεῖν ;	Socrate. Quoi ! les législateurs, en faisant des lois, ne les font-ils point pour le plus grand bien de l’État ? Et sans cela n’est-il pas impossible qu’un État soit bien policé ?       <br />
       Ἱππίας. Ἀληθῆ λέγεις.	Hippias. Tu as raison.       <br />
       Σωκράτης. Ὅταν ἄρα ἀγαθοῦ ἁμάρτωσιν οἱ ἐπιχειροῦντες τοὺς νόμους τιθέναι, νομίμου τε καὶ νόμου ἡμαρτήκασιν• ἢ [284e] πῶς λέγεις ;	Socrate. Lors donc que ceux qui entreprennent de faire des lois en manquent le but, qui est le bien, ils manquent ce qui est légitime et la loi elle-même. [284e] Qu’en penses-tu ?       <br />
       Ἱππίας. Τῷ μὲν ἀκριβεῖ λόγῳ, ὦ Σώκρατες, οὕτως ἔχει• οὐ μέντοι εἰώθασιν ἅνθρωποι ὀνομάζειν οὕτω.	Hippias. A prendre la chose à la rigueur, Socrate, cela est vrai. mais les hommes n’ont point coutume de l’entendre ainsi.        <br />
       Σωκράτης. Πότερον, ὦ Ἱππία, οἱ εἰδότες ἢ οἱ μὴ εἰδότες ;	Socrate. De qui parles-tu, Hippias ? des hommes instruits, ou des ignorants ?       <br />
       Ἱππίας. Οἱ πολλοί.	Hippias. Du grand nombre.       <br />
       Σωκράτης. Εἰσὶν δ' οὗτοι οἱ εἰδότες τἀληθές, οἱ πολλοί ;	Socrate. Mais ce grand nombre connaît-il la vérité ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐ δῆτα.	Hippias. Pas du tout.       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλὰ μήν που οἵ γ' εἰδότες τὸ ὠφελιμώτερον τοῦ ἀνωφελεστέρου νομιμώτερον ἡγοῦνται τῇ ἀληθείᾳ πᾶσιν ἀνθρώποις• ἢ οὐ συγχωρεῖς ;	Socrate. Ceux qui la connaissent regardent sans doute ce qui est utile comme plus légitime en soi et pour tous les hommes que ce qui est moins utile. Ne l’accordes-tu pas ?       <br />
       Ἱππίας. Ναί, συγχωρῶ, ὅτι γε τῇ ἀληθείᾳ.       <br />
       	Hippias. Oui, plus légitime, je te l’accorde, à prendre les choses selon la stricte vérité.       <br />
       Σωκράτης. Οὐκοῦν ἔστιν τε καὶ ἔχει οὕτως ὡς οἱ εἰδότες ἡγοῦνται ;	Socrate. Et les choses sont en effet comme les personnes instruites les conçoivent ?       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ γε.	Hippias. Oui.       <br />
       Σωκράτης. Ἔστι δέ γε Λακεδαιμονίοις, ὡς σὺ φῄς, ὠφελιμώτερον [285a] τὴν ὑπὸ σοῦ παίδευσιν, ξενικὴν οὖσαν, παιδεύεσθαι μᾶλλον ἢ τὴν ἐπιχωρίαν.	Socrate. Or, il est plus utile, à ce que tu dis, pour les Lacédémoniens, [285a] d’être élevés selon ton plan d’éducation, quoiqu’il soit étranger, que suivant le plan reçu chez eux.        <br />
       Ἱππίας. Καὶ ἀληθῆ γε λέγω.	Hippias. Et je dis vrai.       <br />
       Σωκράτης. Καὶ γὰρ ὅτι τὰ ὠφελιμώτερα νομιμώτερά ἐστι, καὶ τοῦτο λέγεις, ὦ Ἱππία ;	Socrate. N’avoues-tu pas aussi, Hippias, que ce qui est le plus utile est le plus légitime ?       <br />
       Ἱππίας. Εἶπον γάρ.	Hippias. J’en suis convenu en effet.       <br />
       Σωκράτης. Κατὰ τὸν σὸν ἄρα λόγον τοῖς Λακεδαιμονίων ὑέσιν ὑπὸ Ἱππίου παιδεύεσθαι νομιμώτερόν ἐστιν, ὑπὸ δὲ τῶν πατέρων ἀνομώτερον, εἴπερ τῷ ὄντι ὑπὸ σοῦ πλείω ὠφεληθήσονται.	Socrate. Donc, selon tes principes, il est plus légitime pour les enfants de Lacédémone d’être élevés par Hippias, et moins légitime d’être élevés par leurs parents, si réellement ton éducation doit leur être plus utile.       <br />
       Ἱππίας. Ἀλλὰ μὴν ὠφεληθήσονται, [285b] ὦ Σώκρατες.	Hippias. Elle le serait, [285b] Socrate.       <br />
       Σωκράτης. Παρανομοῦσιν ἄρα Λακεδαιμόνιοι οὐ διδόντες σοι χρυσίον καὶ ἐπιτρέποντες τοὺς αὑτῶν ὑεῖς.	Socrate. Ainsi les Lacédémoniens pèchent contre la loi lorsqu’ils refusent de te donner de l’argent et de te confier leurs enfants.       <br />
       Ἱππίας. Συγχωρῶ ταῦτα• δοκεῖς γάρ μοι τὸν λόγον πρὸς ἐμοῦ λέγειν, καὶ οὐδέν με δεῖ αὐτῷ ἐναντιοῦσθαι.	Hippias. Je te l’accorde. aussi bien il me paraît que tu parles pour moi, et j’aurais tort de te contredire.       <br />
       Σωκράτης. Παρανόμους μὲν δή, ὦ ἑταῖρε, τοὺς Λάκωνας εὑρίσκομεν, καὶ ταῦτ' εἰς τὰ μέγιστα, τοὺς νομιμωτάτους δοκοῦντας εἶναι. Ἐπαινοῦσι δὲ δή σε πρὸς θεῶν, ὦ Ἱππία, καὶ χαίρουσιν ἀκούοντες ποῖα ; Ἢ δῆλον δὴ ὅτι ἐκεῖνα ἃ σὺ κάλλιστα [285c] ἐπίστασαι, τὰ περὶ τὰ ἄστρα τε καὶ τὰ οὐράνια πάθη ;	Socrate. Voilà donc, mon cher ami, les Lacédémoniens convaincus de violer la loi, et cela sur les objets les plus importants, eux qui passent pour le mieux policé de tous les peuples. Mais, au nom des dieux, Hippias, en quelle occasion t’applaudissent-ils et t’écoutent-ils avec plaisir ? C’est apparemment quand tu leur parles du cours des astres et des [285c] révolutions célestes, toutes choses que tu connais mieux que personne ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐδ' ὁπωστιοῦν• ταῦτά γε οὐδ' ἀνέχονται.	Hippias. Point du tout : ils ne peuvent supporter ces sciences.       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλὰ περὶ γεωμετρίας τι χαίρουσιν ἀκούοντες ;       <br />
       	Socrate. C’est donc sur la géométrie qu’ils aiment à t’entendre discourir ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐδαμῶς, ἐπεὶ οὐδ' ἀριθμεῖν ἐκείνων γε, ὡς ἔπος εἰπεῖν, πολλοὶ ἐπίστανται.	Hippias. Nullement : la plupart d’entre eux ne savent pas même compter, pour ainsi dire.       <br />
       Σωκράτης. Πολλοῦ ἄρα δέουσιν περί γε λογισμῶν ἀνέχεσθαί σου ἐπιδεικνυμένου.	Socrate. Par conséquent, il s’en faut bien qu’ils t’écoutent volontiers, quand tu expliques l’art du calcul.       <br />
       Ἱππίας. Πολλοῦ μέντοι νὴ Δία.	Hippias. Oui, certes, il s’en faut bien.       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλὰ δῆτα ἐκεῖνα ἃ σὺ ἀκριβέστατα ἐπίστασαι [285d] ἀνθρώπων διαιρεῖν, περί τε γραμμάτων δυνάμεως καὶ συλλαβῶν καὶ ῥυθμῶν καὶ ἁρμονιῶν ;	Socrate. C’est sans doute sur les choses qu’aucun homme n’a distinguées [285d] avec plus de précision que toi, la valeur des lettres et des syllabes, des harmonies et des mesures ?        <br />
       Ἱππίας. Ποίων, ὠγαθέ, ἁρμονιῶν καὶ γραμμάτων ;       <br />
       	Hippias. De quelles harmonies, mon cher, et de quelles lettres parles-tu ?       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλὰ τί μήν ἐστιν ἃ ἡδέως σου ἀκροῶνται καὶ ἐπαινοῦσιν ; Αὐτός μοι εἰπέ, ἐπειδὴ ἐγὼ οὐχ εὑρίσκω.	Socrate. Sur quoi donc se plaisent-ils à t’entendre et t’applaudissent-ils ? Dis-le-moi toi-même, puisque je ne saurais le deviner.       <br />
       Ἱππίας. Περὶ τῶν γενῶν, ὦ Σώκρατες, τῶν τε ἡρώων καὶ τῶν ἀνθρώπων, καὶ τῶν κατοικίσεων, ὡς τὸ ἀρχαῖον ἐκτίσθησαν αἱ πόλεις, καὶ συλλήβδην πάσης τῆς ἀρχαιολογίας ἥδιστα [285e] ἀκροῶνται, ὥστ' ἔγωγε δι' αὐτοὺς ἠνάγκασμαι ἐκμεμαθηκέναι τε καὶ ἐκμεμελετηκέναι πάντα τὰ τοιαῦτα.       <br />
       	Hippias. Lorsque je leur parle, Socrate, de la généalogie des héros et des grands hommes, de l’origine des villes, et de la manière dont elles ont été fondées dans les premiers temps, et en général de toute l’histoire ancienne [285e] c’est alors qu’ils m’écoutent avec le plus grand plaisir. de façon que, pour les satisfaire, j’ai été obligé d’étudier et d’apprendre avec soin tout cela.        <br />
       Σωκράτης. Ναὶ μὰ Δί', ὦ Ἱππία, ηὐτύχηκάς γε ὅτι Λακεδαιμόνιοι οὐ χαίρουσιν ἄν τις αὐτοῖς ἀπὸ Σόλωνος τοὺς ἄρχοντας τοὺς ἡμετέρους καταλέγῃ• εἰ δὲ μή, πράγματ' ἂν εἶχες ἐκμανθάνων.	Socrate. En vérité, Hippias, tu es heureux que les Lacédémoniens ne prennent pas plaisir à entendre nommer de suite tous nos archontes depuis Solon. sans quoi tu aurais pris bien de la peine à te mettre tous ces noms dans la tête.       <br />
       Ἱππίας. Πόθεν, ὦ Σώκρατες ; Ἅπαξ ἀκούσας πεντήκοντα ὀνόματα ἀπομνημονεύσω.	Hippias. Quelle peine, Socrate ? Je n’ai qu’à entendre une seule fois cinquante noms, je les répéterai par cœur.       <br />
       Σωκράτης. Ἀληθῆ λέγεις, ἀλλ' ἐγὼ οὐκ ἐνενόησα ὅτι τὸ μνημονικὸν ἔχεις• ὥστ' ἐννοῶ ὅτι εἰκότως σοι χαίρουσιν [286a] οἱ Λακεδαιμόνιοι ἅτε πολλὰ εἰδότι, καὶ χρῶνται ὥσπερ ταῖς πρεσβύτισιν οἱ παῖδες πρὸς τὸ ἡδέως μυθολογῆσαι.	Socrate. Tu dis vrai : je ne faisais pas attention que tu possèdes l’art de la mnémonique. Je conçois donc que c’est avec beaucoup de raison [286a] que les Lacédémoniens se plaisent à tes discours, toi qui sais tant de choses, et qu’ils s’adressent à toi, comme les enfants aux vieilles femmes, pour leur faire des contes divertissants.        <br />
       Ἱππίας. Καὶ ναὶ μὰ Δί', ὦ Σώκρατες, περί γε ἐπιτηδευμάτων καλῶν καὶ ἔναγχος αὐτόθι ηὐδοκίμησα διεξιὼν ἃ χρὴ τὸν νέον ἐπιτηδεύειν. Ἔστι γάρ μοι περὶ αὐτῶν παγκάλως λόγος συγκείμενος, καὶ ἄλλως εὖ διακείμενος καὶ τοῖς ὀνόμασι• πρόσχημα δέ μοί ἐστι καὶ ἀρχὴ τοιάδε τις τοῦ λόγου. Ἐπειδὴ ἡ Τροία ἥλω, λέγει ὁ λόγος ὅτι Νεοπτόλεμος [286b] Νέστορα ἔροιτο ποῖά ἐστι καλὰ ἐπιτηδεύματα, ἃ ἄν τις ἐπιτηδεύσας νέος ὢν εὐδοκιμώτατος γένοιτο• μετὰ ταῦτα δὴ λέγων ἐστὶν ὁ Νέστωρ καὶ ὑποτιθέμενος αὐτῷ πάμπολλα νόμιμα καὶ πάγκαλα. Τοῦτον δὴ καὶ ἐκεῖ ἐπεδειξάμην καὶ ἐνθάδε μέλλω ἐπιδεικνύναι εἰς τρίτην ἡμέραν, ἐν τῷ Φειδοστράτου διδασκαλείῳ, καὶ ἄλλα πολλὰ καὶ ἄξια ἀκοῆς• ἐδεήθη γάρ μου Εὔδικος ὁ Ἀπημάντου. Ἀλλ' ὅπως παρέσῃ [286c] καὶ αὐτὸς καὶ ἄλλους ἄξεις, οἵτινες ἱκανοὶ ἀκούσαντες κρῖναι τὰ λεγόμενα.	Hippias. Je t’assure, Socrate, que je m’y suis fait dernièrement beaucoup d’honneur, en exposant quelles sont les belles occupations auxquelles un jeune homme doit s’appliquer. car j’ai composé là-dessus un fort beau discours, écrit avec le plus grand soin. En voici le sujet et le commencement. Je suppose qu’après la prise de Troie, Néoptolème, [286b] s’adressant à Nestor, lui demande quels sont les beaux exercices qu’un jeune homme doit cultiver pour rendre son nom célèbre. Nestor, après cela, prend la parole, et lui propose nombre de pratiques tout à fait belles. J’ai lu ce discours en public à Lacédémone, et je dois le lire ici dans trois jours à l’école de Phidostrate, avec beaucoup d’autres morceaux qui méritent d’être entendus : je m’y suis engagé à la prière d’Eudicos, fils d’Apémantos. [286c] Tu me feras plaisir de t’y rendre, et d’amener avec toi d’autres personnes en état d’en juger.       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλὰ ταῦτ' ἔσται, ἂν θεὸς θέλῃ, ὦ Ἱππία. Νυνὶ μέντοι βραχύ τί μοι περὶ αὐτοῦ ἀπόκριναι• καὶ γάρ με εἰς καλὸν ὑπέμνησας. Ἔναγχος γάρ τις, ὦ ἄριστε, εἰς ἀπορίαν με κατέβαλεν ἐν λόγοις τισὶ τὰ μὲν ψέγοντα ὡς αἰσχρά, τὰ δ' ἐπαινοῦντα ὡς καλά, οὕτω πως ἐρόμενος καὶ μάλα ὑβριστικῶς• πόθεν δέ μοι σύ, ἔφη, ὦ Σώκρατες, οἶσθα [286d] ὁποῖα καλὰ καὶ αἰσχρά ; Ἐπεὶ φέρε, ἔχοις ἂν εἰπεῖν τί ἐστι τὸ καλόν ; Καὶ ἐγὼ διὰ τὴν ἐμὴν φαυλότητα ἠπορούμην τε καὶ οὐκ εἶχον αὐτῷ κατὰ τρόπον ἀποκρίνασθαι• ἀπιὼν οὖν ἐκ τῆς συνουσίας ἐμαυτῷ τε ὠργιζόμην καὶ ὠνείδιζον, καὶ ἠπείλουν, ὁπότε πρῶτον ὑμῶν τῳ τῶν σοφῶν ἐντύχοιμι, ἀκούσας καὶ μαθὼν καὶ ἐκμελετήσας ἰέναι πάλιν ἐπὶ τὸν ἐρωτήσαντα, ἀναμαχούμενος τὸν λόγον. Νῦν οὖν, ὃ λέγω, εἰς καλὸν ἥκεις, καί με δίδαξον ἱκανῶς αὐτὸ τὸ καλὸν ὅτι [286e] ἐστί, καὶ πειρῶ μοι ὅτι μάλιστα ἀκριβῶς εἰπεῖν ἀποκρινόμενος, μὴ ἐξελεγχθεὶς τὸ δεύτερον αὖθις γέλωτα ὄφλω. Οἶσθα γὰρ δήπου σαφῶς, καὶ σμικρόν που τοῦτ' ἂν εἴη μάθημα ὧν σὺ τῶν πολλῶν ἐπίστασαι.	Socrate. Cela sera, s’il plaît à Dieu, Hippias. Pour le présent, réponds à une petite question que j’ai à te faire à ce sujet, et que tu m’as rappelée à l’esprit fort à propos. Il n’y a pas longtemps, mon cher ami, que, causant avec quelqu’un, et blâmant certaines choses comme laides, et en approuvant d’autres comme belles, il m’a jeté dans un grand embarras par ses questions impertinentes. [286d] « Socrate, m’a-t-il dit, d’où connais-tu donc les belles choses et les laides ? Voyons un peu : pourrais-tu me dire ce que c’est que le beau ? » Moi, je fus assez sot pour demeurer interdit, et je ne sus quelle bonne réponse lui faire. Au sortir de cet entretien, je me suis mis en colère contre moi-même, me reprochant mon ignorance, et me suis bien promis que par le premier d’entre vous, les sages que je rencontrerais, je me ferais instruire, et qu’après m’être bien exercé, j’irais retrouver mon homme et lui présenter de nouveau le combat. Ainsi, tu viens, comme je disais, fort à propos. Enseigne-moi à fond, je te prie, ce que c’est [286e] que le beau, et tâche de me répondre avec la plus grande précision, de peur que cet homme ne me confonde de nouveau, et que je ne me rende ridicule pour la seconde fois. Car sans doute tu sais tout cela parfaitement. et, parmi tant de connaissances que tu possèdes, celle-ci est apparemment une des moindres ?       <br />
       Ἱππίας. Σμικρὸν μέντοι νὴ Δί', ὦ Σώκρατες, καὶ οὐδενὸς ἄξιον, ὡς ἔπος εἰπεῖν.	Hippias. Oui, Socrate, une des moindres. ce n’est rien en vérité.       <br />
       Σωκράτης. Ῥᾳδίως ἄρα μαθήσομαι καὶ οὐδείς με ἐξελέγξει ἔτι.	Socrate. Tant mieux, je l’apprendrai facilement, et personne désormais ne se moquera de moi.       <br />
       Ἱππίας. Οὐδεὶς μέντοι• φαῦλον γὰρ ἂν εἴη τὸ ἐμὸν πρᾶγμα [287a] καὶ ἰδιωτικόν.	Hippias. Personne, j’en réponds. Ma profession, sans cela, n’aurait rien que de commun et de méprisable. [287a]       <br />
       Σωκράτης. Εὖ γε νὴ τὴν Ἥραν λέγεις, ὦ Ἱππία, εἰ χειρωσόμεθα τὸν ἄνδρα. Ἀτὰρ μή τι κωλύω μιμούμενος ἐγὼ ἐκεῖνον, ἐὰν σοῦ ἀποκρινομένου ἀντιλαμβάνωμαι τῶν λόγων, ἵνα ὅτι μάλιστά με ἐκμελετήσῃς ; Σχεδὸν γάρ τι ἔμπειρός εἰμι τῶν ἀντιλήψεων. Εἰ οὖν μή τί σοι διαφέρει, βούλομαι ἀντιλαμβάνεσθαι, ἵν' ἐρρωμενέστερον μάθω.       <br />
       	Socrate. Par Héra, tu m’annonces une bonne nouvelle, Hippias, s’il est vrai que nous puissions venir à bout de cet homme. Mais ne te gênerai-je pas si, faisant ici son personnage, j’attaque tes discours à mesure que tu répondras, afin de m’exercer davantage ? Car je m’entends assez à faire des objections. et, si cela t’est indifférent, je veux te proposer mes difficultés, pour être plus ferme dans ce que tu m’apprendras.       <br />
       Ἱππίας. Ἀλλ' ἀντιλαμβάνου. Καὶ γάρ, ὃ νυνδὴ εἶπον, οὐ [287b] μέγα ἐστὶ τὸ ἐρώτημα, ἀλλὰ καὶ πολὺ τούτου χαλεπώτερα ἂν ἀποκρίνασθαι ἐγώ σε διδάξαιμι, ὥστε μηδένα ἀνθρώπων δύνασθαί σε ἐξελέγχειν.	Hippias. Argumente, j’y consens : aussi bien, comme je t’ai dit, cette question n’est pas d’importance et je te mettrais en état d’en résoudre de bien plus difficiles, de façon qu’aucun homme ne pourrait te réfuter. [287b]       <br />
