Théâtralisation d'événements comptables



I. Description de l’expériencePoint de départ :L’idée de cette expérience est née de la volonté d’aborder d’une manière différente le programme de gestion, d’aider les élèves à prendre du recul par rapport à certaines connaissances de manière à leur faire assimiler plus facilement ces notions. Le moyen envisagé est de les faire participer davantage et d’une manière originale en intégrant à l’enseignement un moyen d’expression aux nombreux avantages : le théâtre.Les effets de l’expérience ne devraient pas se limiter à la simple assimilation de savoirs. La pratique du théâtre devrait les aider à prendre de l’assurance à l’oral et ainsi les préparer à leur épreuve pratique.Déroulement de l’expérience :Etapes passées (année 2002-2003) : choix des sujets et début de la rédaction04 février 2003 : lancement- présentation du projet aux élèves- découverte de deux sketchs de Jean-Michel RIBBES afin de donner aux élèves un aperçu de ce que peut être l’univers théâtral, son humour décalé, la structure d’une scène05 février 2003 : recherche de scénarii- constitution de 4 groupes d’élèves- consignes pour le choix des 4 sujets :ü Le thème doit être en rapport avec un acte de gestion. Exemple : relation achat/vente, facturation, charges de personnel…ü introduction d’une « dimension » théâtrale par le biais de l’absurde, choix d’un objet ou d’une situation insolite- 4 sujets se dégagent :ü achat de pièces automobiles neuves et garanties mais cassées ;ü quiproquos autour d’un entretien d’embauche ;ü achat d’un droit à la stupidité ;ü négociations entre Dieu et le Diable autour de l’achat de temps.13 février 2003 : formalisation des sujets- présentation mutuelle des thèmes : nous constatons que les quatre scènes peuvent éventuellement s’enchaîner et faire l’objet d’une même pièce.- rédaction d’une fiche de synthèse par groupe (modèle en annexe)04 mars 2003 : début de la rédaction des scènesEtapes à venir (année 2003-2004) : rédaction des saynètes et mise en forme théâtrale- rédaction des saynètes : modalités à déterminer (cf. II. Analyse)- prise de contact avec Jean-François PERRONE, intervenant en tant que formateur au sein de la compagnie I Chjachjaroni- découverte du jeu théâtral par le biais d’improvisations sur les thèmes choisis par les élèves- répétitions puis représentation de la pièce devant public à déterminerLes improvisations et répétitions auront lieu à l’Usine à Liège, route du port, Porto-Vecchio, lieu de travail de la compagnie. II. Analyse de l’expérienceCette expérience étant destinée à s’étaler sur deux années scolaires, ce bilan provisoire concerne uniquement la première étape de la démarche. Celle-ci concerne 12 élèves de première STT option gestion et s’est déroulée au lycée pendant les TD de gestion et informatique. Cette expérience se poursuivra avec les mêmes élèves, qui seront alors en terminale STT Comptabilité, auxquels s’ajouteront les éventuels redoublants.Je vais donc m’attarder sur l’analyse des points positifs tirés de l’expérience, mais également sur les difficultés rencontrées, avant d’évoquer les perspectives pour la prochaine année scolaire.Points positifsTout d’abord, les élèves ont d’emblée réservé un accueil favorable à ce projet. Bien sûr, l’idée d’intégrer le théâtre et de devoir jouer n’a pas réjoui tout le monde. L’expérience du théâtre implique un dépassement de ses timidités et inhibitions personnelles.Lors de la première séance, j’ai voulu faire découvrir deux textes comiques à ces élèves et ai donc demandé des volontaires pour les lire devant la classe. Ceux-ci étaient rares car c’était leur première expérience de ce genre, il y avait un peu de gène et j’ai dû désigner les lecteurs. Certains élèves ont poliment refusé, d’autres se sont prêtés au jeu plus volontiers.Lors de la recherche des sujets, la gène avait disparu et le travail de groupe a été efficace et très constructif. Les imaginations se sont déliées et j’ai assisté à un vrai travail de création et d’échange. Les élèves ont non seulement trouvé des sujets insolites mais ont également fait le lien avec les matières enseignées (gestion, communication, droit).Lors de la phase d’écriture, phase la plus difficile à orienter, les élèves ont pu laisser libre cours à leur humour. Le point positif que je retirerai de cette séance est que les élèves ont pu s’exprimer différemment, révéler l’originalité de leur personnalité, se sont sentis plus à l’aise donc mieux disposés selon moi à recevoir et assimiler des connaissances.Difficultés rencontréesLes difficultés étaient prévisibles. Elles concernent l’expression écrite et la prise de recul par rapport aux connaissances techniques.La rédaction est un exercice difficile en soi. Elle l’est d’autant plus quand c’est un travail collectif et concernant une structure de texte bien particulière : une scène de théâtre. Faire appel à la collaboration de leur professeur de français aurait pu être un moyen de contourner cette difficulté mais cela aurait demandé une concertation préalable, aurait certainement débouché sur un travail long et lourd à gérer pour le professeur de français qui devait avant tout les préparer à leur épreuve anticipée de français.En ce qui concerne le contenu technique des écrits, il était inexistant au moment où j’ai arrêté la première étape. Il pourrait apparaître progressivement si j’imposais des contraintes très précises sur les notions à intégrer mais je pense là encore que ce travail serait long, fastidieux et n’apporterait pas satisfaction. Les élèves, je crois, ne disposent pas du recul nécessaire pour manipuler ces notions comme j’en avais l’ambition.Pour conclure provisoirement cette expérience, je dirais qu’elle a été enrichissante et que la suite le sera sûrement plus encore. L’erreur que j’ai commise cette année a été je crois d’inverser deux étapes. La rédaction de saynètes était un exercice prématuré, trop ambitieux. C’est pourquoi nous poursuivrons cette expérience par des exercices d’improvisation sur les thèmes abordés dès la rentrée scolaire et c’est de là que nous tenterons de dégager des situations et de les mettre par écrit. La création est plus facile en situation de jeu. Le produit fini sera donc au mieux une pièce écrite à partir d’improvisations ou sinon restera à l’état d’improvisations, ce qui aura au moins l’avantage de les faire travailler leur communication orale, corporelle, leur sens de l’écoute… autant de qualités sur lesquelles je reviendrai dans l’analyse définitive de cette expérience.

     

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