       Σωκράτης. Φεῦ ὡς εὖ λέγεις• ἀλλ' ἄγ', ἐπειδὴ καὶ σὺ κελεύεις, φέρε ὅτι μάλιστα ἐκεῖνος γενόμενος πειρῶμαί σε ἐρωτᾶν. Εἰ γὰρ δὴ αὐτῷ τὸν λόγον τοῦτον ἐπιδείξαις ὃν φῄς, τὸν περὶ τῶν καλῶν ἐπιτηδευμάτων, ἀκούσας, ἐπειδὴ παύσαιο λέγων, ἔροιτ' ἂν οὐ περὶ ἄλλου πρότερον ἢ περὶ τοῦ καλοῦ - ἔθος [287c] γάρ τι τοῦτ' ἔχει - καὶ εἴποι ἄν• « ὦ ξένε Ἠλεῖε, ἆρ' οὐ δικαιοσύνῃ δίκαιοί εἰσιν οἱ δίκαιοι ; » Ἀπόκριναι δή, ὦ Ἱππία, ὡς ἐκείνου ἐρωτῶντος.	Socrate. Tu me charmes, en vérité. Allons, puisque tu le veux bien, je vais me mettre à sa place, et tacher de t’interroger. Car si tu récitais en sa présence ce discours que tu as, dis-tu, composé sur les belles occupations, après l’avoir entendu, et au moment que tu cesserais de parler, il ne manquerait pas de t’interroger avant toutes choses sur le beau (car telle est sa manie), et il te dirait : [287c] « Étranger d’Élis, n’est-ce point par la justice que les justes sont justes ? » Réponds, Hippias, comme si c’était lui qui te fit cette demande.       <br />
       Ἱππίας. Ἀποκρινοῦμαι ὅτι δικαιοσύνῃ.	Hippias. Je réponds que c’est par la justice.       <br />
       Σωκράτης. « Οὐκοῦν ἔστι τι τοῦτο, ἡ δικαιοσύνη ; »	Socrate. La justice n’est-elle pas quelque chose de réel ?       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ γε.	Hippias. Sans doute.       <br />
       Σωκράτης. « Οὐκοῦν καὶ σοφίᾳ οἱ σοφοί εἰσι σοφοὶ καὶ τῷ ἀγαθῷ πάντα τἀγαθὰ ἀγαθά ; »	Socrate. N’est-ce point aussi par la sagesse que les sages sont sages, et par le bien que tout ce qui est bien est bien ?       <br />
       Ἱππίας. Πῶς δ' οὔ ;	Hippias. Assurément.       <br />
       ²Σωκράτης. « Οὖσί γέ τισι τούτοις• οὐ γὰρ δήπου μὴ οὖσί γε. » 	Socrate. Cette sagesse et ce bien sont des réalités, car il n’y aurait, sinon, rien de tout cela ?       <br />
       Ἱππίας. Οὖσι μέντοι.	Hippias. Ce sont des réalités.       <br />
       Σωκράτης. « Ἆρ' οὖν οὐ καὶ τὰ καλὰ πάντα τῷ καλῷ [287d] ἐστι καλά ; »	Socrate. Toutes les belles choses pareillement ne sont-elles point belles par le beau ? [287d]       <br />
              <br />
       Ἱππίας. Ναί, τῷ καλῷ.	Hippias. Oui. Par le beau.       <br />
       ²Σωκράτης. « Ὄντι γέ τινι τούτῳ ; »	Socrate. Ce beau est aussi quelque chose de réel, sans doute ?       <br />
       Ἱππίας. Ὄντι• ἀλλὰ τί γὰρ μέλλει ;	Hippias. Certainement. Comment pourrait-il en être autrement ?       <br />
       Σωκράτης. « Εἰπὲ δή, ὦ ξένε, φήσει, τί ἐστι τοῦτο τὸ καλόν ; »	Socrate. Étranger, poursuivra-t-il, dis-moi donc ce que c’est que le beau.       <br />
       Ἱππίας. Ἄλλο τι οὖν, ὦ Σώκρατες, ὁ τοῦτο ἐρωτῶν δεῖται πυθέσθαι τί ἐστι καλόν ;	Hippias. Celui qui fait cette question, Socrate, veut qu’on lui apprenne ce qui est beau ?       <br />
       Σωκράτης. Οὔ μοι δοκεῖ, ἀλλ' ὅτι ἐστὶ τὸ καλόν, ὦ Ἱππία.	Socrate. Ce n’est pas là ce qu’il demande, ce me semble, Hippias, mais ce que c’est que le beau.       <br />
       Ἱππίας. Καὶ τί διαφέρει τοῦτ' ἐκείνου ;	Hippias. Et quelle différence y a-t-il entre ces deux questions ?       <br />
       Σωκράτης. Οὐδέν σοι δοκεῖ ;	Socrate. Tu n’en vois pas ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐδὲν γὰρ διαφέρει.	Hippias. Non, je n’en vois aucune.       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλὰ μέντοι δῆλον ὅτι σὺ κάλλιον οἶσθα. Ὅμως δέ, ὠγαθέ, ἄθρει• ἐρωτᾷ γάρ σε οὐ τί ἐστι καλόν, ἀλλ' ὅτι [287e] ἐστὶ τὸ καλόν.	Socrate. Il est évident que tu en sais davantage que moi. Cependant fais attention, mon cher. Il te demande, non pas ce qui est beau mais ce que c’est que le beau. [287e]       <br />
       Ἱππίας. Μανθάνω, ὠγαθέ, καὶ ἀποκρινοῦμαί γε αὐτῷ ὅτι ἐστι τὸ καλόν, καὶ οὐ μή ποτε ἐλεγχθῶ. Ἔστι γάρ, ὦ Σώκρατες, εὖ ἴσθι, εἰ δεῖ τὸ ἀληθὲς λέγειν, παρθένος καλὴ καλόν.	Hippias. Je comprends, mon cher ami : je vais lui dire ce que c’est que le beau, et il n’aura rien à répliquer. Tu sauras donc, puisqu’il faut te dire la vérité, que le beau, c’est une belle jeune fille.       <br />
       Σωκράτης. Καλῶς γε, ὦ Ἱππία, νὴ τὸν κύνα καὶ εὐδόξως ἀπεκρίνω. Ἄλλο τι οὖν, ἂν ἐγὼ τοῦτο ἀποκρίνωμαι, τὸ [288a] ἐρωτώμενόν τε ἀποκεκριμένος ἔσομαι καὶ ὀρθῶς, καὶ οὐ μή ποτε ἐλεγχθῶ ;	Socrate. Par le chien, Hippias, voilà une belle et brillante réponse. Si je réponds ainsi, aurai-je répondu, et répondu juste à la question, et n’aura-t-on rien à répliquer ? [288a]       <br />
              <br />
       Ἱππίας. Πῶς γὰρ ἄν, ὦ Σώκρατες, ἐλεγχθείης, ὅ γε πᾶσιν δοκεῖ καὶ πάντες σοι μαρτυρήσουσιν οἱ ἀκούοντες ὅτι ὀρθῶς λέγεις ;	Hippias. Comment le ferait-on, Socrate, puisque tout le monde pense de même, et que ceux qui entendront ta réponse te rendront tous témoignage qu’elle est bonne ?       <br />
       Σωκράτης. Εἶεν• πάνυ μὲν οὖν. Φέρε δή, ὦ Ἱππία, πρὸς ἐμαυτὸν ἀναλάβω ὃ λέγεις. Ὁ μὲν ἐρήσεταί με οὑτωσί πως• « ἴθι μοι, ὦ Σώκρατες, ἀπόκριναι• ταῦτα πάντα ἃ φῂς καλὰ εἶναι, εἰ τί ἐστιν αὐτὸ τὸ καλόν, ταῦτ' ἂν εἴη καλά ; » Ἐγὼ δὲ δὴ ἐρῶ ὅτι εἰ παρθένος καλὴ καλόν, ἔστι δι' ὃ ταῦτ' ἂν εἴη καλά ;	Socrate. Admettons... Mais permets, Hippias, que je reprenne ce que tu viens de dire. Cet homme m’interrogera à peu près de cette manière : « Socrate, réponds-moi : toutes les choses que tu appelles belles ne sont-elles pas belles, parce qu’il y a quelque chose de beau par soi-même ? » Et moi, je lui répondrai que, si une jeune fille est belle, c’est qu’il existe quelque chose qui donne leur beauté aux belles choses.       <br />
       [288b] Ἱππίας. Οἴει οὖν ἔτι αὐτὸν ἐπιχειρήσειν σε ἐλέγχειν ὡς οὐ καλόν ἐστιν ὃ λέγεις, ἢ ἐὰν ἐπιχειρήσῃ, οὐ καταγέλαστον ἔσεσθαι ;	Hippias. Crois-tu qu’il entreprenne après cela de te prouver que ce que tu donnes pour beau ne l’est point. ou s’il l’entreprend, qu’il ne se couvrira pas de ridicule ? [288b]       <br />
       Σωκράτης. Ὅτι μὲν ἐπιχειρήσει, ὦ θαυμάσιε, εὖ οἶδα• εἰ δὲ ἐπιχειρήσας ἔσται καταγέλαστος, αὐτὸ δείξει. Ἃ μέντοι ἐρεῖ, ἐθέλω σοι λέγειν.	Socrate. Je suis bien sur, mon cher, qu’il l’entreprendra. mais s’il se rend ridicule par là, c’est ce que la chose elle-même fera voir. Je veux néanmoins te faire part de ce qu’il me dira.       <br />
       Ἱππίας. Λέγε δή.	Hippias. Voyons.       <br />
       Σωκράτης. « Ὡς γλυκὺς εἶ, » φήσει, « ὦ Σώκρατες. Θήλεια δὲ ἵππος καλὴ οὐ καλόν, ἣν καὶ ὁ θεὸς ἐν τῷ χρησμῷ ἐπῄνεσεν ; » [288c] τί φήσομεν, ὦ Ἱππία ; Ἄλλο τι ἢ φῶμεν καὶ τὴν ἵππον καλὸν εἶναι, τήν γε καλήν ; Πῶς γὰρ ἂν τολμῷμεν ἔξαρνοι εἶναι τὸ καλὸν μὴ καλὸν εἶναι ;	Socrate. « Que tu es plaisant, Socrate ! me dira-t-il. Une belle cavale n’est-elle pas quelque chose de beau, puisque Apollon lui-même l’a vantée dans un de ses oracles ? » Que répondrons-nous, Hippias ? N’accorderons-nous pas qu’une cavale est quelque chose de beau, je veux dire une cavale qui soit belle ? Car, comment oser soutenir que ce qui est beau n’est pas beau ? [288c]       <br />
       Ἱππίας. Ἀληθῆ λέγεις, ὦ Σώκρατες• ἐπεί τοι καὶ ὀρθῶς αὐτὸ ὁ θεὸς εἶπεν• πάγκαλαι γὰρ παρ' ἡμῖν ἵπποι γίγνονται.	Hippias. Tu dis vrai, Socrate, et le dieu a très bien parlé. En effet, nous avons chez nous des cavales parfaitement belles.       <br />
       Σωκράτης. « Εἶεν, » φήσει δή• « τί δὲ λύρα καλή ; Οὐ καλόν ; » Φῶμεν, ὦ Ἱππία ;	Socrate. « Fort bien, dira-t-il. Mais quoi ! une belle lyre n’est-elle pas quelque chose de beau ? » En conviendrons-nous, Hippias ?       <br />
       Ἱππίας. Ναί.	Hippias. Oui.       <br />
       Σωκράτης. Ἐρεῖ τοίνυν μετὰ τοῦτ' ἐκεῖνος, σχεδόν τι εὖ οἶδα ἐκ τοῦ τρόπου τεκμαιρόμενος• « ὦ βέλτιστε σύ, τί δὲ χύτρα καλή ; Οὐ καλὸν ἄρα ; »	Socrate. Cet homme me dira après cela, j’en suis à peu près sûr, je connais son humeur : « Quoi donc, mon cher ami, une belle marmite n’est-elle pas quelque chose de beau ? »       <br />
       [288d] Ἱππίας. Ὦ Σώκρατες, τίς δ' ἐστὶν ὁ ἄνθρωπος ; Ὡς ἀπαίδευτός τις ὃς οὕτω φαῦλα ὀνόματα ὀνομάζειν τολμᾷ ἐν σεμνῷ πράγματι.	Hippias. Quel homme est-ce donc là, Socrate ? Qu’il est malappris d’oser employer des termes si bas dans un sujet si noble ! [288d]       <br />
       Σωκράτης. Τοιοῦτός τις, ὦ Ἱππία, οὐ κομψὸς ἀλλὰ συρφετός, οὐδὲν ἄλλο φροντίζων ἢ τὸ ἀληθές. Ἀλλ' ὅμως ἀποκριτέον τῷ ἀνδρί, καὶ ἔγωγε προαποφαίνομαι• εἴπερ ἡ χύτρα κεκεραμευμένη εἴη ὑπὸ ἀγαθοῦ κεραμέως λεία καὶ στρογγύλη καὶ καλῶς ὠπτημένη, οἷαι τῶν καλῶν χυτρῶν εἰσί τινες δίωτοι, τῶν ἓξ χοᾶς χωρουσῶν, πάγκαλαι, εἰ τοιαύτην ἐρωτῴη [288e] χύτραν, καλὴν ὁμολογητέον εἶναι. Πῶς γὰρ ἂν φαῖμεν καλὸν ὂν μὴ καλὸν εἶναι ;	Socrate. Il est ainsi fait, Hippias. Il ne faut point chercher en lui de politesse. c’est un homme grossier, qui ne se soucie que de la vérité. Il faut pourtant lui répondre, et je vais dire le premier mon avis. Si une marmite est faite par un habile potier. si elle est unie, ronde et bien cuite, comme sont quelques-unes de ces belles marmites à deux anses, qui tiennent six mesures, et sont faites au tour. si c’est d’une pareille marmite qu’il veut parler, il faut avouer qu’elle est belle. Car comment refuser la beauté à ce qui est beau. [288e]       <br />
       Ἱππίας. Οὐδαμῶς, ὦ Σώκρατες.	Hippias. Cela ne se peut, Socrate.       <br />
       Σωκράτης. « Οὐκοῦν καὶ χύτρα, » φήσει, « καλὴ καλόν ; Ἀποκρίνου. »	Socrate. « Une belle marmite est donc aussi quelque chose de beau ? » dira-t-il. Réponds.       <br />
       Ἱππίας. Ἀλλ' οὕτως, ὦ Σώκρατες, ἔχει, οἶμαι• καλὸν μὲν καὶ τοῦτο τὸ σκεῦός ἐστι καλῶς εἰργασμένον, ἀλλὰ τὸ ὅλον τοῦτο οὐκ ἔστιν ἄξιον κρίνειν ὡς ὂν καλὸν πρὸς ἵππον τε καὶ παρθένον καὶ τἆλλα πάντα τὰ καλά. [289a] 	Hippias. Mais, oui, Socrate, je le crois. Cet objet, à la vérité, est beau quand il est bien travaillé. mais tout ce qui est de ce genre ne mérite pas d’être appelé beau, si tu le compares avec une belle cavale, une belle fille, et toutes les autres belles choses. [289a]       <br />
       Σωκράτης. Εἶεν• μανθάνω, ὦ Ἱππία, ὡς ἄρα χρὴ ἀντιλέγειν πρὸς τὸν ταῦτα ἐρωτῶντα τάδε• ὦ ἄνθρωπε, ἀγνοεῖς ὅτι τὸ τοῦ Ἡρακλείτου εὖ ἔχει, ὡς ἄρα πιθήκων ὁ κάλλιστος αἰσχρὸς ἀνθρώπων γένει συμβάλλειν, καὶ χυτρῶν ἡ καλλίστη αἰσχρὰ παρθένων γένει συμβάλλειν, ὥς φησιν Ἱππίας ὁ σοφός. Οὐχ οὕτως, ὦ Ἱππία ;	Socrate. A la bonne heure. Je comprends maintenant comment il nous faut répondre à celui qui nous fait ces questions. « Mon ami, lui dirons-nous, ignores-tu combien est vrai le mot d’Héraclite, que le plus beau des singes est laid si on le compare à l’espèce humaine ? De même la plus belle des marmites, comparée avec l’espèce des jeunes filles, est laide, comme dit le sage Hippias. » N’est-ce pas là ce que nous lui répondrons, Hippias ?       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ μὲν οὖν, ὦ Σώκρατες, ὀρθῶς ἀπεκρίνω.	Hippias. Oui, Socrate, c’est très bien répondu.       <br />
       Σωκράτης. Ἄκουε δή. Μετὰ τοῦτο γὰρ εὖ οἶδ' ὅτι φήσει• « τί δέ, ὦ Σώκρατες ; Τὸ τῶν παρθένων γένος θεῶν γένει ἄν τις [289b] συμβάλλῃ, οὐ ταὐτὸν πείσεται ὅπερ τὸ τῶν χυτρῶν τῷ τῶν παρθένων συμβαλλόμενον ; Οὐχ ἡ καλλίστη παρθένος αἰσχρὰ φανεῖται ; Ἢ οὐ καὶ Ἡράκλειτος αὐτὸ τοῦτο λέγει, ὃν σὺ ἐπάγῃ, ὅτι « ἀνθρώπων ὁ σοφώτατος πρὸς θεὸν πίθηκος φανεῖται καὶ σοφίᾳ καὶ κάλλει καὶ τοῖς ἄλλοις πᾶσιν ; » Ὁμολογήσωμεν, Ἱππία, τὴν καλλίστην παρθένον πρὸς θεῶν γένος αἰσχρὰν εἶναι ;	Socrate. Un peu de patience, je te prie. voici à coup sûr ce qu’il ajoutera : « Quoi, Socrate ! n’arrivera-t-il pas aux jeunes filles, si on les compare avec des déesses, la même chose qu’aux marmites si on les compare avec des jeunes [289b] filles ? La plus belle jeune fille ne paraîtra-t-elle pas laide en comparaison ? Et n’est-ce pas aussi ce que dit Héraclite, que tu cites : l’homme le plus sage ne paraîtra qu’un singe vis-à-vis de Dieu, pour la sagesse, la beauté et tout le reste ? » Accorderons-nous, Hippias, que la plus belle jeune fille est laide, comparée aux déesses ?       <br />
       Ἱππίας. Τίς γὰρ ἂν ἀντείποι τούτῳ γε, ὦ Σώκρατες ;	Hippias. Qui pourrait aller là contre, Socrate ?       <br />
       [289c] Σωκράτης. Ἂν τοίνυν ταῦτα ὁμολογήσωμεν, γελάσεταί τε καὶ ἐρεῖ• « ὦ Σώκρατες, μέμνησαι οὖν ὅτι ἠρωτήθης ; » Ἔγωγε, φήσω, ὅτι αὐτὸ τὸ καλὸν ὅτι ποτέ ἐστιν. « Ἔπειτα, » φήσει, «ἐρωτηθεὶς τὸ καλὸν ἀποκρίνῃ ὃ τυγχάνει ὄν, ὡς αὐτὸς φῄς, οὐδὲν μᾶλλον καλὸν ἢ αἰσχρόν ;» Ἔοικε, φήσω• ἢ τί μοι συμβουλεύεις, ὦ φίλε, φάναι ;	[289c] Socrate. Si nous lui faisons cet aveu, il se mettra à rire, et me dira : « Socrate, te rappelles-tu la question que je t’ai faite ? » Oui, répondrai-je. tu m’as demandé ce que c’est que le beau. « Et puis, reprendra-t-il, étant interrogé sur le beau, tu me donnes pour belle une chose qui, de ton propre aveu, n’est pas plus belle que laide ? » Je serai forcé d’en convenir. Ou que me conseilles-tu, mon cher ami, de lui répondre ?       <br />
       Ἱππίας. Τοῦτο ἔγωγε• καὶ γὰρ δὴ πρός γε θεοὺς ὅτι οὐ καλὸν τὸ ἀνθρώπειον γένος, ἀληθῆ ἐρεῖ.	Hippias. Réponds comme tu l’as fait. Il a raison de dire que l’espèce humaine n’est pas belle en comparaison des dieux.       <br />
       Σωκράτης. « Εἰ δέ σε ἠρόμην », φήσει, « ἐξ ἀρχῆς τί ἐστι [289d] καλόν τε καὶ αἰσχρόν, εἴ μοι ἅπερ νῦν ἀπεκρίνω, ἆρ' οὐκ ἂν ὀρθῶς ἀπεκέκρισο ; Ἔτι δὲ καὶ δοκεῖ σοι αὐτὸ τὸ καλόν, ᾧ καὶ τἆλλα πάντα κοσμεῖται καὶ καλὰ φαίνεται, ἐπειδὰν προσγένηται ἐκεῖνο τὸ εἶδος, τοῦτ' εἶναι παρθένος ἢ ἵππος ἢ λύρα ;	Socrate. « Mais, poursuivra-t-il, si je t’avais demandé, [289d] au commencement, qu’est-ce qui est en même temps beau et laid, la réponse que tu viens de me faire eût été juste. Cependant, te semble-t-il encore que le beau par soi-même, qui orne et rend belles toutes les autres choses du moment qu’il vient s’y ajouter, soit une jeune fille, une cavale ou une lyre ? »       <br />
       Ἱππίας. Ἀλλὰ μέντοι, ὦ Σώκρατες, εἰ τοῦτό γε ζητεῖ, πάντων ῥᾷστον ἀποκρίνασθαι αὐτῷ τί ἐστι τὸ καλὸν ᾧ καὶ τὰ ἄλλα πάντα κοσμεῖται καὶ προσγενομένου αὐτοῦ καλὰ φαίνεται. [289e]Εὐηθέστατος οὖν ἐστιν ὁ ἄνθρωπος καὶ οὐδὲν ἐπαίει περὶ καλῶν κτημάτων. Ἐὰν γὰρ αὐτῷ ἀποκρίνῃ ὅτι τοῦτ' ἐστὶν ὃ ἐρωτᾷ τὸ καλὸν οὐδὲν ἄλλο ἢ χρυσός, ἀπορήσει καὶ οὐκ ἐπιχειρήσει σε ἐλέγχειν. Ἴσμεν γάρ που πάντες ὅτι ὅπου ἂν τοῦτο προσγένηται, κἂν πρότερον αἰσχρὸν φαίνηται, καλὸν φανεῖται χρυσῷ γε κοσμηθέν.	Hippias. Si c’est là, Socrate, ce qu’il veut savoir, rien n’est plus aisé que de lui dire ce que c’est que ce beau qui sert d’ornement à tout le reste, et dont la présence embellit toutes choses. Cet homme, à ce que je vois, est un imbécile, qui ne s’y connaît pas du tout en belles choses. [289e] Tu n’as qu’à lui répondre : ce beau que tu me demandes n’est autre que l’or. il sera bien embarrassé, et ne trouvera rien à te répliquer. car nous savons tous qu’un objet, même laid par nature, auquel l’or vient s’ajouter, en est embelli et paré.       <br />
       Σωκράτης. Ἄπειρος εἶ τοῦ ἀνδρός, ὦ Ἱππία, ὡς σχέτλιός ἐστι καὶ οὐδὲν ῥᾳδίως ἀποδεχόμενος.       <br />
       	Socrate. Tu ne connais pas l’homme, Hippias. tu ignores jusqu’à quel point il est difficile, et combien il a de peine à se rendre à ce qu’on lui dit.       <br />
       Ἱππίας. Τί οὖν τοῦτο, ὦ Σώκρατες ; Τὸ γὰρ ὀρθῶς λεγόμενον [290a] ἀνάγκη αὐτῷ ἀποδέχεσθαι, ἢ μὴ ἀποδεχομένῳ καταγελάστῳ εἶναι.	Hippias. Qu’est-ce que cela fait, Socrate ? Il faut, bon gré mal gré, qu’il se rende à une raison quand elle est bonne, ou, sinon, qu’il se couvre de ridicule. [290a]       <br />
       Σωκράτης. Καὶ μὲν δὴ ταύτην γε τὴν ἀπόκρισιν, ὦ ἄριστε, οὐ μόνον οὐκ ἀποδέξεται, ἀλλὰ πάνυ με καὶ τωθάσεται, καὶ ἐρεῖ• « ὦ τετυφωμένε σύ, Φειδίαν οἴει κακὸν εἶναι δημιουργόν ; » Καὶ ἐγὼ οἶμαι ἐρῶ ὅτι οὐδ' ὁπωστιοῦν.	Socrate. Hé bien, mon cher, bien loin de se rendre à cette réponse, il s’en moquera et me dira : « Insensé que tu es, penses-tu que Phidias fût un mauvais artiste ? » Bien au contraire, lui répondrai-je, ce me semble.       <br />
       Ἱππίας. Καὶ ὀρθῶς γ' ἐρεῖς, ὦ Σώκρατες.	Hippias. Et tu auras raison.       <br />
       Σωκράτης. Ὀρθῶς μέντοι. Τοιγάρτοι ἐκεῖνος, ἐπειδὰν ἐγὼ ὁμολογῶ ἀγαθὸν εἶναι δημιουργὸν τὸν Φειδίαν, « εἶτα, » [290b] φήσει, « οἴει τοῦτο τὸ καλὸν ὃ σὺ λέγεις ἠγνόει Φειδίας ; » Καὶ ἐγώ• τί μάλιστα ; Φήσω. « Ὅτι, » ἐρεῖ, « τῆς Ἀθηνᾶς τοὺς ὀφθαλμοὺς οὐ χρυσοῦς ἐποίησεν, οὐδὲ τὸ ἄλλο πρόσωπον οὐδὲ τοὺς πόδας οὐδὲ τὰς χεῖρας, εἴπερ χρυσοῦν γε δὴ ὂν κάλλιστον ἔμελλε φαίνεσθαι, ἀλλ' ἐλεφάντινον• δῆλον ὅτι τοῦτο ὑπὸ ἀμαθίας ἐξήμαρτεν, ἀγνοῶν ὅτι χρυσὸς ἄρ' ἐστὶν ὁ πάντα καλὰ ποιῶν, ὅπου ἂν προσγένηται. » Ταῦτα οὖν λέγοντι τί ἀποκρινώμεθα, ὦ Ἱππία ;	Socrate. Je le crois. Mais, lorsque j’aurai reconnu que Phidias est un habile sculpteur, mon homme répondra : [290b] « Quoi donc ! Phidias, à ton avis n’avait nulle idée de ce beau dont tu parles ? » Pourquoi ? lui dirai-je. « C’est, continuera-t-il, parce qu’il n’a point fait d’or les yeux de son Athéna, ni son visage, ni ses pieds, ni ses mains, bien que tout cela en or dut paraître très beau, mais d’ivoire. Il est évident qu’il n’a fait cette faute que par ignorance, ne sachant pas que c’est l’or qui embellit toutes les choses auxquelles on l’ajoute. » Lorsqu’il nous parlera de la sorte, que lui répondrons-nous, Hippias ?       <br />
       [290c] Ἱππίας. Οὐδὲν χαλεπόν• ἐροῦμεν γὰρ ὅτι ὀρθῶς ἐποίησε. Καὶ γὰρ τὸ ἐλεφάντινον οἶμαι καλόν ἐστιν.	Hippias. Cela n’est pas difficile. Nous lui dirons que [290c] Phidias a bien fait, car l’ivoire est beau aussi, je pense.       <br />
       Σωκράτης. « Τοῦ οὖν ἕνεκα, » φήσει, « οὐ καὶ τὰ μέσα τῶν ὀφθαλμῶν ἐλεφάντινα ἠργάσατο, ἀλλὰ λίθινα, ὡς οἷόν τ' ἦν ὁμοιότητα τοῦ λίθου τῷ ἐλέφαντι ἐξευρών ; Ἢ καὶ ὁ λίθος ὁ καλὸς καλόν ἐστι ; » Φήσομεν, ὦ Ἱππία ;	Socrate. « Pourquoi donc, répliquera-t-il, Phidias n’a-t-il pas fait de même les pupilles en ivoire, mais dans une pierre précieuse, après avoir cherché celle qui va le mieux avec l’ivoire ? Est-ce qu’un beau marbre est aussi une belle chose ? » Le dirons-nous, Hippias ?       <br />
       Ἱππίας. Φήσομεν μέντοι, ὅταν γε πρέπων ᾖ.	Hippias. Oui, lorsqu’il convient.       <br />
       Σωκράτης. « Ὅταν δὲ μὴ πρέπων, αἰσχρόν ; » Ὁμολογῶ ἢ μή ;	Socrate. Et lorsqu’il ne convient pas, accorderai-je ou non qu’il est laid ?       <br />
       Ἱππίας. Ὁμολόγει, ὅταν γε μὴ πρέπῃ.	Hippias. Accorde-le, lorsqu’il ne convient pas.       <br />
       [290d] Σωκράτης. «Τί δὲ δή ; Ὁ ἐλέφας καὶ ὁ χρυσός, » φήσει, « ὦ σοφὲ σύ, οὐχ ὅταν μὲν πρέπῃ, καλὰ ποιεῖ φαίνεσθαι, ὅταν δὲ μή, αἰσχρά ; » Ἔξαρνοι ἐσόμεθα ἢ ὁμολογήσομεν αὐτῷ ὀρθῶς λέγειν αὐτόν ;	Socrate. « Mais quoi ! me dira-t-il, ô habile homme que tu es ! L’ivoire et l’or n’enlaidissent-ils point celles auxquelles ils ne conviennent pas ? » Nierons-nous qu’il ait raison, ou l’avouerons-nous ? [290d]       <br />
       Ἱππίας. Ὁμολογήσομεν τοῦτό γε, ὅτι ὃ ἂν πρέπῃ ἑκάστῳ, τοῦτο καλὸν ποιεῖ ἕκαστον.	Hippias. Nous avouerons que ce qui convient à chaque chose la fait belle.       <br />
       Σωκράτης. « Πότερον οὖν πρέπει, » φήσει, « ὅταν τις τὴν χύτραν ἣν ἄρτι ἐλέγομεν, τὴν καλήν, ἕψῃ ἔτνους καλοῦ μεστήν, χρυσῆ τορύνη αὐτῇ ἢ συκίνη ; »	Socrate. « Quand on fait bouillir, dira-t-il, cette belle marmite, dont nous parlions tout à l’heure, pleine d’une belle purée de légumes, quelle cuillère convient à cette marmite ? une d’or, ou de bois de figuier ? »       <br />
       Ἱππίας. Ἡράκλεις, οἷον λέγεις ἄνθρωπον, ὦ Σώκρατες. Οὐ [290e] βούλει μοι εἰπεῖν τίς ἐστιν ;	Hippias. Par Héraclès ! quelle espèce d’homme est-ce donc là, Socrate ? Ne veux-tu pas me dire qui c’est ? [290e]       <br />
              <br />
       Σωκράτης. Οὐ γὰρ ἂν γνοίης, εἴ σοι εἴποιμι τοὔνομα.	Socrate. Quand je te dirais son nom, tu ne le connaîtrais pas.       <br />
       Ἱππίας. Ἀλλὰ καὶ νῦν ἔγωγε γιγνώσκω, ὅτι ἀμαθής τίς ἐστιν.	Hippias. Je sais du moins dès à présent que c’est un homme sans éducation.       <br />
       Σωκράτης. Μέρμερος πάνυ ἐστίν, ὦ Ἱππία• ἀλλ' ὅμως τί φήσομεν ; Ποτέραν πρέπειν τοῖν τορύναιν τῷ ἔτνει καὶ τῇ χύτρᾳ ; Ἢ δῆλον ὅτι τὴν συκίνην ; Εὐωδέστερον γάρ που τὸ ἔτνος ποιεῖ, καὶ ἅμα, ὦ ἑταῖρε, οὐκ ἂν συντρίψασα ἡμῖν τὴν χύτραν ἐκχέαι τὸ ἔτνος καὶ τὸ πῦρ ἀποσβέσειεν καὶ τοὺς μέλλοντας ἑστιᾶσθαι ἄνευ ὄψου ἂν πάνυ γενναίου ποιήσειεν• ἡ δὲ χρυσῆ ἐκείνη πάντα ἂν ταῦτα ποιήσειεν, ὥστ' ἔμοιγε [291a] δοκεῖν τὴν συκίνην ἡμᾶς μᾶλλον φάναι πρέπειν ἢ τὴν χρυσῆν, εἰ μή τι σὺ ἄλλο λέγεις.	Socrate. C’est un questionneur insupportable, Hippias. Que lui répondrons-nous, cependant, et laquelle de ces deux cuillères dirons-nous qui convient mieux à la purée et à la marmite ? N’est-il pas évident que c’est celle de figuier ? Car elle donne une meilleure odeur à la purée. d’ailleurs, mon cher, il n’est point à craindre qu’elle casse la marmite, que la purée se répande, que le feu s’éteigne, et que les convives soient privés d’un excellent mets : accidents auxquels la cuillère d’or nous exposerait. en sorte que nous devons dire, selon moi, que la cuillère de figuier convient mieux que celle d’or, à moins que tu ne sois d’un autre avis. [291a]       <br />
       Ἱππίας. Πρέπει μὲν γάρ, ὦ Σώκρατες, μᾶλλον• οὐ μεντἂν ἔγωγε τῷ ἀνθρώπῳ τοιαῦτα ἐρωτῶντι διαλεγοίμην.	Hippias. Elle convient mieux en effet, Socrate. Je t’avouerai pourtant que je ne daignerais pas répondre à un homme qui me ferait de pareilles questions.       <br />
       Σωκράτης. Ὀρθῶς γε, ὦ φίλε• σοὶ μὲν γὰρ οὐκ ἂν πρέποι τοιούτων ὀνομάτων ἀναπίμπλασθαι, καλῶς μὲν οὑτωσὶ ἀμπεχομένῳ, καλῶς δὲ ὑποδεδεμένῳ, εὐδοκιμοῦντι δὲ ἐπὶ σοφίᾳ ἐν πᾶσι τοῖς Ἕλλησιν. Ἀλλ' ἐμοὶ οὐδὲν πρᾶγμα φύρεσθαι [291b] πρὸς τὸν ἄνθρωπον• ἐμὲ οὖν προδίδασκε καὶ ἐμὴν χάριν ἀποκρίνου. « Εἰ γὰρ δὴ πρέπει γε μᾶλλον ἡ συκίνη τῆς χρυσῆς,» φήσει ὁ ἄνθρωπος, « ἄλλο τι καὶ καλλίων ἂν εἴη, ἐπειδήπερ τὸ πρέπον, ὦ Σώκρατες, κάλλιον ὡμολόγησας εἶναι τοῦ μὴ πρέποντος ; » Ἄλλο τι ὁμολογῶμεν, ὦ Ἱππία, τὴν συκίνην καλλίω τῆς χρυσῆς εἶναι ;	Socrate. Tu aurais raison, mon cher ami. Il ne te conviendrait pas d’entendre des termes aussi bas, richement vêtu comme tu es, chaussé élégamment, et renommé chez les Grecs pour ta sagesse. mais pour moi, je ne risque rien à converser avec ce grossier personnage. Instruis-moi [291b] donc auparavant, et réponds, pour l’amour de moi. « Si la cuillère de figuier, dira-t-il, convient mieux que celle d’or, n’est-il pas vrai qu’elle est plus belle, puisque tu es convenu, Socrate, que ce qui convient est plus beau que ce qui ne convient pas ? » Avouerons-nous, Hippias, que la cuillère de figuier est plus belle que celle d’or ?       <br />
       Ἱππίας. Βούλει σοι εἴπω, ὦ Σώκρατες, ὃ εἰπὼν εἶναι τὸ καλὸν ἀπαλλάξεις σαυτὸν τῶν πολλῶν λόγων ;	Hippias. Veux-tu, Socrate, que je t’apprenne une définition du beau, avec laquelle tu couperas court à toutes les questions de cet homme ? [291c]       <br />
       [291c] Σωκράτης. Πάνυ μὲν οὖν• μὴ μέντοι πρότερόν γε πρὶν ἄν μοι εἴπῃς ποτέραν ἀποκρίνωμαι οἷν ἄρτι ἔλεγον τοῖν τορύναιν πρέπουσάν τε καὶ καλλίω εἶναι.	Socrate. De tout mon cœur. mais dis-moi auparavant des deux cuillères dont je parlais à l’instant quelle est celle que je lui donnerai pour la plus convenable et la plus belle ?       <br />
       ²Ἱππίας. Ἀλλ', εἰ βούλει, αὐτῷ ἀπόκριναι ὅτι ἡ ἐκ τῆς συκῆς εἰργασμένη.	Hippias. Hé bien, réponds-lui, si tu le veux, que c’est celle de figuier.       <br />
       Σωκράτης. Λέγε δὴ νυνὶ ὃ ἄρτι ἔμελλες λέγειν. Ταύτῃ μὲν γὰρ τῇ ἀποκρίσει, ᾗ ἂν φῶ τὸ καλὸν χρυσὸν εἶναι, οὐδὲν ὡς ἔοικέ μοι ἀναφανήσεται κάλλιον ὂν χρυσὸς ἢ ξύλον σύκινον• τὸ δὲ νῦν τί αὖ λέγεις τὸ καλὸν εἶναι ;       <br />
       	Socrate. Dis maintenant ce que tu voulais dire tout à l’heure. Car pour ta précédente définition, que le beau est la même chose que l’or, il est aisé de la réfuter et de prouver que l’or n’est pas plus beau qu’un morceau de bois de figuier. Voyons donc ta nouvelle définition du beau.        <br />
       [291d] Ἱππίας. Ἐγώ σοι ἐρῶ. Ζητεῖν γάρ μοι δοκεῖς τοιοῦτόν τι τὸ καλὸν ἀποκρίνασθαι, ὃ μηδέποτε αἰσχρὸν μηδαμοῦ μηδενὶ φανεῖται.	[291d] Hippias. Tu vas l’entendre. Il me parait que tu cherches une beauté telle que jamais et en aucun lieu elle ne paraisse laide à personne.       <br />
       Σωκράτης. Πάνυ μὲν οὖν, ὦ Ἱππία• καὶ καλῶς γε νῦν ὑπολαμβάνεις.	Socrate. C’est cela même, Hippias : tu conçois fort bien ma pensée.       <br />
       Ἱππίας. Ἄκουε δή• πρὸς γὰρ τοῦτο ἴσθι, ἐάν τις ἔχῃ ὅτι ἀντείπῃ, φάναι ἐμὲ μηδ' ὁτιοῦν ἐπαίειν.	Hippias. Écoute donc. car si on a un seul mot à répliquer à ceci, dis hardiment que je n’y entends rien.       <br />
       Σωκράτης. Λέγε δὴ ὡς τάχιστα πρὸς θεῶν.	Socrate. Dis au plus vite, au nom des dieux.       <br />
       Ἱππίας. Λέγω τοίνυν ἀεὶ καὶ παντὶ καὶ πανταχοῦ κάλλιστον εἶναι ἀνδρί, πλουτοῦντι, ὑγιαίνοντι, τιμωμένῳ ὑπὸ τῶν Ἑλλήνων, ἀφικομένῳ εἰς γῆρας, τοὺς αὑτοῦ γονέας τελευτήσαντας [291e] καλῶς περιστείλαντι, ὑπὸ τῶν αὑτοῦ ἐκγόνων καλῶς καὶ μεγαλοπρεπῶς ταφῆναι.       <br />
       	Hippias. Je dis donc qu’en tout temps, en tous lieux, et pour tout homme, c’est une très belle chose d’avoir des richesses, de la santé, de la considération parmi les Grecs, de parvenir à la vieillesse, et, après avoir rendu honorablement les derniers devoirs aux auteurs de ses jours, d’être conduit au tombeau par ses descendants avec le même appareil et la même magnificence. [291e]       <br />
       Σωκράτης. Ἰοὺ ἰού, ὦ Ἱππία, ἦ θαυμασίως τε καὶ μεγαλείως καὶ ἀξίως σαυτοῦ εἴρηκας• καὶ νὴ τὴν Ἥραν ἄγαμαί σου ὅτι μοι δοκεῖς εὐνοικῶς, καθ' ὅσον οἷός τ' εἶ, βοηθεῖν• ἀλλὰ γὰρ τοῦ ἀνδρὸς οὐ τυγχάνομεν, ἀλλ' ἡμῶν δὴ νῦν καὶ πλεῖστον καταγελάσεται, εὖ ἴσθι.	Socrate. Oh, oh, Hippias ! que cette réponse est admirable ! qu’elle est grande et digne de toi ! Par Héraclès j’admire avec quelle bonté tu fais ce que tu peux pour me secourir. Mais nous ne tenons pas notre homme. au contraire, je t’assure qu’il rira à nos dépens plus que jamais.       <br />
       Ἱππίας. Πονηρόν γ', ὦ Σώκρατες, γέλωτα• ὅταν γὰρ πρὸς ταῦτα ἔχῃ μὲν μηδὲν ὅτι λέγῃ, γελᾷ δέ, αὑτοῦ καταγελάσεται [292a] καὶ ὑπὸ τῶν παρόντων αὐτὸς ἔσται καταγέλαστος.	Hippias. Oui. d’un rire impertinent, Socrate : car s’il n’a rien à opposer à cela, et qu’il rie, c’est de lui-même qu’il rira, et il se fera moquer de tous les assistants. [292a]       <br />
       Σωκράτης. Ἴσως οὕτως ἔχει• ἴσως μέντοι ἐπί γε ταύτῃ τῇ ἀποκρίσει, ὡς ἐγὼ μαντεύομαι, κινδυνεύσει οὐ μόνον μου καταγελᾶν.	Socrate. Peut-être la chose sera-t-elle comme tu dis. peut-être aussi, autant que je puis conjecturer, ne se bornera-t-il pas sur cette réponse à me rire au nez.       <br />
       Ἱππίας. Ἀλλὰ τί μήν ;	Hippias. Que fera-t-il donc ?       <br />
       Σωκράτης. Ὅτι, ἂν τύχῃ βακτηρίαν ἔχων, ἂν μὴ ἐκφύγω φεύγων αὐτόν, εὖ μάλα μου ἐφικέσθαι πειράσεται.       <br />
       Ἱππίας. Πῶς λέγεις ; Δεσπότης τίς σου ὁ ἄνθρωπός ἐστιν, καὶ τοῦτο ποιήσας οὐκ ἀχθήσεται καὶ δίκας ὀφλήσει ; Ἢ οὐκ [292b] ἔνδικος ὑμῖν ἡ πόλις ἐστίν, ἀλλ' ἐᾷ ἀδίκως τύπτειν ἀλλήλους τοὺς πολίτας ;	Socrate. S’il a un bâton à la main, à moins que je ne m’enfuie au plus vite, il le lèvera sur moi pour me rosser d’importance.       <br />
       Hippias. Que dis-tu là ? Cet homme est-il ton maître ? Et s’il te fait un pareil traitement, il ne sera pas traîné devant les juges, et puni comme il le mérite ? Est-ce qu’il n’y a point de justice à Athènes, et y laisse-t-on les citoyens se frapper injustement les uns les autres ? [292b]       <br />
       Σωκράτης. Οὐδ' ὁπωστιοῦν ἐᾷ.	Socrate. Nullement.       <br />
       Ἱππίας. Οὐκοῦν δώσει δίκην ἀδίκως γέ σε τύπτων.	Hippias. Il sera donc puni s’il te frappe contre toute justice ?       <br />
       Σωκράτης. Οὔ μοι δοκεῖ, ὦ Ἱππία, οὔκ, εἰ ταῦτά γε ἀποκριναίμην, ἀλλὰ δικαίως, ἔμοιγε δοκεῖ.       <br />
       	Socrate. Il ne me parait pas, Hippias, qu’il eût tort de me frapper, si je lui faisais cette réponse : je pense même le contraire.       <br />
       Ἱππίας. Καὶ ἐμοὶ τοίνυν δοκεῖ, ὦ Σώκρατες, ἐπειδήπερ γε αὐτὸς ταῦτα οἴει.	Hippias. A la bonne heure, Socrate. puisque c’est ton avis, c’est aussi le mien.       <br />
       Σωκράτης. Οὐκοῦν εἴπω σοι καὶ ᾗ αὐτὸς οἴομαι δικαίως ἂν τύπτεσθαι ταῦτα ἀποκρινόμενος ; Ἢ καὶ σύ με ἄκριτον τυπτήσεις ; Ἢ δέξῃ λόγον ;	Socrate. Me permets-tu de t’expliquer pourquoi je pense que cette réponse mérite vraiment des coups de bâton ? Me battras-tu toi-même sans m’entendre, ou écouteras-tu mes raisons ?        <br />
       [292c] Ἱππίας. Δεινὸν γὰρ ἂν εἴη, ὦ Σώκρατες, εἰ μὴ δεχοίμην• ἀλλὰ πῶς λέγεις ;	[292c] Hippias. Ce serait un procédé bien étrange, Socrate, si je refusais de les entendre. Quelles sont-elles ? Parle.       <br />
       Σωκράτης. Ἐγώ σοι ἐρῶ, τὸν αὐτὸν τρόπον ὅνπερ νυνδή, μιμούμενος ἐκεῖνον, ἵνα μὴ πρὸς σὲ λέγω ῥήματα, οἷα ἐκεῖνος εἰς ἐμὲ ἐρεῖ, χαλεπά τε καὶ ἀλλόκοτα. Εὖ γὰρ ἴσθι, « εἰπέ μοι, » φήσει, «ὦ Σώκρατες, οἴει ἂν ἀδίκως πληγὰς λαβεῖν, ὅστις διθύραμβον τοσουτονὶ ᾄσας οὕτως ἀμούσως πολὺ ἀπῇσας ἀπὸ τοῦ ἐρωτήματος ; » Πῶς δή ; Φήσω ἐγώ. « Ὅπως ; » φήσει• «οὐχ οἷός τ' εἶ μεμνῆσθαι ὅτι τὸ καλὸν αὐτὸ ἠρώτων, [292d] ὃ παντὶ ᾧ ἂν προσγένηται, ὑπάρχει ἐκείνῳ καλῷ εἶναι, καὶ λίθῳ καὶ ξύλῳ καὶ ἀνθρώπῳ καὶ θεῷ καὶ πάσῃ πράξει καὶ παντὶ μαθήματι ; Αὐτὸ γὰρ ἔγωγε, ὤνθρωπε, κάλλος ἐρωτῶ ὅτι ἐστίν, καὶ οὐδέν σοι μᾶλλον γεγωνεῖν δύναμαι ἢ εἴ μοι παρεκάθησο λίθος, καὶ οὗτος μυλίας, μήτε ὦτα μήτε ἐγκέφαλον ἔχων. » Εἰ οὖν φοβηθεὶς εἴποιμι ἐγὼ ἐπὶ τούτοις τάδε, ἆρα οὐκ ἂν ἄχθοιο, ὦ Ἱππία ; Ἀλλὰ μέντοι τόδε τὸ [292e] καλὸν εἶναι Ἱππίας ἔφη• καίτοι ἐγὼ αὐτὸν ἠρώτων οὕτως ὥσπερ σὺ ἐμέ, ὃ πᾶσι καλὸν καὶ ἀεί ἐστι. Πῶς οὖν φῄς ; Οὐκ ἀχθέσῃ, ἂν εἴπω ταῦτα ;	Socrate. Je vais te le dire, toujours sous le nom de celui dont je fais ici le personnage, pour ne pas me servir vis-à-vis de toi des expressions dures et choquantes qu’il ne m’épargnera pas. car voici, je te le garantis, ce qu’il me dira : « Parle, Socrate. Penses-tu que j’aurais si grand tort de te battre, après que tu m’as chanté, avec si peu de sens, un dithyrambe qui n’a aucun rapport à ma question ? » Comment cela ? lui répondrai-je. « Comment, dira-t-il, tu n’as seulement pas l’esprit de te souvenir [292d] que je te demande quel est ce beau qui embellit toutes les choses où il se trouve, pierre, bois, homme, dieu, toute espèce d’action et de science ? Car tel est, Socrate, le beau dont je te demande la définition. et je ne puis pas plus me faire entendre que si j’avais affaire à une pierre, et encore une pierre de meule, et que tu n’eusses ni oreilles ni cervelle. » Ne te fâcherais-tu point, Hippias, si, épouvanté de ce discours, je répondais : « C’est Hippias qui m’a dit que le beau était cela ? Je l’interrogeais cependant comme tu m’interroges ici [292e] sur ce qui est beau pour tout le monde et toujours. » Qu’en dis-tu ? Ne te fâcheras-tu pas, si je lui parle ainsi ?       <br />
       Ἱππίας. Εὖ γ' οὖν οἶδα, ὦ Σώκρατες, ὅτι πᾶσι καλὸν τοῦτ' ἐστίν, ὃ ἐγὼ εἶπον, καὶ δόξει.	Hippias. Je suis bien sûr, Socrate, que le beau est et paraîtra à tout le monde tel que je t’ai dit.       <br />
       Σωκράτης. « Ἦ καὶ ἔσται ; » φήσει• « ἀεὶ γάρ που τό γε καλὸν καλόν. »	Socrate. « Le sera-t-il toujours ? » reprendra cet homme. Car le beau, c’est-à-dire le vrai beau, l’est à toutes les époques.       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ γε.	Hippias. Sans doute.       <br />
       Σωκράτης. « Οὐκοῦν καὶ ἦν ; » φήσει.	Socrate. Il l’a donc toujours été ?       <br />
       Ἱππίας. Καὶ ἦν.	Hippias. Oui.       <br />
       Σωκράτης. « Ἦ καὶ τῷ Ἀχιλλεῖ, » φήσει, « ὁ ξένος ὁ Ἠλεῖος ἔφη καλὸν εἶναι ὑστέρῳ τῶν προγόνων ταφῆναι, καὶ τῷ πάππῳ αὐτοῦ Αἰακῷ, καὶ τοῖς ἄλλοις ὅσοι [293a] ἐκ θεῶν γεγόνασι, καὶ αὐτοῖς τοῖς θεοῖς ; »	Socrate. « L’étranger d’Élis, poursuivra-t-il, t’a-t-il dit qu’il fût beau à Achille d’être enseveli après ses ancêtres, comme son aïeul Éaque, aux autres enfants des dieux et aux dieux eux-mêmes ? » [293a]       <br />
              <br />
       Ἱππίας. Τί τοῦτο ; Βάλλ' ἐς μακαρίαν. Τοῦ ἀνθρώπου οὐδ' εὔφημα, ὦ Σώκρατες, ταῦτά γε τὰ ἐρωτήματα.	Hippias. Qu’est-ce que cet homme-là ? Envoie-le au gibet. Voilà des questions, Socrate, qui sentent fort l’impiété.       <br />
       Σωκράτης. Τί δέ ; Τὸ ἐρομένου ἑτέρου φάναι ταῦτα οὕτως ἔχειν οὐ πάνυ δύσφημον ;	Socrate. Mais quoi, lorsqu’on nous fait de pareilles questions, n’est-il pas tout à fait impie d’y répondre affirmativement ?       <br />
       Ἱππίας. Ἴσως. 	Hippias. Peut-être.       <br />
       Σωκράτης. « Ἴσως τοίνυν σὺ εἶ οὗτος, » φήσει, « ὃς παντὶ φῂς καὶ ἀεὶ καλὸν εἶναι ὑπὸ μὲν τῶν ἐκγόνων ταφῆναι, τοὺς δὲ γονέας θάψαι• ἢ οὐχ εἷς τῶν ἁπάντων καὶ Ἡρακλῆς ἦν καὶ οὓς νυνδὴ ἐλέγομεν πάντες ; »	Socrate. « Peut-être donc es-tu cet impie, me dira-t-il, toi qui soutiens qu’il est beau en tout temps et pour tout le monde d’être enseveli par ses descendants, et de rendre les mêmes devoirs à ses ancêtres. Héraclès et les autres qu’on vient de nommer ne font-ils peut-être pas partie de tout le monde ? »       <br />
       Ἱππίας. Ἀλλ' οὐ τοῖς θεοῖς ἔγωγε ἔλεγον.	Hippias. Je n’ai pas prétendu parler ainsi pour les dieux. [293b]       <br />
       [293b] Σωκράτης. « Οὐδὲ τοῖς ἥρωσιν, ὡς ἔοικας. »	Socrate. Ni pour les héros apparemment ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐχ ὅσοι γε θεῶν παῖδες ἦσαν.	Hippias. Non, du moins pour ceux qui sont enfants des dieux.       <br />
       Σωκράτης. « Ἀλλ' ὅσοι μή ; »	Socrate. Mais pour ceux qui ne le sont pas ?       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ γε.	Hippias. Oui, pour ceux-là.       <br />
       Σωκράτης. « Οὐκοῦν κατὰ τὸν σὸν αὖ λόγον, ὡς φαίνεται, τῶν ἡρώων τῷ μὲν Ταντάλῳ καὶ τῷ Δαρδάνῳ καὶ τῷ Ζήθῳ δεινόν τε καὶ ἀνόσιον καὶ αἰσχρόν ἐστι, Πέλοπι δὲ καὶ τοῖς ἄλλοις τοῖς οὕτω γεγονόσι καλόν. »	Socrate. Ainsi, à ton compte, c’eût été, ce semble, une chose affreuse, impie et laide pour les héros, tels que Tantale, Dardanos et Zéthos. et pour Pélops et les autres nés de mortels comme lui, ce serait une belle chose ?       <br />
              <br />
       Ἱππίας. Ἔμοιγε δοκεῖ.	Hippias. C’est là mon avis.       <br />
       Σωκράτης. « Σοὶ τοίνυν δοκεῖ, » φήσει, « ὃ ἄρτι οὐκ ἔφησθα, τὸ θάψαντι τοὺς προγόνους ταφῆναι ὑπὸ τῶν ἐκγόνων ἐνίοτε καὶ [293c] ἐνίοις αἰσχρὸν εἶναι• ἔτι δὲ μᾶλλον, ὡς ἔοικεν, ἀδύνατον πᾶσι τοῦτο γενέσθαι καὶ εἶναι καλόν, ὥστε τοῦτό γε ὥσπερ καὶ τὰ ἔμπροσθεν ἐκεῖνα, ἥ τε παρθένος καὶ ἡ χύτρα, ταὐτὸν πέπονθε, καὶ ἔτι γελοιοτέρως τοῖς μέν ἐστι καλόν, τοῖς δ' οὐ καλόν. Καὶ οὐδέπω καὶ τήμερον, » φήσει, « οἷός τ' εἶ, ὦ Σώκρατες, περὶ τοῦ καλοῦ ὅτι ἐστὶ τὸ ἐρωτώμενον ἀποκρίνασθαι. » Ταῦτά μοι καὶ τοιαῦτα ὀνειδιεῖ δικαίως, ἐὰν αὐτῷ οὕτως ἀποκρίνωμαι. Τὰ μὲν οὖν πολλά, ὦ Ἱππία, σχεδόν [293d] τί μοι οὕτω διαλέγεται• ἐνίοτε δὲ ὥσπερ ἐλεήσας μου τὴν ἀπειρίαν καὶ ἀπαιδευσίαν αὐτός μοι προβάλλει ἐρωτῶν εἰ τοιόνδε μοι δοκεῖ εἶναι τὸ καλόν, ἢ καὶ περὶ ἄλλου ὅτου ἂν τύχῃ πυνθανόμενος καὶ περὶ οὗ ἂν λόγος ᾖ.       <br />
       	Socrate. « Tu penses donc, répliquera-t-il, ce que tu ne disais pas tout à l’heure, qu’être enseveli par ses descendants, après avoir rendu le même devoir à ses ancêtres, est une chose qui en certaines rencontres et pour quelques-uns n’est pas du tout belle. [293c] et que même il semble impossible qu’elle devienne jamais et soit belle pour tout le monde. en sorte que ce prétendu beau est sujet aux mêmes inconvénients que les précédents, la jeune fille et la marmite. et qu’il est même plus ridiculement encore beau pour les uns, et laid pour les autres. Quoi donc Socrate, poursuivra-t-il, ne pourras-tu, ni aujourd’hui ni jamais, satisfaire à ma question, et me dire ce que c’est que le beau ? » Tels sont à peu près les reproches qu’il me fera, et à juste titre, si je lui réponds comme tu veux. Voilà pour l’ordinaire, Hippias, de quelle manière il converse avec moi. Quelquefois cependant, comme s’il avait compassion de mon ignorance et de mon incapacité, [293d] il me suggère en quelque sorte ce que je dois dire, et me demande si telle chose ne me parait pas être le beau. Il en use de même par rapport à tout autre sujet sur lequel il m’interroge, et qui fait la matière de l’entretien.       <br />
       Ἱππίας. Πῶς τοῦτο λέγεις, ὦ Σώκρατες ;	Hippias. Que veux-tu dire par là, Socrate ?       <br />
       Σωκράτης. Ἐγώ σοι φράσω. « Ὦ δαιμόνιε, » φησί, « Σώκρατες, τὰ μὲν τοιαῦτα ἀποκρινόμενος καὶ οὕτω παῦσαι - λίαν γὰρ εὐήθη τε καὶ εὐεξέλεγκτά ἐστιν - ἀλλὰ τὸ τοιόνδε [293e] σκόπει εἴ σοι δοκεῖ καλὸν εἶναι, οὗ καὶ νυνδὴ ἐπελαβόμεθα ἐν τῇ ἀποκρίσει, ἡνίκ' ἔφαμεν τὸν χρυσὸν οἷς μὲν πρέπει καλὸν εἶναι, οἷς δὲ μή, οὔ, καὶ τἆλλα πάντα οἷς ἂν τοῦτο προσῇ• αὐτὸ δὴ τοῦτο τὸ πρέπον καὶ τὴν φύσιν αὐτοῦ τοῦ πρέποντος σκόπει εἰ τοῦτο τυγχάνει ὂν τὸ καλόν.» Ἐγὼ μὲν οὖν εἴωθα συμφάναι τὰ τοιαῦτα ἑκάστοτε - οὐ γὰρ ἔχω ὅτι λέγω - σοὶ δ' οὖν δοκεῖ τὸ πρέπον καλὸν εἶναι ;	Socrate. Je vais te l’expliquer. « Mon pauvre Socrate, me dit-il, laisse là toutes ces réponses et autres semblables. elles sont trop ineptes, et trop aisées à réfuter [293e]. Vois plutôt si le beau ne serait point ce que nous avons évoqué précédemment, lorsque nous avons dit que l’or est beau pour les choses auxquelles il convient et laid pour celles auxquelles il ne convient pas. qu’il en est de même pour tout le reste où cette convenance se trouve. Examine donc le convenable en lui-même, et dans sa nature, pour voir s’il ne serait point le beau que nous cherchons. » Ma coutume est de me rendre à son avis, lorsqu’il me propose de pareilles choses, car je n’ai rien à lui opposer. Mais toi, penses-tu que le convenable est le beau ?       <br />
       Ἱππίας. Πάντως δήπου, ὦ Σώκρατες.	Hippias. Tout à fait, Socrate.       <br />
       Σωκράτης. Σκοπώμεθα, μή πῃ ἄρ' ἐξαπατώμεθα.	Socrate. Examinons bien, de peur de nous tromper.       <br />
       Ἱππίας. Ἀλλὰ χρὴ σκοπεῖν.	Hippias. Il faut examiner, sans doute. [294a]       <br />
       Σωκράτης. Ὅρα τοίνυν• τὸ πρέπον ἆρα τοῦτο λέγομεν, ὃ παραγενόμενον [294a] ποιεῖ ἕκαστα φαίνεσθαι καλὰ τούτων οἷς ἂν παρῇ, ἢ ὃ εἶναι ποιεῖ, ἢ οὐδέτερα τούτων ;	Socrate. Vois donc. Appelons-nous convenable ce qui fait paraître belles les choses où il se trouve, ou bien ce qui les rend effectivement belles ? ou n’est-ce ni l’un ni l’autre ?       <br />
       Ἱππίας. Ἔμοιγε δοκεῖ πότερα ὃ ποιεῖ φαίνεσθαι καλά• ὥσπερ γε ἐπειδὰν ἱμάτιά τις λάβῃ ἢ ὑποδήματα ἁρμόττοντα, κἂν ᾖ γελοῖος, καλλίων φαίνεται.	Hippias. Il me semble que c’est ce qui les fait paraître belles, comme lorsque quelqu’un, ayant pris un habit ou une chaussure qui lui va bien, parait plus beau, fût-il d’ailleurs d’un extérieur ridicule.       <br />
       Σωκράτης. Οὐκοῦν εἴπερ καλλίω ποιεῖ φαίνεσθαι ἢ ἔστι τὸ πρέπον, ἀπάτη τις ἂν εἴη περὶ τὸ καλὸν τὸ πρέπον, καὶ οὐκ ἂν εἴη τοῦτο ὃ ἡμεῖς ζητοῦμεν, ὦ Ἱππία ; Ἡμεῖς μὲν γάρ που [294b] ἐκεῖνο ἐζητοῦμεν, ᾧ πάντα τὰ καλὰ πράγματα καλά ἐστιν - ὥσπερ ᾧ πάντα τὰ μεγάλα ἐστὶ μεγάλα, τῷ ὑπερέχοντι• τούτῳ γὰρ πάντα μεγάλα ἐστί, καὶ ἐὰν μὴ φαίνηται, ὑπερέχῃ δέ, ἀνάγκη αὐτοῖς μεγάλοις εἶναι - οὕτω δή, φαμέν, καὶ τὸ καλόν, ᾧ καλὰ πάντα ἐστίν, ἄντ' οὖν φαίνηται ἄντε μή, τί ἂν εἴη ; Τὸ μὲν γὰρ πρέπον οὐκ ἂν εἴη• καλλίω γὰρ ποιεῖ φαίνεσθαι ἢ ἔστιν, ὡς ὁ σὸς λόγος, οἷα δ' ἔστιν οὐκ ἐᾷ φαίνεσθαι. Τὸ δὲ ποιοῦν εἶναι καλά, ὅπερ νυνδὴ εἶπον, [294c] ἐάντε φαίνηται ἐάντε μή, πειρατέον λέγειν τί ἐστι• τοῦτο γὰρ ζητοῦμεν, εἴπερ τὸ καλὸν ζητοῦμεν.	Socrate. Si le convenable fait paraître les choses plus belles qu’elles ne sont, c’est donc une espèce de tromperie en fait de beauté. et ce n’est point ce que nous cherchons, Hippias [294b] : car nous cherchons ce par quoi les belles choses sont réellement belles, de même que toutes les choses grandes sont grandes par une certaine supériorité : c’est en effet par là qu’elles sont grandes. et quand même elles ne le paraîtraient pas, s’il est vrai qu’il s’y trouve de la grandeur, elles sont nécessairement grandes. De même, le beau, disons-nous, est ce qui rend belles toutes les belles choses, qu’elles paraissent telles ou non. Évidemment ce n’est point le convenable, puisque, de ton aveu, il fait paraître les choses plus belles qu’elles ne sont, au lieu de les faire paraître telles qu’elles sont. Il nous faut donc essayer, comme je viens de dire, de découvrir ce qui fait que les belles choses sont belles, qu’elles le paraissent ou non [294c]. car si nous cherchons le beau, c’est là ce que nous cherchons.       <br />
       Ἱππίας. Ἀλλὰ τὸ πρέπον, ὦ Σώκρατες, καὶ εἶναι καὶ φαίνεσθαι ποιεῖ καλὰ παρόν.	Hippias. Mais le convenable, Socrate. à la fois rend belles et fait paraître telles toutes les choses où il se rencontre.       <br />
       Σωκράτης. Ἀδύνατον ἄρα τῷ ὄντι καλὰ ὄντα μὴ φαίνεσθαι καλὰ εἶναι, παρόντος γε τοῦ ποιοῦντος φαίνεσθαι ;	Socrate. Il est donc impossible que les objets réellement beaux ne paraissent pas tels, du moment qu’ils possèdent ce qui les fait paraître beaux ?       <br />
       Ἱππίας. Ἀδύνατον.	Hippias. Cela est impossible.       <br />
       Σωκράτης. Ὁμολογήσομεν οὖν τοῦτο, ὦ Ἱππία, πάντα τὰ τῷ ὄντι καλὰ καὶ νόμιμα καὶ ἐπιτηδεύματα καὶ δοξάζεσθαι καλὰ [294d] εἶναι καὶ φαίνεσθαι ἀεὶ πᾶσιν, ἢ πᾶν τοὐναντίον ἀγνοεῖσθαι καὶ πάντων μάλιστα ἔριν καὶ μάχην περὶ αὐτῶν εἶναι καὶ ἰδίᾳ ἑκάστοις καὶ δημοσίᾳ ταῖς πόλεσιν ;	Socrate. Mais dirons-nous, Hippias, que les lois et les institutions réellement belles paraissent telles toujours et aux yeux de tout le monde ? ou, tout au contraire, qu’on n’en connaît pas toujours la beauté, et que c’est un des principaux sujets de dispute et de querelles, tant entre les particuliers qu’entre les États ? [294d]       <br />
       Ἱππίας. Οὕτω μᾶλλον, ὦ Σώκρατες• ἀγνοεῖσθαι.	Hippias. Il me paraît plus vrai de dire, Socrate, qu’on n’en connaît pas toujours la beauté.       <br />
       Σωκράτης. Οὐκ ἄν, εἴ γέ που τὸ φαίνεσθαι αὐτοῖς προσῆν• προσῆν δ' ἄν, εἴπερ τὸ πρέπον καλὸν ἦν καὶ μὴ μόνον καλὰ ἐποίει εἶναι ἀλλὰ καὶ φαίνεσθαι. Ὥστε τὸ πρέπον, εἰ μὲν τὸ καλὰ ποιοῦν ἐστιν εἶναι, τὸ μὲν καλὸν ἂν εἴη, ὃ ἡμεῖς ζητοῦμεν, οὐ μέντοι τό γε ποιοῦν φαίνεσθαι• εἰ δ' αὖ τὸ [294e] φαίνεσθαι ποιοῦν ἐστιν τὸ πρέπον, οὐκ ἂν εἴη τὸ καλόν, ὃ ἡμεῖς ζητοῦμεν. Εἶναι γὰρ ἐκεῖνό γε ποιεῖ, φαίνεσθαι δὲ καὶ ποιεῖν εἶναι οὐ μόνον καλὰ οὐκ ἄν ποτε δύναιτο τὸ αὐτό, ἀλλ' οὐδὲ ἄλλο ὁτιοῦν. Ἑλώμεθα δὴ πότερα δοκεῖ τὸ πρέπον εἶναι τὸ φαίνεσθαι καλὰ ποιοῦν, ἢ τὸ εἶναι.       <br />
       	Socrate. Cela n’arriverait pas, cependant, si elles paraissaient ce qu’elles sont. et elles le paraîtraient, si le convenable était la même chose que le beau, et que non seulement il rendit les choses belles, mais les fit paraître telles. Par conséquent, si le convenable est ce qui rend une chose réellement belle, il est bien le beau que nous cherchons, et non le beau qui la fait paraître belle. Si, au contraire, le convenable donne seulement aux choses l’apparence de la beauté, ce n’est point le beau que nous cherchons, [294e] car le beau dont il est question rend les choses réellement belles, et une même chose ne saurait être à la fois une cause d’illusion et de vérité, soit pour la beauté, soit pour toute autre chose. Choisissons donc quelle propriété nous donnerons au convenable, de faire paraître les choses belles, ou de les rendre telles.       <br />
       Ἱππίας. Τὸ φαίνεσθαι, ἔμοιγε δοκεῖ, ὦ Σώκρατες.	Hippias. A mon avis, Socrate, il les fait paraître belles.       <br />
       Σωκράτης. Βαβαῖ, οἴχεται ἄρ' ἡμᾶς διαπεφευγός, ὦ Ἱππία, τὸ καλὸν γνῶναι ὅτι ποτέ ἐστιν, ἐπειδή γε τὸ πρέπον ἄλλο τι ἐφάνη ὂν ἢ καλόν.	Socrate. Dieux ! la connaissance que nous croyions avoir de la nature du beau nous échappe donc, Hippias, puisque nous jugeons que le convenable est autre que le beau.       <br />
       Ἱππίας. Ναὶ μὰ Δία, ὦ Σώκρατες, καὶ μάλα ἔμοιγε ἀτόπως.	Hippias. Vraiment oui, Socrate. et cela me parait bien étrange.        <br />
       [295a] Σωκράτης. Ἀλλὰ μέντοι, ὦ ἑταῖρε, μήπω γε ἀνῶμεν αὐτό• ἔτι γάρ τινα ἐλπίδα ἔχω ἐκφανήσεσθαι τί ποτ' ἐστὶν τὸ καλόν.	[295a]Socrate. Ne lâchons pourtant pas prise, mon cher ami : j’ai encore quelque espérance que nous découvrirons ce que c’est que le beau.       <br />
       Ἱππίας. Πάντως δήπου, ὦ Σώκρατες• οὐδὲ γὰρ χαλεπόν ἐστιν εὑρεῖν. Ἐγὼ μὲν οὖν εὖ οἶδ' ὅτι, εἰ ὀλίγον χρόνον εἰς ἐρημίαν ἐλθὼν σκεψαίμην πρὸς ἐμαυτόν, ἀκριβέστερον ἂν αὐτό σοι εἴποιμι τῆς ἁπάσης ἀκριβείας.	Hippias. Assurément, Socrate. car ce n’est pas une chose bien difficile à trouver. et je suis sûr que, si je me retirais un moment à l’écart pour méditer là-dessus, je t’en donnerais une définition si exacte que l’exactitude même n’y saurait trouver à redire.       <br />
       Σωκράτης. Ἆ μὴ μέγα, ὦ Ἱππία, λέγε. Ὁρᾷς ὅσα πράγματα ἡμῖν ἤδη παρέσχηκε• μὴ καὶ ὀργισθὲν ἡμῖν ἔτι μᾶλλον [295b] ἀποδρᾷ. Καίτοι οὐδὲν λέγω• σὺ μὲν γὰρ οἶμαι ῥᾳδίως αὐτὸ εὑρήσεις, ἐπειδὰν μόνος γένῃ. Ἀλλὰ πρὸς θεῶν ἐμοῦ ἐναντίον αὐτὸ ἔξευρε, εἰ δὲ βούλει, ὥσπερ νῦν ἐμοὶ συζήτει• καὶ ἐὰν μὲν εὕρωμεν, κάλλιστα ἕξει, εἰ δὲ μή, στέρξω οἶμαι ἐγὼ τῇ ἐμῇ τύχῃ, σὺ δ' ἀπελθὼν ῥᾳδίως εὑρήσεις• καὶ ἐὰν μὲν νῦν εὕρωμεν, ἀμέλει οὐκ ὀχληρὸς ἔσομαί σοι πυνθανόμενος ὅτι ἦν ἐκεῖνο ὃ κατὰ σαυτὸν ἐξηῦρες• νῦν δὲ θέασαι αὐτὸ ὅ σοι [295c] δοκεῖ εἶναι τὸ καλόν. Λέγω δὴ αὐτὸ εἶναι - ἀλλὰ γὰρ ἐπισκόπει μοι πάνυ προσέχων τὸν νοῦν μὴ παραληρήσω - τοῦτο γὰρ δὴ ἔστω ἡμῖν καλόν, ὃ ἂν χρήσιμον ᾖ. Εἶπον δὲ ἐκ τῶνδε ἐννοούμενος• καλοί, φαμέν, οἱ ὀφθαλμοί εἰσιν, οὐχ οἳ ἂν δοκῶσι τοιοῦτοι εἶναι οἷοι μὴ δυνατοὶ ὁρᾶν, ἀλλ' οἳ ἂν δυνατοί τε καὶ χρήσιμοι πρὸς τὸ ἰδεῖν. Ἦ γάρ ;       <br />
       	Socrate. Oh ! ne te vante point, Hippias. Tu vois combien d’embarras cette recherche nous a déjà causé. prends garde que le beau ne se fâche contre nous, et ne s’éloigne encore davantage [295b]. J’ai tort cependant de parler ainsi. Tu trouveras aisément la solution, je pense, lorsque tu seras seul. mais, au nom des dieux, trouve-la en ma présence. et, si tu le veux bien, continuons à la chercher ensemble. Si nous la découvrons, ce sera le mieux du monde. sinon, il faudra bien que je prenne mon malheur en patience : pour toi, tu ne m’auras pas plus tôt quitté, que tu la trouveras sans peine. Si nous faisons maintenant cette découverte, ce sera une affaire faite, et je n’aurai pas besoin de t’importuner pour te demander ce que tu as trouvé tout seul. Vois donc si ceci ne serait pas le beau, selon toi. Je dis que c’est... examine bien, et écoute-moi attentivement, de peur que je ne dise une sottise. [295c] Le beau donc, par rapport à nous, c’est ce qui nous est utile. Voici sur quoi je fonde cette définition. Nous appelons beaux yeux, non ceux qui ne peuvent rien voir, mais ceux qui le peuvent, et qui sont utiles pour cette fin.       <br />
       Ἱππίας. Ναί.	Hippias. Oui.       <br />
       Σωκράτης. Οὐκοῦν καὶ τὸ ὅλον σῶμα οὕτω λέγομεν καλὸν εἶναι, τὸ μὲν πρὸς δρόμον, τὸ δὲ πρὸς πάλην, καὶ αὖ τὰ [295d] ζῷα πάντα, ἵππον καλὸν καὶ ἀλεκτρυόνα καὶ ὄρτυγα, καὶ τὰ σκεύη πάντα καὶ τὰ ὀχήματα τά τε πεζὰ καὶ τὰ ἐν τῇ θαλάττῃ πλοῖά τε καὶ τριήρεις, καὶ τά γε ὄργανα πάντα τά τε ὑπὸ τῇ μουσικῇ καὶ τὰ ὑπὸ ταῖς ἄλλαις τέχναις, εἰ δὲ βούλει, τὰ ἐπιτηδεύματα καὶ τοὺς νόμους, σχεδόν τι πάντα ταῦτα καλὰ προσαγορεύομεν τῷ αὐτῷ τρόπῳ• ἀποβλέποντες πρὸς ἕκαστον αὐτῶν ᾗ πέφυκεν, ᾗ εἴργασται, ᾗ κεῖται, τὸ μὲν χρήσιμον καὶ ᾗ χρήσιμον καὶ πρὸς ὃ χρήσιμον [295e] καὶ ὁπότε χρήσιμον καλόν φαμεν εἶναι, τὸ δὲ ταύτῃ πάντῃ ἄχρηστον αἰσχρόν• ἆρ' οὐ καὶ σοὶ δοκεῖ οὕτως, ὦ Ἱππία ;	Socrate. Ne disons-nous pas de même du corps entier, qu’il est beau, soit pour la course, soit pour la lutte ? Et pareillement de tous les animaux, par exemple qu’un cheval est beau, un coq, une caille. de tous les ustensiles. [295d] de tous les moyens de locomotion, tant sur terre que sur mer, comme les bateaux de commerce et les navires de guerre. de tous les instruments, soit de musique, soit des autres arts. et encore, si tu le veux, des mœurs et des lois ? Nous donnons ordinairement à toutes ces choses la qualité de belles, envisageant chacune d’elles sous le même point de vue, c’est-à-dire par rapport aux propriétés qu’elle tient ou de la nature, ou de l’art, ou de sa position, appelant beau ce qui est utile, en tant qu’il est utile, en tant qu’il sert à une certaine fin, et autant de temps qu’il est utile [295e]. et laid, ce qui est inutile à tous égards. N’est-ce pas aussi ton avis, Hippias ?       <br />
       Ἱππίας. Ἔμοιγε.	Hippias. Oui.       <br />
       Σωκράτης. Ὀρθῶς ἄρα νῦν λέγομεν ὅτι τυγχάνει παντὸς ὂν μᾶλλον καλὸν τὸ χρήσιμον ;	Socrate. Ainsi, nous avons raison de dire que le beau n’est autre chose que l’utile ?       <br />
       Ἱππίας. Ὀρθῶς μέντοι, ὦ Σώκρατες.	Hippias. Sans contredit, Socrate.       <br />
       Σωκράτης. Οὐκοῦν τὸ δυνατὸν ἕκαστον ἀπεργάζεσθαι, εἰς ὅπερ δυνατόν, εἰς τοῦτο καὶ χρήσιμον, τὸ δὲ ἀδύνατον ἄχρηστον ;	Socrate. N’est-il pas vrai que ce qui a la puissance de faire quoi que ce soit, est utile par rapport à ce qu’il est capable de faire, et que ce qui en est incapable est inutile ?       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ γε.	Hippias. Certainement.       <br />
       Σωκράτης. Δύναμις μὲν ἄρα καλόν, ἀδυναμία δὲ αἰσχρόν ;	Socrate. La puissance est donc une belle chose, et l’impuissance une chose laide ?       <br />
       Ἱππίας. Σφόδρα γε. Τά τε γοῦν ἄλλα, [296a] ὦ Σώκρατες, μαρτυρεῖ ἡμῖν ὅτι τοῦτο οὕτως ἔχει, ἀτὰρ οὖν καὶ τὰ πολιτικά• ἐν γὰρ τοῖς πολιτικοῖς τε καὶ τῇ ἑαυτοῦ πόλει τὸ μὲν δυνατὸν εἶναι πάντων κάλλιστον, τὸ δὲ ἀδύνατον πάντων αἴσχιστον.	Hippias. Assurément : tout atteste la vérité de cette définition, Socrate. mais la politique en est une preuve particulière [296a]. En effet, avoir de la puissance politique dans sa propre ville, est ce qu’il y a de plus beau au monde, comme ne rien pouvoir est ce qu’il y a de plus laid.       <br />
       Σωκράτης. Εὖ λέγεις. Ἆρ' οὖν πρὸς θεῶν, Ἱππία, διὰ ταῦτα καὶ ἡ σοφία πάντων κάλλιστον, ἡ δὲ ἀμαθία πάντων αἴσχιστον ;	Socrate. C’est fort bien dit. Et, au nom des dieux, Hippias, n’est-ce pas pour cette raison que rien n’est plus beau que la sagesse, ni plus laid que l’ignorance ?       <br />
       Ἱππίας. Ἀλλὰ τί οἴει, ὦ Σώκρατες ;	Hippias. Et pour quelle autre raison, s’il te plaît, Socrate ?       <br />
       Σωκράτης. Ἔχε δὴ ἠρέμα, ὦ φίλε ἑταῖρε• ὡς φοβοῦμαι τί ποτ' αὖ λέγομεν.	Socrate Arrête un moment, mon cher ami : je tremble pour ce que nous dirons après cela.       <br />
       [296b] Ἱππίας. Τί δ' αὖ φοβῇ, ὦ Σώκρατες, ἐπεὶ νῦν γέ σοι ὁ λόγος παγκάλως προβέβηκε ;	Hippias. Que crains-tu, Socrate, maintenant que tes recherches vont on ne peut mieux ? [296b]       <br />
       Σωκράτης. Βουλοίμην ἄν, ἀλλά μοι τόδε συνεπίσκεψαι• ἆρ' ἄν τίς τι ποιήσειεν ὃ μήτ' ἐπίσταιτο μήτε τὸ παράπαν δύναιτο ;	Socrate. Je le voudrais bien, mais examine, je te prie, ceci avec moi. Fait-on ce qu’on ne saurait et ce qu’on ne peut absolument faire ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐδαμῶς• πῶς γὰρ ἂν ὅ γε μὴ δύναιτο ;	Hippias. Nullement. et comment veux-tu qu’on fasse ce qu’on ne peut faire ?       <br />
       Σωκράτης. Οἱ οὖν ἐξαμαρτάνοντες καὶ κακὰ ἐργαζόμενοί τε καὶ ποιοῦντες ἄκοντες, ἄλλο τι οὗτοι, εἰ μὴ ἐδύναντο ταῦτα ποιεῖν, οὐκ ἄν ποτε ἐποίουν ;	Socrate. Ainsi ceux qui pèchent et font de mauvaises actions involontairement, ne les auraient pas commises s’ils n’avaient pas eu le pouvoir de les commettre ?       <br />
       Ἱππίας. Δῆλον δή.	Hippias. Évidemment. [296c]       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλὰ μέντοι δυνάμει [296c] γε δύνανται οἱ δυνάμενοι• οὐ γάρ που ἀδυναμίᾳ γε.	Socrate. Mais c’est la puissance qui rend capable de faire ce que l’on peut. car ce n’est pas sans doute l’impuissance ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐ δῆτα.	Hippias. Non, certes.       <br />
       Σωκράτης. Δύνανται δέ γε πάντες ποιεῖν οἱ ποιοῦντες ἃ ποιοῦσιν ;	Socrate. Et tous ceux qui font quelque chose, ont le pouvoir de le faire ?       <br />
       Ἱππίας. Ναί.	Hippias. Oui.       <br />
       Σωκράτης. Κακὰ δέ γε πολὺ πλείω ποιοῦσιν ἢ ἀγαθὰ πάντες ἄνθρωποι, ἀρξάμενοι ἐκ παίδων, καὶ ἐξαμαρτάνουσιν ἄκοντες.	Socrate. Mais tous les hommes, à commencer depuis l’enfance, font beaucoup plus de mal que de bien, et commettent des fautes involontairement ?       <br />
       Ἱππίας. Ἔστι ταῦτα.	Hippias. Cela est vrai.       <br />
       Σωκράτης. Τί οὖν ; Ταύτην τὴν δύναμιν καὶ ταῦτα τὰ χρήσιμα, ἃ ἂν ᾖ ἐπὶ τὸ κακόν τι ἐργάζεσθαι χρήσιμα, ἆρα φήσομεν ταῦτα εἶναι [296d] καλά, ἢ πολλοῦ δεῖ ;	Socrate. Quoi donc ! Dirons-nous qu’une pareille puissance, et tout ce qui est utile pour faire le mal, est quelque chose de beau ? Ou s’en faut-il beaucoup que nous le disions ? [296d]       <br />
       Ἱππίας. Πολλοῦ, ἔμοιγε δοκεῖ, ὦ Σώκρατες.	Hippias. Il s’en faut beaucoup, Socrate, à mon avis.       <br />
       Σωκράτης. Οὐκ ἄρα, ὦ Ἱππία, τὸ δυνατόν τε καὶ τὸ χρήσιμον ἡμῖν, ὡς ἔοικεν, ἐστὶ τὸ καλόν.	Socrate. A ce compte, Hippias, le pouvoir et l’utile ne sont donc pas la même chose que le beau ?       <br />
       Ἱππίας. Ἐάν γε, ὦ Σώκρατες, ἀγαθὰ δύνηται καὶ ἐπὶ τοιαῦτα χρήσιμον ᾖ.	Hippias. Il faut, Socrate, que ce pouvoir ait le bien pour objet, et qu’il soit utile à cette fin.       <br />
       Σωκράτης. Ἐκεῖνο μὲν τοίνυν οἴχεται, τὸ δυνατόν τε καὶ χρήσιμον ἁπλῶς εἶναι καλόν• ἀλλ' ἄρα τοῦτ' ἦν ἐκεῖνο, ὦ Ἱππία, ὃ ἐβούλετο ἡμῶν ἡ ψυχὴ εἰπεῖν, ὅτι τὸ χρήσιμόν τε καὶ τὸ δυνατὸν ἐπὶ τὸ ἀγαθόν τι ποιῆσαι, τοῦτ' ἐστὶ τὸ [296e] καλόν ;	Socrate. Il n’est plus vrai, du moins, que le pouvoir et l’utile soient le beau pur et simple. et ce que nous avons voulu dire, Hippias, c’est que le pouvoir et l’utile sont le beau, dans la mesure ou ils tendent vers le bien. [296e]       <br />
       Ἱππίας. Ἔμοιγε δοκεῖ.	Hippias. Il me parait que oui.       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλὰ μὴν τοῦτό γε ὠφέλιμόν ἐστιν. Ἢ οὔ ;	Socrate. Mais cela, n’est-ce pas l’avantageux ?       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ γε.	Hippias. Sans doute.       <br />
       Σωκράτης. Οὕτω δὴ καὶ τὰ καλὰ σώματα καὶ τὰ καλὰ νόμιμα καὶ ἡ σοφία καὶ ἃ νυνδὴ ἐλέγομεν πάντα καλά ἐστιν, ὅτι ὠφέλιμα.	Socrate. Ainsi, et les beaux corps, et les belles institutions, et la sagesse, et toutes les autres choses dont nous avons parlé, sont belles, parce qu’elles sont avantageuses ?       <br />
       Ἱππίας. Δῆλον ὅτι.	Hippias. Cela est évident.       <br />
       Σωκράτης. Τὸ ὠφέλιμον ἄρα ἔοικεν ἡμῖν εἶναι τὸ καλόν, ὦ Ἱππία.	Socrate. Il apparaît donc que, pour nous, le beau, c’est l'avantageux.       <br />
       Ἱππίας. Πάντως δήπου, ὦ Σώκρατες.	Hippias. Assurément, Socrate.       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλὰ μὴν τό γε ὠφέλιμον τὸ ποιοῦν ἀγαθόν ἐστιν.	Socrate. Mais l’avantageux est ce qui fait du bien ?       <br />
       Ἱππίας. Ἔστι γάρ.	Hippias. Oui.       <br />
       Σωκράτης. Τὸ ποιοῦν δέ γ' ἐστὶν οὐκ ἄλλο τι ἢ τὸ αἴτιον• ἦ γάρ ;	Socrate. Et ce qui fait n’est autre que la cause, n’est-ce pas ?       <br />
       Ἱππίας. Οὕτως.	Hippias. Tout à fait.       <br />
       Σωκράτης. Τοῦ ἀγαθοῦ ἄρα [297a] αἴτιόν ἐστιν τὸ καλόν.	Socrate. Le beau serait donc la cause du bien ? [297a]       <br />
       Ἱππίας. Ἔστι γάρ.	Hippias. Il l’est en effet.       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλὰ μὴν τό γε αἴτιον, ὦ Ἱππία, καὶ οὗ ἂν αἴτιον ᾖ τὸ αἴτιον, ἄλλο ἐστίν• οὐ γάρ που τό γε αἴτιον αἰτίου αἴτιον ἂν εἴη. Ὧδε δὲ σκόπει• οὐ τὸ αἴτιον ποιοῦν ἐφάνη ;	Socrate. Mais la cause, Hippias, et ce dont elle est la cause, autrement dit l’effet, sont deux choses différentes. car jamais une cause ne saurait être cause d’elle-même. Considère ceci de cette manière. Ne venons-nous pas de voir que la cause est ce qui fait ?       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ γε.	Hippias. Oui.       <br />
       Σωκράτης. Οὐκοῦν ὑπὸ τοῦ ποιοῦντος ποιεῖται οὐκ ἄλλο τι ἢ τὸ γιγνόμενον, ἀλλ' οὐ τὸ ποιοῦν ;	Socrate. N’est-il pas vrai que la chose produite par ce qui fait n’est autre que l’effet, et nullement ce qui fait ?       <br />
       Ἱππίας. Ἔστι ταῦτα.	Hippias. Cela est certain.       <br />
       Σωκράτης. Οὐκοῦν ἄλλο τι τὸ γιγνόμενον, ἄλλο δὲ τὸ ποιοῦν ;	Socrate. L’effet est donc une chose, et ce qui le produit une autre chose ?       <br />
       Ἱππίας. Ναί.	Hippias. Qui en doute ?       <br />
       Σωκράτης. Οὐκ ἄρα τό γ' αἴτιον αἴτιον [297b] αἰτίου ἐστίν, ἀλλὰ τοῦ γιγνομένου ὑφ' ἑαυτοῦ.	Socrate. La cause n’est point, par conséquent, cause d’elle-même, mais cause de l’effet qu’elle produit ? [297b]       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ γε.	Hippias. Sans contredit.       <br />
       Σωκράτης. Εἰ ἄρα τὸ καλόν ἐστιν αἴτιον ἀγαθοῦ, γίγνοιτ' ἂν ὑπὸ τοῦ καλοῦ τὸ ἀγαθόν• καὶ διὰ ταῦτα, ὡς ἔοικε, σπουδάζομεν καὶ τὴν φρόνησιν καὶ τἆλλα πάντα τὰ καλά, ὅτι τὸ ἔργον αὐτῶν καὶ τὸ ἔκγονον σπουδαστόν ἐστι, τὸ ἀγαθόν, καὶ κινδυνεύει ἐξ ὧν εὑρίσκομεν ἐν πατρός τινος ἰδέᾳ εἶναι τὸ καλὸν τοῦ ἀγαθοῦ.	Socrate. Si donc le beau est cause du bien, le bien est l’effet du beau. et nous ne recherchons avec tant d’empressement la sagesse et toutes les autres belles choses, selon toute apparence, que parce qu’elles produisent le bien, lequel est l’objet de tous nos désirs. Il résulte de cette découverte que le beau est en quelque sorte le père du bien.       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ μὲν οὖν• καλῶς γὰρ λέγεις, ὦ Σώκρατες.	Hippias. Tout à fait. Cela est fort bien dit, Socrate.       <br />
       Σωκράτης. Οὐκοῦν καὶ τόδε καλῶς λέγω, ὅτι οὔτε ὁ πατὴρ ὑός [297c] ἐστιν, οὔτε ὁ ὑὸς πατήρ ;	Socrate. N’est-ce pas également une chose bien dite, que le père n’est pas le fils, ni le fils le père ? [297c]       <br />
       Ἱππίας. Καλῶς μέντοι.	Hippias. Oui.       <br />
       Σωκράτης. Οὐδέ γε τὸ αἴτιον γιγνόμενόν ἐστιν, οὐδὲ τὸ γιγνόμενον αὖ αἴτιον.	Socrate. Et que la cause n’est point l’effet, ni l’effet la cause ?       <br />
       Ἱππίας. Ἀληθῆ λέγεις.	Hippias. Cela est vrai.       <br />
       Σωκράτης. Μὰ Δία, ὦ ἄριστε, οὐδὲ ἄρα τὸ καλὸν ἀγαθόν ἐστιν, οὐδὲ τὸ ἀγαθὸν καλόν• ἢ δοκεῖ σοι οἷόν τε εἶναι ἐκ τῶν προειρημένων ;	Socrate. Par Zeus, cher Hippias, le beau n’est donc pas plus le bien que le bien n’est le beau. N’est-ce pas la conclusion que nous devons tirer de ce que nous venons de dire ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐ μὰ τὸν Δία, οὔ μοι φαίνεται.	Hippias. Je ne vois pas comment faire autrement.       <br />
       Σωκράτης. Ἀρέσκει οὖν ἡμῖν καὶ ἐθέλοιμεν ἂν λέγειν ὡς τὸ καλὸν οὐκ ἀγαθὸν οὐδὲ τὸ ἀγαθὸν καλόν ;	Socrate. Consentirons-nous donc à dire que le beau n’est pas le bien, et que le bien n’est pas le beau ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐ μὰ τὸν Δία, οὐ πάνυ μοι ἀρέσκει.	Hippias. Non, par Zeus, cela ne me satisfait pas.       <br />
       Σωκράτης. Ναὶ μὰ τὸν Δία, ὦ Ἱππία• ἐμοὶ δέ γε πάντων [297d] ἥκιστα ἀρέσκει ὧν εἰρήκαμεν λόγων.	Socrate. Et, par Zeus, tu as raison, Hippias. et de tout ce qui a été dit jusqu’ici, c’est ce qui me déplaît le plus. [297d]       <br />
       Ἱππίας. Ἔοικε γὰρ οὕτως.	Hippias. C’est aussi mon avis.       <br />
       Σωκράτης. Κινδυνεύει ἄρα ἡμῖν, οὐχ ὥσπερ ἄρτι ἐφαίνετο κάλλιστος εἶναι τῶν λόγων τὸ ὠφέλιμον καὶ τὸ χρήσιμόν τε καὶ τὸ δυνατὸν ἀγαθόν τι ποιεῖν καλὸν εἶναι, οὐχ οὕτως ἔχειν, ἀλλ', εἰ οἷόν τέ ἐστιν, ἐκείνων εἶναι γελοιότερος τῶν πρώτων, ἐν οἷς τήν τε παρθένον ὠὠόμεθα εἶναι τὸ καλὸν καὶ ἓν ἕκαστον τῶν ἔμπροσθεν λεχθέντων.	Socrate. Ainsi il parait que la définition qui fait consister le beau dans ce qui est avantageux, utile, capable de produire quelque bien, loin d’être la plus belle de toutes les définitions, comme il nous semblait tout à l’heure, est, s’il est possible, plus ridicule encore que les précédentes, où nous pensions que le beau était une jeune fille, et chacune des autres choses que nous avons énumérées.       <br />
       Ἱππίας. Ἔοικεν.	Hippias. Il y a toute apparence.       <br />
       Σωκράτης. Καὶ ἐγὼ μέν γε οὐκ ἔτι ἔχω, ὦ Ἱππία, ὅποι τράπωμαι, ἀλλ' ἀπορῶ• σὺ δὲ ἔχεις τι λέγειν ;	Socrate. Pour ce qui me regarde, Hippias, je ne sais plus de quel côté me tourner, et je suis bien embarrassé. Et toi, te vient-il quelque chose ? [297e]       <br />
       [297e] Ἱππίας. Οὐκ ἔν γε τῷ παρόντι, ἀλλ', ὥσπερ ἄρτι ἔλεγον, σκεψάμενος εὖ οἶδ' ὅτι εὑρήσω.	Hippias. Non, pour le présent. mais, comme je t’ai déjà dit, je suis bien sûr qu’en réfléchissant un peu je trouverais ce que nous cherchons.       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλ' ἐγώ μοι δοκῶ ὑπὸ ἐπιθυμίας τοῦ εἰδέναι οὐχ οἷός τε σὲ εἶναι περιμένειν μέλλοντα• καὶ γὰρ οὖν δή τι καὶ οἶμαι ἄρτι ηὐπορηκέναι. Ὅρα γάρ• εἰ ὃ ἂν χαίρειν ἡμᾶς ποιῇ, μήτι πάσας τὰς ἡδονάς, ἀλλ' ὃ ἂν διὰ τῆς ἀκοῆς καὶ τῆς ὄψεως, τοῦτο φαῖμεν εἶναι καλόν, πῶς τι ἄρ' ἂν ἀγωνιζοίμεθα ; [298a] οἵ τέ γέ που καλοὶ ἄνθρωποι, ὦ Ἱππία, καὶ τὰ ποικίλματα πάντα καὶ τὰ ζωγραφήματα καὶ τὰ πλάσματα τέρπει ἡμᾶς ὁρῶντας, ἃ ἂν καλὰ ᾖ• καὶ οἱ φθόγγοι οἱ καλοὶ καὶ ἡ μουσικὴ σύμπασα καὶ οἱ λόγοι καὶ αἱ μυθολογίαι ταὐτὸν τοῦτο ἐργάζονται, ὥστ' εἰ ἀποκριναίμεθα τῷ θρασεῖ ἐκείνῳ ἀνθρώπῳ ὅτι ὦ γενναῖε, τὸ καλόν ἐστι τὸ δι' ἀκοῆς τε καὶ δι' ὄψεως ἡδύ, οὐκ ἂν οἴει αὐτὸν τοῦ θράσους ἐπίσχοιμεν ;	Socrate. L’envie que j’ai d’apprendre ne me permet pas d’attendre que tu aies le loisir d’y réfléchir. Et puis je crois que je viens de faire une bonne découverte. Vois si le beau n’est pas ce qui nous donne du plaisir. et je ne dis pas toute espèce de plaisirs, mais ceux de l’ouïe et de la vue. Qu’avons-nous en effet à opposer à cela ? [298a]. Les beaux hommes, Hippias, les belles tapisseries, les belles peintures, les belles sculptures nous font plaisir à voir. les beaux sons, toute la musique, les beaux discours et les belles fables produisent le même effet, de sorte que, si nous répondions à notre téméraire interlocuteur : « Mon ami, le beau n’est autre chose que ce qui nous cause du plaisir par l’ouïe et par la vue, » ne penses-tu pas que nous rabattrions son insolence ?       <br />
       Ἱππίας. Ἐμοὶ γοῦν δοκεῖ νῦν γε, ὦ Σώκρατες, εὖ λέγεσθαι [298b] τὸ καλὸν ὃ ἔστιν.	Hippias. Il me paraît, Socrate, que ceci explique bien la nature du beau. [298b]       <br />
       Σωκράτης. Τί δ' ; Ἆρα τὰ ἐπιτηδεύματα τὰ καλὰ καὶ τοὺς νόμους, ὦ Ἱππία, δι' ἀκοῆς ἢ δι' ὄψεως φήσομεν ἡδέα ὄντα καλὰ εἶναι, ἢ ἄλλο τι εἶδος ἔχειν ;	Socrate. Mais quoi ! dirons-nous, Hippias, que les belles mœurs et les belles lois sont belles parce qu’elles causent du plaisir par l’ouïe ou par la vue ? Ou que leur beauté est d’une autre espèce ?       <br />
       Ἱππίας. Ταῦτα δ' ἴσως, ὦ Σώκρατες, κἂν παραλάθοι τὸν ἄνθρωπον.	Hippias. Peut-être, Socrate, que cette difficulté échappera à notre homme...       <br />
       Σωκράτης. Μὰ τὸν κύνα, ὦ Ἱππία, οὐχ ὅν γ' ἂν ἐγὼ μάλιστα αἰσχυνοίμην ληρῶν καὶ προσποιούμενός τι λέγειν μηδὲν λέγων.	Socrate. Par le chien ! Hippias, elle n’échappera point à celui devant lequel je rougirais bien davantage d’extravaguer et de faire semblant de dire quelque chose, lorsqu’en effet je ne dis rien qui vaille.       <br />
       Ἱππίας. Τίνα τοῦτον ;	Hippias. Et quel est cet homme-là ?       <br />
       Σωκράτης. Τὸν Σωφρονίσκου, ὃς ἐμοὶ οὐδὲν ἂν μᾶλλον ταῦτα [298c] ἐπιτρέποι ἀνερεύνητα ὄντα ῥᾳδίως λέγειν ἢ ὡς εἰδότα ἃ μὴ οἶδα.	Socrate. Socrate, fils de Sophronisque, qui ne me permettrait pas plus de parler à la légère sur ces matières, [298c] sans les avoir approfondies, que de croire savoir ce que je ne sais pas.       <br />
       Ἱππίας. Ἀλλὰ μὴν ἔμοιγε καὶ αὐτῷ, ἐπειδὴ σὺ εἶπες, δοκεῖ τι ἄλλο εἶναι τοῦτο τὸ περὶ τοὺς νόμους.	Hippias. Il me paraît aussi, depuis que tu me l’as fait remarquer, que la beauté des lois est différente.       <br />
       Σωκράτης. Ἔχ' ἡσυχῇ, ὦ Ἱππία• κινδυνεύομεν γάρ τοι, ἐν τῇ αὐτῇ ἐμπεπτωκότες ἀπορίᾳ περὶ τοῦ καλοῦ ἐν ᾗπερ νυνδή, οἴεσθαι ἐν ἄλλῃ τινὶ εὐπορίᾳ εἶναι.	Socrate. Arrête un moment, Hippias. il me semble que nous nous flattons d’avoir trouvé quelque chose sur le beau, tandis que nous sommes à cet égard tout aussi peu avancés que nous l’étions auparavant.       <br />
       Ἱππίας. Πῶς τοῦτο λέγεις, ὦ Σώκρατες ;	Hippias. Comment dis-tu ceci, Socrate ?       <br />
       Σωκράτης. Ἐγώ σοι φράσω ὅ γ' ἐμοὶ καταφαίνεται, εἰ ἄρα τὶ [298d] λέγω. Ταῦτα μὲν γὰρ τὰ περὶ τοὺς νόμους τε καὶ τὰ ἐπιτηδεύματα τάχ' ἂν φανείη οὐκ ἐκτὸς ὄντα τῆς αἰσθήσεως ἣ διὰ τῆς ἀκοῆς τε καὶ ὄψεως ἡμῖν οὖσα τυγχάνει• ἀλλ' ὑπομείνωμεν τοῦτον τὸν λόγον, τὸ διὰ τούτων ἡδὺ καλὸν εἶναι, μηδὲν τὸ τῶν νόμων εἰς μέσον παράγοντες. Ἀλλ' εἰ ἡμᾶς ἔροιτο εἴτε οὗτος ὃν λέγω, εἴτε ἄλλος ὁστισοῦν• τί δή, ὦ Ἱππία τε καὶ Σώκρατες, ἀφωρίσατε τοῦ ἡδέος τὸ ταύτῃ ἡδὺ ᾗ λέγετε καλὸν εἶναι, τὸ δὲ κατὰ τὰς ἄλλας [298e] αἰσθήσεις σίτων τε καὶ ποτῶν καὶ τῶν περὶ τἀφροδίσια καὶ τἆλλα πάντα τὰ τοιαῦτα οὔ φατε καλὰ εἶναι ; Ἢ οὐδὲ ἡδέα, οὐδὲ ἡδονὰς τὸ παράπαν ἐν τοῖς τοιούτοις φατὲ εἶναι, οὐδ' ἐν ἄλλῳ ἢ τῷ ἰδεῖν τε καὶ ἀκοῦσαι ; Τί φήσομεν, ὦ Ἱππία ;	Socrate. Je vais t’expliquer ma pensée. tu jugeras si elle a quelque valeur. [298d] Peut-être pourrait-on montrer que la beauté des lois et des mœurs n’est point si étrangère aux sensations qui nous viennent par les oreilles et par les yeux. Mais supposons la vérité de cette définition, que le beau est ce qui nous cause du plaisir par ces deux sens, et qu’il ne soit point du tout ici question des lois. Si cet homme dont je parle ou tout autre nous demandait : « Hippias et Socrate, pourquoi avez-vous séparé de l’agréable en général une certaine espèce d’agréable, que vous appelez le beau, et prétendez-vous que les plaisirs des autres sens, [298e] comme ceux du manger, du boire, de l’amour, et les autres semblables, ne sont point beaux ? Est-ce que ces sensations ne sont pas agréables, et ne causent, à votre avis, aucun plaisir, et ne s’en trouve-t-il nulle part ailleurs que dans les sensations de la vue et de l’ouïe ? » Que répondrons-nous, Hippias ?       <br />
       Ἱππίας. Πάντως δήπου φήσομεν, ὦ Σώκρατες, καὶ ἐν τοῖς ἄλλοις μεγάλας πάνυ ἡδονὰς εἶναι.	Hippias. Nous dirons sans balancer, Socrate, qu’il y a de très grands plaisirs attachés aux autres sensations.       <br />
       Σωκράτης. « Τί οὖν, » φήσει, « ἡδονὰς οὔσας οὐδὲν ἧττον ἢ καὶ ἐκείνας ἀφαιρεῖσθε τοῦτο τοὔνομα καὶ ἀποστερεῖτε τοῦ [299a] καλὰς εἶναι ; » Ὅτι, φήσομεν, καταγελῴη ἂν ἡμῶν οὐδεὶς ὅστις οὔ, εἰ φαῖμεν μὴ ἡδὺ εἶναι φαγεῖν, ἀλλὰ καλόν, καὶ ὄζειν ἡδὺ μὴ ἡδὺ ἀλλὰ καλόν• τὰ δέ που περὶ τὰ ἀφροδίσια πάντες ἂν ἡμῖν μάχοιντο ὡς ἥδιστον ὄν, δεῖν δὲ αὐτό, ἐάν τις καὶ πράττῃ, οὕτω πράττειν ὥστε μηδένα ὁρᾶν, ὡς αἴσχιστον ὂν ὁρᾶσθαι. Ταῦτα ἡμῶν λεγόντων, ὦ Ἱππία, « μανθάνω », ἂν ἴσως φαίη, « καὶ ἐγὼ ὅτι πάλαι αἰσχύνεσθε ταύτας τὰς ἡδονὰς φάναι καλὰς εἶναι, ὅτι οὐ δοκεῖ τοῖς [299b] ἀνθρώποις• ἀλλ' ἐγὼ οὐ τοῦτο ἠρώτων, ὃ δοκεῖ τοῖς πολλοῖς καλὸν εἶναι, ἀλλ' ὅτι ἔστιν. » Ἐροῦμεν δὴ οἶμαι ὅπερ ὑπεθέμεθα, ὅτι « τοῦθ' ἡμεῖς γέ φαμεν τὸ μέρος τοῦ ἡδέος, τὸ ἐπὶ τῇ ὄψει τε καὶ ἀκοῇ γιγνόμενον, καλὸν εἶναι. Ἀλλὰ ἔχεις ἔτι τι χρῆσθαι τῷ λόγῳ, ἤ τι καὶ ἄλλο ἐροῦμεν, ὦ Ἱππία ;	Socrate. « Pourquoi donc, reprendra-t-il, ces plaisirs n’étant pas moins des plaisirs que les autres, leur refuser le nom de beaux, et les priver de cette qualité ? » [299a] C’est, dirons-nous, que tout le monde se moquerait de nous si nous disions que manger n’est pas une chose agréable, mais belle, et que sentir une odeur suave n’est point agréable, mais beau. qu’aux plaisirs de l’amour, tous soutiendraient qu’il n’y en a point de plus agréables, et que cependant il faut les goûter de manière que personne n’en soit témoin, parce que c’est la chose du monde la plus laide à voir. A ce discours notre homme répondra peut-être que « c’est la honte qui nous empêche depuis longtemps d’appeler beaux ces plaisirs, parce qu’ils ne passent point pour tels dans l’esprit des hommes. [299b] Cependant je ne vous demande pas ce qui est beau dans l’idée du vulgaire, mais ce qui est beau en effet. » Nous lui ferons, ce me semble, la réponse que nous lui avons déjà faite, a savoir que nous appelons beau cette partie de l’agréable qui nous vient par la vue et l’ouïe. As-tu quelque autre réponse à faire, et dirons-nous autre chose, Hippias ?       <br />
       Ἱππίας. Ἀνάγκη πρός γε τὰ εἰρημένα, ὦ Σώκρατες, μὴ ἄλλ' ἄττα ἢ ταῦτα λέγειν.	Hippias. Après ce qui a déjà été dit, c’est une nécessite, Socrate, de répondre de la sorte.       <br />
       Σωκράτης. « Καλῶς δὴ λέγετε, »       <br />
       φήσει. « Οὐκοῦν εἴπερ τὸ [299c] δι' ὄψεως καὶ ἀκοῆς ἡδὺ καλόν ἐστιν, ὃ μὴ τοῦτο τυγχάνει ὂν τῶν ἡδέων, δῆλον ὅτι οὐκ ἂν καλὸν εἴη ; » Ὁμολογήσομεν ;	Socrate. « Vous avez raison, répliquera-t-il. Si donc l’agréable qui naît de la vue et de l’ouïe est beau, il est évident que toute espèce d’agréable venant d’une autre source ne saurait être belle. » [299c] L’accorderons-nous ?       <br />
       Ἱππίας. Ναί.	Hippias. Oui.       <br />
       Σωκράτης. « Ἦ οὖν τὸ δι' ὄψεως ἡδύ, » φήσει, « δι' ὄψεως καὶ ἀκοῆς ἐστιν ἡδύ, ἢ τὸ δι' ἀκοῆς ἡδὺ δι' ἀκοῆς καὶ δι' ὄψεώς ἐστιν ἡδύ ; » Οὐδαμῶς, φήσομεν, τὸ διὰ τοῦ ἑτέρου ὂν τοῦτο δι' ἀμφοτέρων εἴη ἄν - τοῦτο γὰρ δοκεῖς ἡμῖν λέγειν - ἀλλ' ἡμεῖς ἐλέγομεν ὅτι καὶ ἑκάτερον τούτων αὐτὸ καθ' αὑτὸ τῶν ἡδέων καλὸν εἴη, καὶ ἀμφότερα. Οὐχ οὕτως ἀποκρινούμεθα ;	Socrate. « Mais, dira-t-il, ce qui est agréable par la vue l’est-il tout à la fois par la vue et par l’ouïe ? Et pareillement, ce qui est agréable par l’ouïe l’est-il à la fois par l’ouïe et par la vue ? » Nous répondrons que ce qui est agréable par l’un de ces sens ne l’est point par les deux, car apparemment c’est là ce que tu veux savoir. mais nous avons dit que l’une ou l’autre de ces sensations, prise séparément, est belle, et qu’elles le sont aussi toutes deux ensemble. N’est-ce pas là ce que nous répondrons ?       <br />
       [299d] Ἱππίας. Πάνυ μὲν οὖν.	Hippias. Absolument. [299d]       <br />
       Σωκράτης. « Ἆρ' οὖν, » φήσει, « ἡδὺ ἡδέος ὁτιοῦν ὁτουοῦν διαφέρει τούτῳ, τῷ ἡδὺ εἶναι ; Μὴ γὰρ εἰ μείζων τις ἡδονὴ ἢ ἐλάττων ἢ μᾶλλον ἢ ἧττόν ἐστιν, ἀλλ' εἴ τις αὐτῷ τούτῳ διαφέρει, τῷ ἡ μὲν ἡδονὴ εἶναι, ἡ δὲ μὴ ἡδονή, τῶν ἡδονῶν ; » Οὐχ ἡμῖν γε δοκεῖ• οὐ γάρ ;	Socrate. « Une chose agréable, quelle qu’elle soit, objectera-t-il, diffère-t-elle en tant qu’agréable de toute autre chose agréable ? Je ne vous demande point, dira-t-il, si un plaisir est plus ou moins grand, plus ou moins vif qu’un autre. mais s’il y a des plaisirs qui diffèrent entre eux, en ce que l’un est un plaisir et l’autre ne l’est pas. » Nous ne le pensons point, n’est-il pas vrai ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐ γὰρ οὖν δοκεῖ.	Hippias. Non, sans doute.       <br />
       Σωκράτης. « Οὐκοῦν, » φήσει, « δι' ἄλλο τι ἢ ὅτι ἡδοναί εἰσι προείλεσθε ταύτας τὰς ἡδονὰς ἐκ τῶν ἄλλων ἡδονῶν, τοιοῦτόν [299e] τι ὁρῶντες ἐπ' ἀμφοῖν, ὅτι ἔχουσί τι διάφορον τῶν ἄλλων, εἰς ὃ ἀποβλέποντες καλάς φατε αὐτὰς εἶναι ; Οὐ γάρ που διὰ τοῦτο καλή ἐστιν ἡδονὴ ἡ διὰ τῆς ὄψεως, ὅτι δι' ὄψεώς ἐστιν• εἰ γὰρ τοῦτο αὐτῇ ἦν τὸ αἴτιον καλῇ εἶναι, οὐκ ἄν ποτε ἦν ἡ ἑτέρα, ἡ διὰ τῆς ἀκοῆς, καλή• οὔκουν ἔστι γε δι' ὄψεως ἡδονή. » Ἀληθῆ λέγεις, φήσομεν ; [300a]	Socrate. « Pour quel autre motif, dira-t-il, avez-vous donc distingué entre tous les autres les plaisirs dont vous parlez ? Qu’avez-vous vu en eux de différent des autres [299e] plaisirs, qui vous a déterminés à dire qu’ils sont beaux ? Sans doute le plaisir qui naît de la vue n’est-il pas beau précisément parce qu’il naît de la vue. car si c’était là ce qui le rend beau, l’autre plaisir, qui naît de l’ouïe, ne serait pas beau, puisque ce n’est pas un plaisir qui ait sa source dans la vue. » Ne lui dirons-nous pas qu’il a raison ? [300a]       <br />
       Ἱππίας. Φήσομεν γάρ.	Hippias. Oui.       <br />
       [300a] Σωκράτης. « Οὐδέ γ' αὖ ἡ δι' ἀκοῆς ἡδονή, ὅτι δι' ἀκοῆς ἐστι, διὰ ταῦτα τυγχάνει καλή• οὐ γὰρ ἄν ποτε αὖ ἡ διὰ τῆς ὄψεως καλὴ ἦν• οὔκουν ἔστι γε δι' ἀκοῆς ἡδονή. » Ἀληθῆ φήσομεν, ὦ Ἱππία, λέγειν τὸν ἄνδρα ταῦτα λέγοντα ;	Socrate. « De même le plaisir qui naît de l’ouïe n’est pas beau précisément parce qu’il naît de l’ouïe. car en ce cas le plaisir qui naît de la vue ne serait pas beau, puisque ce n’est pas un plaisir qui ait sa source dans l’ouïe. » N’avouerons-nous pas, Hippias, que cet homme dit vrai ?       <br />
       Ἱππίας. Ἀληθῆ.	Hippias. Nous l’avouerons.       <br />
       Σωκράτης. « Ἀλλὰ μέντοι ἀμφότεραί γ' εἰσὶ καλαί, ὡς φατέ. » Φαμὲν γάρ ;	Socrate. « Mais ces plaisirs sont beaux l’un et l’autre, à ce que vous dites. » Ne le disons-nous pas ?       <br />
       Ἱππίας. Φαμέν.	Hippias. Oui.       <br />
       Σωκράτης. « Ἔχουσιν ἄρα τι τὸ αὐτὸ ὃ ποιεῖ αὐτὰς καλὰς εἶναι, τὸ κοινὸν τοῦτο, ὃ καὶ ἀμφοτέραις αὐταῖς ἔπεστι κοινῇ [300b] καὶ ἑκατέρᾳ ἰδίᾳ• οὐ γὰρ ἄν που ἄλλως ἀμφότεραί γε καλαὶ ἦσαν καὶ ἑκατέρα. Ἀποκρίνου ἐμοὶ ὡς ἐκείνῳ.	Socrate. « Ils ont donc une même qualité qui fait qu’ils sont beaux, une qualité commune à tous les deux, et particulière à chacun. Car il serait impossible autrement qu’ils fussent beaux tous les deux ensemble, et chacun séparément. » [300b] Réponds-moi comme si tu avais affaire à lui.       <br />
       Ἱππίας. Ἀποκρίνομαι, καὶ ἐμοὶ δοκεῖ ἔχειν ὡς λέγεις.	Hippias. Je réponds qu’il me parait que la chose est comme tu le dis.       <br />
       Σωκράτης. Εἰ ἄρα τι αὗται αἱ ἡδοναὶ ἀμφότεραι πεπόνθασιν, ἑκατέρα δὲ μή, οὐκ ἂν τούτῳ γε τῷ παθήματι εἶεν καλαί.	Socrate. Si donc ces deux plaisirs pris ensemble ont quelque qualité qui n’est point particulière à chacun d’eux, ce n’est point en vertu de cette qualité qu’ils sont beaux.       <br />
       Ἱππίας. Καὶ πῶς ἂν εἴη τοῦτο, ὦ Σώκρατες, μηδετέρας πεπονθυίας τι τῶν ὄντων ὁτιοῦν, ἔπειτα τοῦτο τὸ πάθος, ὃ μηδετέρα πέπονθεν, ἀμφοτέρας πεπονθέναι ;	Hippias. Comment se peut-il faire, Socrate, qu’une qualité que deux choses quelconques n’ont point séparément, elles l’aient, prises ensemble ? [300c]       <br />
       [300c] Σωκράτης. Οὐ δοκεῖ σοι ;	Socrate. Tu ne crois pas cela possible ?       <br />
       Ἱππίας. Πολλὴ γὰρ ἄν μ' ἔχοι ἀπειρία καὶ τῆς τούτων φύσεως καὶ τῆς τῶν παρόντων λέξεως λόγων.	Hippias. Il faudrait, pour le croire, que j’eusse bien peu de connaissance de la nature des choses, et des termes dont nous faisons usage dans la dispute présente.       <br />
       Σωκράτης. Ἡδέως γε, ὦ Ἱππία. Ἀλλὰ γὰρ ἐγὼ ἴσως κινδυνεύω δοκεῖν μέν τι ὁρᾶν οὕτως ἔχον ὡς σὺ φὴὴς ἀδύνατον εἶναι, ὁρῶ δ' οὐδέν.	Socrate. Voilà une charmante réponse, Hippias. Pour moi, il me semble que j’entrevois quelque chose qui est de cette façon, que tu dis être impossible : mais peut-être ne vois-je rien.       <br />
       Ἱππίας. Οὐ κινδυνεύεις, ὦ Σώκρατες, ἀλλὰ πάνυ ἑτοίμως παρορᾷς.	Hippias. Ce n’est pas peut-être, Socrate, mais très certainement, que tu vois de travers.       <br />
       Σωκράτης. Καὶ μὴν πολλά γέ μοι προφαίνεται τοιαῦτα πρὸ τῆς ψυχῆς, ἀλλὰ ἀπιστῶ αὐτοῖς, ὅτι σοὶ μὲν οὐ φαντάζεται, [300d] ἀνδρὶ πλεῖστον ἀργύριον εἰργασμένῳ τῶν νῦν ἐπὶ σοφίᾳ, ἐμοὶ δέ, ὃς οὐδὲν πώποτε ἠργασάμην. Καὶ ἐνθυμοῦμαι, ὦ ἑταῖρε, μὴ παίζῃς πρός με καὶ ἑκὼν ἐξαπατᾷς• οὕτως μοι σφόδρα καὶ πολλὰ φαίνεται.	Socrate. Cependant il se présente à mon esprit bien des objets de cette espèce. mais je m’en défie, puisque tu ne les vois pas, [300d] toi qui as amassé plus d’argent avec ta sagesse, qu’aucun homme de nos jours. et que je les vois, moi qui n’ai jamais gagné une obole. Je crains, mon cher ami, que tu ne badines avec moi, et ne me trompes de gaieté de cœur, tant j’aperçois distinctement de choses telles que je t’ai dit.       <br />
       Ἱππίας. Οὐδεὶς σοῦ, ὦ Σώκρατες, κάλλιον εἴσεται εἴτε παίζω εἴτε μή, ἐὰν ἐπιχειρήσῃς λέγειν τὰ προφαινόμενά σοι ταῦτα• φανήσῃ γὰρ οὐδὲν λέγων. Οὐ γὰρ μήποτε εὕρῃς, ὃ μήτ' ἐγὼ πέπονθα μήτε σύ, τοῦτ' ἀμφοτέρους ἡμᾶς πεπονθότας.	Hippias. Personne ne saura mieux que toi, Socrate, si je badine ou non, si tu prends le parti de me dire ce que tu vois. car il paraîtra clairement que ce n’est rien de solide. et jamais tu ne trouveras une qualité qui soit étrangère à chacun de nous séparément et que nous possédions ensemble.       <br />
       [300e] Σωκράτης. Πῶς λέγεις, ὦ Ἱππία ; Ἴσως μὲν τὶ λέγεις, ἐγὼ δ' οὐ μανθάνω• ἀλλά μου σαφέστερον ἄκουσον ὃ βούλομαι λέγειν. Ἐμοὶ γὰρ φαίνεται, ὃ μήτ' ἐγὼ πέπονθα εἶναι μήτ' εἰμὶ μηδ' αὖ σὺ εἶ, τοῦτο ἀμφοτέρους πεπονθέναι ἡμᾶς οἷόν τ' εἶναι• ἕτερα δ' αὖ, ἃ ἀμφότεροι πεπόνθαμεν εἶναι, ταῦτα οὐδέτερον εἶναι ἡμῶν.	Socrate. Comment dis-tu, Hippias ? Peut-être as-tu [300e] raison, et ne te comprends-je pas. Mais je vais t’expliquer plus nettement ma pensée : écoute-moi. Il me parait que ce que nous n’avons pas la conscience d’être en particulier ni toi ni moi, il est très possible que nous le soyons tous deux pris ensemble. et réciproquement, que ce que nous sommes tous deux conjointement, nous ne le soyons en particulier ni l’un ni l’autre.       <br />
       Ἱππίας. Τέρατα αὖ ἀποκρινομένῳ ἔοικας, ὦ Σώκρατες, ἔτι μείζω ἢ ὀλίγον πρότερον ἀπεκρίνω. Σκόπει γάρ• πότερον εἰ ἀμφότεροι δίκαιοί ἐσμεν, οὐ καὶ ἑκάτερος ἡμῶν εἴη ἄν, ἢ εἰ ἄδικος ἑκάτερος, οὐ καὶ ἀμφότεροι, ἢ εἰ ὑγιαίνοντες, [301a] οὐ καὶ ἑκάτερος ; Ἢ εἰ κεκμηκώς τι ἢ τετρωμένος ἢ πεπληγμένος ἢ ἄλλ' ὁτιοῦνν πεπονθὼς ἑκάτερος ἡμῶν εἴη, οὐ καὶ ἀμφότεροι αὖ ἂν τοῦτο πεπόνθοιμεν ; Ἔτι τοίνυν εἰ χρυσοῖ ἢ ἀργυροῖ ἢ ἐλεφάντινοι, εἰ δὲ βούλει, γενναῖοι ἢ σοφοὶ ἢ τίμιοι ἢ γέροντές γε ἢ νέοι ἢ ἄλλο ὅτι βούλει τῶν ἐν ἀνθρώποις ἀμφότεροι τύχοιμεν ὄντες, ἆρ' οὐ μεγάλη ἀνάγκη καὶ ἑκάτερον ἡμῶν τοῦτο εἶναι ;	Hippias. En vérité, Socrate, ceci est encore plus prodigieux que ce que tu disais tout à l’heure. En effet, penses-y un peu. Si nous étions justes tous les deux, chacun de nous ne le serait-il pas ? Et si chacun de nous était injuste, ne le serions-nous pas tous les deux ? Ou si nous étions tous les deux en bonne santé, chacun de nous ne se porterait-il pas bien ? [301a] Et si nous avions l’un et l’autre quelque maladie, quelque blessure, quelque contusion, ou tout autre mal semblable, ne l’aurions-nous pas tous les deux ? De même encore, si nous étions tous les deux d’or, d’argent, d’ivoire, ou, si tu aimes mieux, nobles, sages, considérés, vieux ou jeunes, ou doués de telle autre qualité qu’il te plaira, dont l’homme est capable, ne serait-ce pas une nécessité indispensable que chacun de nous fût tel ?       <br />
       [301b] Σωκράτης. Πάντως γε δήπου.	[301b] Socrate. Sans contredit.        <br />
       Ἱππίας. Ἀλλὰ γὰρ δὴ σύ, ὦ Σώκρατες, τὰ μὲν ὅλα τῶν πραγμάτων οὐ σκοπεῖς, οὐδ' ἐκεῖνοι οἷς σὺ εἴωθας διαλέγεσθαι, κρούετε δὲ ἀπολαμβάνοντες τὸ καλὸν καὶ ἕκαστον τῶν ὄντων ἐν τοῖς λόγοις κατατέμνοντες. Διὰ ταῦτα οὕτω μεγάλα ὑμᾶς λανθάνει καὶ διανεκῆ σώματα τῆς οὐσίας πεφυκότα. Καὶ νῦν τοσοῦτόν σε λέληθεν, ὥστε οἴει εἶναί τι ἢ πάθος ἢ οὐσίαν, ἣ περὶ μὲν ἀμφότερα ταῦτα ἔστιν ἅμα, [301c] περὶ δὲ ἑκάτερον οὔ, ἢ αὖ περὶ μὲν ἑκάτερον, περὶ δὲ ἀμφότερα οὔ• οὕτως ἀλογίστως καὶ ἀσκέπτως καὶ εὐήθως καὶ ἀδιανοήτως διάκεισθε.	Hippias. Ton défaut, Socrate, et le défaut de ceux avec qui tu converses d’ordinaire, est de ne point considérer les choses dans leur ensemble. Vous détachez le beau, vous découpez dans vos discours chacune des réalités pour en éprouver la qualité. De là vient que la grandeur et la continuité des choses concrètes vous échappent. Et maintenant tu es si éloigné du vrai, que tu t’imagines qu’il y a des qualités, soit accidentelles, soit essentielles, qui conviennent à deux êtres conjointement, et ne leur conviennent pas séparément. ou qui conviennent à l’un et à l’autre en particulier, [301c] et nullement à tous les deux : tant vous êtes incapables de raison et de discernement, tant vos lumières sont courtes et vos réflexions bornées.       <br />
       Σωκράτης. Τοιαῦτα, ὦ Ἱππία, τὰ ἡμέτερά ἐστιν, οὐχ οἷα βούλεταί τις, φασὶν ἄνθρωποι ἑκάστοτε παροιμιαζόμενοι, ἀλλ' οἷα δύναται• ἀλλὰ σὺ ἡμᾶς ὀνίνης ἀεὶ νουθετῶν. Ἐπεὶ καὶ νῦν, πρὶν ὑπὸ σοῦ ταῦτα νουθετηθῆναι, ὡς εὐήθως διεκείμεθα, ἔτι σοι μᾶλλον ἐγὼ ἐπιδείξω εἰπὼν ἃ διενοούμεθα [301d] περὶ αὐτῶν, ἢ μὴ εἴπω ;	Socrate. Ainsi sommes-nous faits, Hippias ! On n’est pas ce qu’on voudrait être, mais ce qu’on peut, comme dit le proverbe. Mais tu nous rends service, en nous donnant sans cesse des avis. Je veux te faire connaître encore davantage jusqu’où allait notre stupidité, avant les conseils que nous venons de recevoir de toi, en t’exposant notre manière de penser sur le sujet qui nous occupe. Ne t’en ferai-je point part ? [301d]       <br />
       Ἱππίας. Εἰδότι μὲν ἐρεῖς, ὦ Σώκρατες• οἶδα γὰρ ἑκάστους τῶν περὶ τοὺς λόγους ὡς διάκεινται. Ὅμως δ' εἴ τι σοὶ ἥδιον, λέγε.	Hippias. Tu ne me diras rien que je ne sache, Socrate. car je connais la disposition d’esprit de tous ceux qui se mêlent de disputer. Cependant, si cela te fait plaisir, parle.       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλὰ μὴν ἥδιόν γε. Ἡμεῖς γάρ, ὦ βέλτιστε, οὕτως ἀβέλτεροι ἦμεν, πρίν σε ταῦτ' εἰπεῖν, ὥστε δόξαν εἴχομεν περὶ ἐμοῦ τε καὶ σοῦ ὡς ἑκάτερος ἡμῶν εἷς ἐστι, τοῦτο δὲ ὃ ἑκάτερος ἡμῶν εἴη οὐκ ἄρα εἶμεν ἀμφότεροι - οὐ γὰρ εἷς ἐσμεν, ἀλλὰ δύο - οὕτως εὐηθικῶς εἴχομεν• νῦν δὲ παρὰ [301e] σοῦ ἤδη ἀνεδιδάχθημεν ὅτι εἰ μὲν δύο ἀμφότεροί ἐσμεν, δύο καὶ ἑκάτερον ἡμῶν ἀνάγκη εἶναι, εἰ δὲ εἷς ἑκάτερος, ἕνα καὶ ἀμφοτέρους ἀνάγκη• οὐ γὰρ οἷόν τε διανεκεῖ λόγῳ τῆς οὐσίας κατὰ Ἱππίαν ἄλλως ἔχειν, ἀλλ' ὃ ἂν ἀμφότερα ᾖ, τοῦτο καὶ ἑκάτερον, καὶ ὃ ἑκάτερον, ἀμφότερα εἶναι. Πεπεισμένος δὴ νῦν ἐγὼ ὑπὸ σοῦ ἐνθάδε κάθημαι. Πρότερον μέντοι, ὦ Ἱππία, ὑπόμνησόν με• πότερον εἷς ἐσμεν ἐγώ τε καὶ σύ, ἢ σύ τε δύο εἶ κἀγὼ δύο ;	Socrate. Hé bien, cela me fait plaisir. Nous étions donc tellement bornés, mon cher, avant ce que tu viens de nous dire, que nous pensions de toi et de moi que chacun de nous est un, et que ce que nous sommes séparément, nous ne le sommes pas conjointement. car pris ensemble nous ne sommes pas un, mais deux : tant notre ignorance était profonde. A présent tu as réformé nos idées, en nous apprenant que, si nous sommes deux conjointement, c’est une nécessité que chacun de nous soit aussi deux. [301e] et que si chacun de nous est un, il est également nécessaire que tous les deux nous ne soyons qu’un : l’essence des choses ne permettant pas, selon Hippias, qu’il en soit autrement. que par conséquent, ce que tous les deux sont, chacun l’est, et ce que chacun est, tous les deux le sont. Je me rends à tes raisons. Cependant, Hippias, rappelle-moi auparavant si toi et moi ne sommes qu’un, ou si tu es deux et moi deux.       <br />
       Ἱππίας. Τί λέγεις, ὦ Σώκρατες ;	Hippias. Qu’est-ce que tu dis, Socrate ?       <br />
       Σωκράτης. Ταῦτα ἅπερ λέγω• φοβοῦμαι γάρ σε σαφῶς λέγειν, [302a] ὅτι μοι χαλεπαίνεις, ἐπειδὰν τὶ δόξῃς σαυτῷ λέγειν. Ὅμως δ' ἔτι μοι εἰπέ• οὐχ εἷς ἡμῶν ἑκάτερός ἐστι καὶ πέπονθε τοῦτο, εἷς εἶναι ;	Socrate. Je dis ce que je dis : car je crains de m’expliquer [302a] nettement devant toi, parce que tu t’emportes contre moi, lorsque tu crois avoir dit quelque chose de bon. Néanmoins dis-moi encore : chacun de nous n’est-il pas un, et n’a-t-il pas cette qualité d’être un ?       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ γε.	Hippias. Sans doute.       <br />
       Σωκράτης. Οὐκοῦν εἴπερ εἷς, καὶ περιττὸς ἂν εἴη ἑκάτερος ἡμῶν• ἢ οὐ τὸ ἓν περιττὸν ἡγῇ ;	Socrate. Si donc chacun de nous est un, il est impair. Ne juges-tu pas qu’un est impair ?       <br />
       Ἱππίας. Ἔγωγε.	Hippias. Assurément.       <br />
       Σωκράτης. Ἦ καὶ ἀμφότεροι οὖν περιττοί ἐσμεν δύο ὄντες ;	Socrate. Mais pris conjointement, et étant deux, sommes-nous aussi impairs ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐκ ἂν εἴη, ὦ Σώκρατες.	Hippias. Non, Socrate. [302b]       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλ' ἄρτιοί γε ἀμφότεροι• ἦ γάρ ;	Socrate. Nous sommes pairs au contraire, n’est-ce pas ?       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ γε.	Hippias. Oui.       <br />
       Σωκράτης. Μῶν οὖν, ὅτι ἀμφότεροι ἄρτιοι, τούτου ἕνεκα καὶ ἑκάτερος [302b] ἄρτιος ἡμῶν ἐστιν ;	Socrate. Parce que nous sommes pairs tous deux ensemble, s’ensuit-il que chacun de nous est pair ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐ δῆτα.	Hippias. Non, assurément.       <br />
       Σωκράτης. Οὐκ ἄρα πᾶσα ἀνάγκη, ὡς νυνδὴ ἔλεγες, ἃ ἂν ἀμφότεροι καὶ ἑκάτερον, καὶ ἃ ἂν ἑκάτερος καὶ ἀμφοτέρους εἶναι.	Socrate. Il n’est donc pas nécessaire, comme tu disais, que chacun de nous soit ce que nous sommes tous les deux, et que nous soyons tous deux ce qu’est chacun de nous ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐ τά γε τοιαῦτα, ἀλλ' οἷα ἐγὼ πρότερον ἔλεγον.	Hippias. Non pour ces sortes de choses. mais cela est vrai pour celles dont je parlais plus haut.       <br />
       Σωκράτης. Ἐξαρκεῖ, ὦ Ἱππία• ἀγαπητὰ γὰρ καὶ ταῦτα, ἐπειδὴ τὰ μὲν οὕτω φαίνεται, τὰ δ' οὐχ οὕτως ἔχοντα. Καὶ γὰρ ἐγὼ ἔλεγον, εἰ μέμνησαι ὅθεν οὗτος ὁ λόγος ἐλέχθη, ὅτι ἡ διὰ τῆς ὄψεως καὶ ἀκοῆς ἡδονὴ οὐ τούτῳ εἶεν καλαί, [302c] ὅτι τυγχάνοιεν ἑκατέρα μὲν αὐτῶν εἶναι πεπονθυῖα, ἀμφότεραι δὲ μή, ἢ ἀμφότεραι μέν, ἑκατέρα δὲ μή, ἀλλ' ἐκείνῳ ᾧ ἀμφότεραί τε καὶ ἑκατέρα, διότι συνεχώρεις ἀμφοτέρας τε αὐτὰς εἶναι καλὰς καὶ ἑκατέραν. Τούτου δὴ ἕνεκα τῇ οὐσίᾳ τῇ ἐπ' ἀμφότερα ἑπομένῃ ᾤμην, εἴπερ ἀμφότερά ἐστι καλά, ταύτῃ δεῖν αὐτὰ καλὰ εἶναι, τῇ δὲ κατὰ τὰ ἕτερα ἀπολειπομένῃ μή• καὶ ἔτι νῦν οἴομαι. Ἀλλά μοι λέγε, ὥσπερ ἐξ ἀρχῆς• ἡ δι' ὄψεως ἡδονὴ καὶ ἡ δι' ἀκοῆς, εἴπερ [302d] ἀμφότεραί τ' εἰσὶ καλαὶ καὶ ἑκατέρα, ἆρα καὶ ὃ ποιεῖ αὐτὰς καλὰς οὐχὶ καὶ ἀμφοτέραις γε αὐταῖς ἕπεται καὶ ἑκατέρᾳ ;	Socrate. Je n’en demande pas davantage, Hippias : il me suffit qu’en certains cas il en soit ainsi, et en d’autres d’une autre manière. Je disais en effet, si tu te rappelles ce qui a donné lieu à cette discussion, que les plaisirs de la vue et de l’ouïe ne sont pas beaux par une beauté qui fut propre à chacun d’eux en particulier, sans leur être [302c] commune à tous deux ensemble. ni par une beauté qui leur fût commune à tous deux, sans être propre à chacun d’eux séparément. mais par une beauté commune aux deux, et propre à chacun. puisque tu accordais que ces plaisirs sont beaux pris conjointement et séparément. J’ai cru en conséquence que s’ils étaient beaux tous les deux, ce ne pouvait être qu’en vertu d’une qualité inhérente à l’un et à l’autre, et non d’une qualité qui manquât à l’un des deux. et je le crois encore. Dis-moi donc de nouveau : si le plaisir de la vue et celui de l’ouïe sont beaux pris [302d] point commun aux deux et propre à chacun ?       <br />
       Ἱππίας. Πάνυ γε.	Hippias. Sans contredit.       <br />
       Σωκράτης. Ἆρ' οὖν ὅτι ἡδονὴ ἑκατέρα τ' ἐστὶ καὶ ἀμφότεραι, διὰ τοῦτο ἂν εἶεν καλαί ; Ἢ διὰ τοῦτο μὲν καὶ αἱ ἄλλαι πᾶσαι ἂν οὐδὲν τούτων ἧττον εἶεν καλαί ; Οὐδὲν γὰρ ἧττον ἡδοναὶ ἐφάνησαν οὖσαι, εἰ μέμνησαι.	Socrate. Sont-ils beaux parce que ce sont des plaisirs, qu’on les prenne séparément ou ensemble ? A cet égard tous les autres plaisirs ne sont-ils pas aussi beaux que ceux-là, puisque nous avons reconnu, s’il t’en souvient, que ce ne sont pas moins des plaisirs ?       <br />
       Ἱππίας. Μέμνημαι.	Hippias. Je m’en souviens.       <br />
       Σωκράτης. Ἀλλ' ὅτι γε δι' ὄψεως καὶ ἀκοῆς αὗταί [302e] εἰσι, διὰ τοῦτο ἐλέγετο καλὰς αὐτὰς εἶναι.	Socrate. Nous avons dit en fait qu’ils sont beaux parce qu’ils naissent de la vue et de l’ouïe. [302e]       <br />
       Ἱππίας. Καὶ ἐρρήθη οὕτως.	Hippias. J’en conviens.       <br />
       Σωκράτης. Σκόπει δὲ εἰ ἀληθῆ λέγω. Ἐλέγετο γάρ, ὡς ἐγὼ μνήμης ἔχω, τοῦτ' εἶναι καλὸν τὸ ἡδύ, οὐ πᾶν, ἀλλ' ὃ ἂν δι' ὄψεως καὶ ἀκοῆς ᾖ.	Socrate. Vois si je dis vrai. Autant que je me rappelle, il a été dit que le beau est non pas simplement l’agréable, mais cette espèce d’agréable qui a sa source dans la vue et l’ouïe.       <br />
       Ἱππίας. Ἀληθῆ.	Hippias. Cela est vrai.       <br />
       Σωκράτης. Οὐκοῦν τοῦτό γε τὸ πάθος ἀμφοτέραις μὲν ἕπεται, ἑκατέρᾳ δ' οὔ ; Οὐ γάρ που ἑκάτερόν γε αὐτῶν, ὅπερ ἐν τοῖς πρόσθεν ἐλέγετο, δι' ἀμφοτέρων ἐστίν, ἀλλ' ἀμφότερα μὲν δι' ἀμφοῖν, ἑκάτερον δ' οὔ• ἔστι ταῦτα ;	Socrate. N’est-il pas vrai aussi que cette qualité est commune à ces deux plaisirs pris conjointement, et n’est pas propre à chacun séparément ? Car chacun d’eux en particulier, comme nous avons dit plus haut n’est pas plaisirs pris ensemble qui sont produits par les deux sens pris ensemble, et non chacun d’eux en particulier. N’est-ce pas ?       <br />
       Ἱππίας. Ἔστιν.	Hippias. Oui.       <br />
       Σωκράτης. Οὐκ ἄρα τούτῳ γε ἑκάτερον αὐτῶν ἐστι καλόν, ὃ μὴ ἕπεται ἑκατέρῳ ῳτὸ γὰρ ἀμφότερον ἑκατέρῳ οὐχ ἕπεταἰ ὥστε ἀμφότερα μὲν αὐτὰ φάναι καλὰ κατὰ τὴν ὑπόθεσιν ἔξεστιν, ἑκάτερον δὲ οὐκ [303a] ἔξεστιν• ἢ πῶς λέγομεν ; Οὐκ ἀνάγκη ;	Socrate. Ce qui fait la beauté de chacun d’eux séparément ne peut être une qualité qui n’appartient pas à chacun. Ainsi, la qualité d’être deux n’appartient pas à chaque élément séparément. En conséquence, s’il est sans doute permis d’affirmer, conformément à l’hypothèse, que les deux sont beaux pris ensemble, on ne peut dire que chacun le soit séparément. [303a]Qu’en penses-tu ? Cela n’est-il pas nécessaire ?       <br />
       Ἱππίας. Φαίνεται.	Hippias. Il me semble.       <br />
       Σωκράτης. Φῶμεν οὖν ἀμφότερα μὲν καλὰ εἶναι, ἑκάτερον δὲ μὴ φῶμεν ;	Socrate. Dirons-nous donc que ces plaisirs, pris conjointement, sont beaux, et que, séparément, ils ne le sont pas ?       <br />
       Ἱππίας. Τί γὰρ κωλύει ;	Hippias. Qui nous en empêche ?       <br />
       Σωκράτης. Τόδε ἔμοιγε δοκεῖ, ὦ φίλε, κωλύειν, ὅτι ἦν που ἡμῖν τὰ μὲν οὕτως ἐπιγιγνόμενα ἑκάστοις, εἴπερ ἀμφοτέροις ἐπιγίγνοιτο, καὶ ἑκατέρῳ, καὶ εἴπερ ἑκατέρῳ, καὶ ἀμφοτέροις, ἅπαντα ὅσα σὺ διῆλθες• ἦ γάρ ;	Socrate. Voici, ce me semble, ce qui nous en empêche : c’est que nous avons reconnu des qualités qui se trouvent dans chaque objet, et qui sont telles que, si elles sont communes à deux objets, elles sont propres à chacun. et, si elles sont propres à chacun, elles sont communes aux deux. Telles sont toutes celles dont tu as parlé, n’est-ce pas ?       <br />
       Ἱππίας. Ναί.	Hippias. Oui.       <br />
       Σωκράτης. Ἃ δέ γε αὖ ἐγὼ διῆλθον, οὔ• ὧν δὴ ἦν καὶ αὐτὸ τὸ ἑκάτερον καὶ τὸ ἀμφότερον. Ἔστιν οὕτως ;	Socrate. Il n’en est pas de même des qualités dont j’ai parlé. De ce nombre est ce qui fait que deux objets pris séparément sont un, et deux, pris conjointement. Cela est-il vrai ?       <br />
       Ἱππίας. Ἔστιν.	Hippias. Oui.       <br />
       [303b] Σωκράτης. Ποτέρων οὖν, ὦ Ἱππία, δοκεῖ σοι τὸ καλὸν εἶναι ; Πότερον ὧν σὺ ἔλεγες• εἴπερ ἐγὼ ἰσχυρὸς καὶ σύ, καὶ ἀμφότεροι, καὶ εἴπερ ἐγὼ δίκαιος καὶ σύ, καὶ ἀμφότεροι, καὶ εἴπερ ἀμφότεροι, καὶ ἑκάτερος• οὕτω δὴ καὶ εἴπερ ἐγὼ καλὸς καὶ σύ, καὶ ἀμφότεροι, καὶ εἴπερ ἀμφότεροι, καὶ ἑκάτερος ; Ἢ οὐδὲν κωλύει, ὥσπερ ἀρτίων ὄντων τινῶν ἀμφοτέρων τάχα μὲν ἑκάτερα περιττὰ εἶναι, τάχα δ' ἄρτια, καὶ αὖ ἀρρήτων ἑκατέρων ὄντων τάχα μὲν ῥητὰ τὰ συναμφότερα εἶναι, τάχα [303c] δ' ἄρρητα, καὶ ἄλλα μυρία τοιαῦτα, ἃ δὴ καὶ ἐγὼ ἔφην ἐμοὶ προφαίνεσθαι ; Ποτέρων δὴ τιθεῖς τὸ καλόν ; Ἢ ὥσπερ ἐμοὶ περὶ αὐτοῦ καταφαίνεται, καὶ σοί ; Πολλὴ γὰρ ἀλογία ἔμοιγε δοκεῖ εἶναι ἀμφοτέρους μὲν ἡμᾶς εἶναι καλούς, ἑκάτερον δὲ μή, ἢ ἑκάτερον μέν, ἀμφοτέρους δὲ μή, ἢ ἄλλο ὁτιοῦν τῶν τοιούτων. Οὕτως αἱρῇ, ὥσπερ ἐγώ, ἢ 'κείνως ;	Socrate. Or, Hippias, ces deux classes de qualités étant [303b] admises, dans laquelle juges-tu qu’il faille mettre la beauté ? Dans celle des qualités dont tu parlais ? Si je suis fort et toi aussi, disais-tu, nous le sommes tous deux. si je suis juste et toi aussi, nous le sommes tous deux. et si nous le sommes tous deux, chacun de nous l’est. De même, si je suis beau et toi aussi, nous le sommes tous deux. et si nous le sommes tous deux, chacun de nous l’est. Ou bien peut-il en être du beau comme de certaines choses qui, prises conjointement, sont paires, et, séparément, peuvent être ou impaires ou paires, ou comme de ces éléments qui, séparément, sont des nombres irrationnels et qui, réunis, peuvent être soit rationnels soit irrationnels ? Peut-il en être du beau comme de mille autres cas semblables [303c], que j’ai dit se présenter à mon esprit ? Dans quelle classe mets-tu le beau ? Penses-tu là-dessus comme moi ? Pour moi, il me semble qu’il serait très absurde qu’étant beaux tous les deux, chacun de nous ne le fût pas, ou que chacun de nous étant beau, nous ne le fussions pas tous deux ou toute autre chose du même genre. Es-tu du même sentiment que moi, ou d’un sentiment opposé ?       <br />
       Ἱππίας. Οὕτως ἔγωγε, ὦ Σώκρατες.	Hippias. Je suis du tien, Socrate.       <br />
       Σωκράτης. Εὖ γε σὺ ποιῶν, ὦ Ἱππία, ἵνα καὶ ἀπαλλαγῶμεν [303d] πλείονος ζητήσεως• εἰ γὰρ τούτων γ' ἐστὶ τὸ καλόν, οὐκ ἂν ἔτι εἴη τὸ δι' ὄψεως καὶ ἀκοῆς ἡδὺ καλόν. Ἀμφότερα μὲν γὰρ ποιεῖ καλὰ τὸ δι' ὄψεως καὶ ἀκοῆς, ἑκάτερον δ' οὔ• τοῦτο δ' ἦν ἀδύνατον, ὡς ἐγώ τε καὶ σὺ δὴ ὁμολογοῦμεν, ὦ Ἱππία.	Socrate. Tu fais bien, Hippias. cela nous épargne une plus longue recherche. [303d] En effet, s’il en est de la beauté comme du reste, le plaisir qui naît de la vue et de l’ouïe ne peut être beau, puisque la propriété de naître de la vue et de l’ouïe rend beaux ces deux plaisirs pris conjointement, mais non chacun d’eux séparément. ce qui est impossible, comme nous en sommes convenus toi et moi, Hippias.       <br />
       Ἱππίας. Ὁμολογοῦμεν γάρ.	Hippias. Nous en sommes convenus en effet.       <br />
       Σωκράτης. Ἀδύνατον ἄρα τὸ δι' ὄψεως καὶ ἀκοῆς ἡδὺ καλὸν εἶναι, ἐπειδή γε καλὸν γιγνόμενον τῶν ἀδυνάτων τι παρέχεται.	Socrate. Il est donc impossible que le plaisir qui a sa source dans la vue et l’ouïe soit beau, puisque, s’il était beau, il en résulterait une chose impossible.       <br />
       Ἱππίας. Ἔστι ταῦτα.	Hippias. Cela est vrai.       <br />
       Σωκράτης. « Λέγετε δὴ πάλιν, » φήσει, « ἐξ ἀρχῆς, ἐπειδὴ [303e] τούτου διημάρτετε• τί φατε εἶναι τοῦτο τὸ καλὸν τὸ ἐπ' ἀμφοτέραις ταῖς ἡδοναῖς, δι' ὅτι ταύτας πρὸ τῶν ἄλλων τιμήσαντες καλὰς ὠνομάσατε ; » Ἀνάγκη δή μοι δοκεῖ εἶναι, ὦ Ἱππία, λέγειν ὅτι ἀσινέσταται αὗται τῶν ἡδονῶν εἰσι καὶ βέλτισται, καὶ ἀμφότεραι καὶ ἑκατέρα• ἢ σύ τι ἔχεις λέγειν ἄλλο ᾧ διαφέρουσι τῶν ἄλλων ;	Socrate. « Puisque vous avez fait fausse route, répliquera notre homme [303e], dites-moi de nouveau l’un et l’autre quel est le beau qui se rencontre dans les plaisirs de la vue et de l’ouïe, et vous les a fait nommer beaux préférablement à tous les autres. » Il me parait nécessaire, Hippias, de répondre que c’est parce que de tous les plaisirs ce sont les moins nuisibles et les meilleurs, qu’on les prenne conjointement ou séparément. Ou bien connais-tu quelque autre différence qui les distingue des autres ?       <br />
       Ἱππίας. Οὐδαμῶς• τῷ ὄντι γὰρ βέλτισταί εἰσιν.	Hippias. Nulle autre. et ce sont en effet les plus avantageux de tous les plaisirs.       <br />
       Σωκράτης. « Τοῦτ' ἄρα, » φήσει, « λέγετε δὴ τὸ καλὸν εἶναι, ἡδονὴν ὠφέλιμον ; » Ἐοίκαμεν, φήσω ἔγωγε• σὺ δέ ;	Socrate. « Le beau, dira-t-il, est donc, selon vous, un plaisir avantageux. » Il semble bien, lui répondrai-je. Et toi ?       <br />
       Ἱππίας. Καὶ ἐγώ.	Hippias. Et moi aussi.       <br />
       Σωκράτης. « Οὐκοῦν ὠφέλιμον, » φήσει, « τὸ ποιοῦν τἀγαθόν, τὸ δὲ ποιοῦν καὶ τὸ ποιούμενον ἕτερον νυνδὴ ἐφάνη, καὶ εἰς τὸν πρότερον λόγον ἥκει ὑμῖν ὁ λόγος ; Οὔτε γὰρ τὸ ἀγαθὸν ἂν [304a] εἴη καλὸν οὔτε τὸ καλὸν ἀγαθόν, εἴπερ ἄλλο αὐτῶν ἑκάτερόν ἐστι. » Παντός γε μᾶλλον, φήσομεν, ὦ Ἱππία, ἂν σωφρονῶμεν• οὐ γάρ που θέμις τῷ ὀρθῶς λέγοντι μὴ συγχωρεῖν.	Socrate. « Or, poursuivra-t-il, l’avantageux est ce qui produit le bien, et nous avons vu que ce qui produit est différent [304a] de ce qui est produit : nous voilà retombés dans notre premier embarras. car le bien ne peut être le beau, ni le beau le bien, s’ils sont différents l’un de l’autre. » Nous en conviendrons assurément, Hippias, si nous sommes sages, parce qu’il n’est pas permis de consentement à quiconque dit la vérité.       <br />
       Ἱππίας. Ἀλλὰ δή γ', ὦ Σώκρατες, τί οἴει ταῦτα εἶναι συνάπαντα ; Κνήσματά τοί ἐστι καὶ περιτμήματα τῶν λόγων, ὅπερ ἄρτι ἔλεγον, κατὰ βραχὺ διῃρημένα• ἀλλ' ἐκεῖνο καὶ καλὸν καὶ πολλοῦ ἄξιον, οἷόν τ' εἶναι εὖ καὶ καλῶς λόγον καταστησάμενον ἐν δικαστηρίῳ ἢ ἐν βουλευτηρίῳ ἢ ἐπὶ ἄλλῃ [304b] τινὶ ἀρχῇ, πρὸς ἣν ἂν ὁ λόγος ᾖ, πείσαντα οἴχεσθαι φέροντα οὐ τὰ σμικρότατα ἀλλὰ τὰ μέγιστα τῶν ἄθλων, σωτηρίαν αὑτοῦ τε καὶ τῶν αὑτοῦ χρημάτων καὶ φίλων. Τούτων οὖν χρὴ ἀντέχεσθαι, χαίρειν ἐάσαντα τὰς σμικρολογίας ταύτας, ἵνα μὴ δοκῇ λίαν ἀνόητος εἶναι λήρους καὶ φλυαρίας ὥσπερ νῦν μεταχειριζόμενος.	Hippias. Mais toi, Socrate, que penses-tu de tout ceci ? Ce ne sont point là des discours, mais en vérité des raclures et des rognures de discours, hachés en morceaux, comme j’ai déjà dit. Ce qui est beau et vraiment estimable, c’est d’être en état de faire un beau discours en présence des juges, devant le Conseil, ou toute autre espèce de magistrats [304b], et de ne se retirer qu’après les avoir persuadés, remportant avec soi la plus précieuse de toutes les récompenses, la conservation de sa personne, et celle de ses biens et de ses amis. Voilà à quoi tu dois t’attacher, au lieu de ces vaines subtilités, si tu ne veux pas passer pour un insensé, en t’occupant, comme tu fais maintenant, de pauvretés et de bagatelles.       <br />
       Σωκράτης. Ὦ Ἱππία φίλε, σὺ μὲν μακάριος εἶ, ὅτι τε οἶσθα ἃ χρὴ ἐπιτηδεύειν ἄνθρωπον, καὶ ἐπιτετήδευκας ἱκανῶς, ὡς [304c] φῄς• ἐμὲ δὲ δαιμονία τις τύχη, ὡς ἔοικε, κατέχει, ὅστις πλανῶμαι μὲν καὶ ἀπορῶ ἀεί, ἐπιδεικνὺς δὲ τὴν ἐμαυτοῦ ἀπορίαν ὑμῖν τοῖς σοφοῖς λόγῳ αὖ ὑπὸ ὑμῶν προπηλακίζομαι, ἐπειδὰν ἐπιδείξω. Λέγετε γάρ με, ἅπερ καὶ σὺ νῦν λέγεις, ὡς ἠλίθιά τε καὶ σμικρὰ καὶ οὐδενὸς ἄξια πραγματεύομαι• ἐπειδὰν δὲ αὖ ἀναπεισθεὶς ὑπὸ ὑμῶν λέγω ἅπερ ὑμεῖς, ὡς πολὺ κράτιστόν ἐστιν οἷόν τ' εἶναι λόγον εὖ καὶ καλῶς καταστησάμενον περαίνειν ἐν δικαστηρίῳ ἢ ἐν ἄλλῳ [304d] τινὶ συλλόγῳ, ὑπό τε ἄλλων τινῶν τῶν ἐνθάδε καὶ ὑπὸ τούτου τοῦ ἀνθρώπου τοῦ ἀεί με ἐλέγχοντος πάντα κακὰ ἀκούω. Καὶ γάρ μοι τυγχάνει ἐγγύτατα γένους ὢν καὶ ἐν τῷ αὐτῷ οἰκῶν• ἐπειδὰν οὖν εἰσέλθω οἴκαδε εἰς ἐμαυτοῦ καί μου ἀκούσῃ ταῦτα λέγοντος, ἐρωτᾷ εἰ οὐκ αἰσχύνομαι τολμῶν περὶ καλῶν ἐπιτηδευμάτων διαλέγεσθαι, οὕτω φανερῶς ἐξελεγχόμενος περὶ τοῦ καλοῦ ὅτι οὐδ' αὐτὸ τοῦτο ὅτι ποτέ ἐστιν οἶδα. « Καίτοι πῶς σὺ εἴσῃ, » φησίν, « ἢ λόγον [304e] ὅστις καλῶς κατεστήσατο ἢ μή, ἢ ἄλλην πρᾶξιν ἡντινοῦν, τὸ καλὸν ἀγνοῶν ; Καὶ ὁπότε οὕτω διάκεισαι, οἴει σοι κρεῖττον εἶναι ζῆν μᾶλλον ἢ τεθνάναι ; » Συμβέβηκε δή μοι, ὅπερ λέγω, κακῶς μὲν ὑπὸ ὑμῶν ἀκούειν καὶ ὀνειδίζεσθαι, κακῶς δὲ ὑπ' ἐκείνου. Ἀλλὰ γὰρ ἴσως ἀναγκαῖον ὑπομένειν ταῦτα πάντα• οὐδὲν γὰρ ἄτοπον εἰ ὠφελοίμην. Ἐγὼ οὖν μοι δοκῶ, ὦ Ἱππία, ὠφελῆσθαι ἀπὸ τῆς ἀμφοτέρων ὑμῶν ὁμιλίας• τὴν γὰρ παροιμίαν ὅτι ποτὲ λέγει, τὸ « χαλεπὰ τὰ καλά, » δοκῶ μοι εἰδέναι.	Socrate. O mon cher Hippias, tu es heureux de connaître les choses dont un homme doit s’occuper, et de t’en être occupé à fond, comme tu dis. [304c] Pour moi, victime de quelque mauvaise destinée, je suis toujours dans le doute et l’incertitude. et lorsque je fais part de mon embarras a vous autres, sages, vous me couvrez d’insultes, après que je vous ai exposé mon état. Vous me dites tout ce que je viens d’entendre de ta bouche, que je m’occupe de sottises, de minuties, de misères. et quand, convaincu par vos raisons, je dis, comme vous, qu’il est bien plus avantageux de savoir faire un beau discours devant les juges ou devant toute autre assemblée, j’essuie toutes sortes de reproches de plusieurs citoyens de cette ville, [304d] et en particulier de cet homme qui ne cesse de me réfuter : car il m’appartient de fort près, et il demeure dans la même maison que moi. Lors donc que je suis de retour chez moi, et qu’il m’entend tenir un pareil langage, il me demande si je n’ai pas honte de parler de belles occupations tandis qu’il m’a prouvé jusqu’à l’évidence que j’ignore ce que c’est que le beau. « Pourtant, ajoute-t-il, comment sauras-tu [304e] si quelqu’un a fait ou non un beau discours ou une belle action quelconque, si tu ignores ce que c’est que le beau ? Et tant que tu seras dans un pareil état, crois-tu que la vie te soit meilleure que la mort ? » Je suis donc, comme je disais, accablé d’injures et de reproches et de ta part et de la sienne. Mais enfin peut-être est-ce une nécessité que j’endure tout cela. il ne serait pas impossible après tout que j’en tirasse du profit. Il me semble du moins, Hippias, que ta conversation et la sienne ne m’ont point été inutiles, puisque je crois y avoir appris le sens du proverbe : les belles choses sont difficiles.       <br />
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   <title>Enseignement</title>
   <pubDate>Fri, 04 Mar 2011 19:31:00 +0100</pubDate>
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   <dc:creator>Josette Casanova</dc:creator>
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   La Philosophie avant la classe de terminale     <div>
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              <br />
       <a class="link" href="http://www.eduscol.education.fr/cid55088/-philosophie-au-lycee-avant-la-classe-terminale-appel-a-projets.html">La Philosophie  au Lycée avant la classe de Terminale- Appel à Projet</a>       <br />
       
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   <title>Enseignement</title>
   <pubDate>Fri, 04 Mar 2011 19:20:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Josette Casanova</dc:creator>
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   La Philosophie au Lycée avant la classe de terminale     <div>
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