Les vœux de Julie Benetti, rectrice de la région académique de Corse



Les vœux de Julie Benetti, rectrice de la région académique de Corse
"Je voudrais adresser à chacun d'entre vous comme à ceux qui vous sont chers, mes vœux les plus chaleureux de bonne santé, de bonheur et de succès pour cette année nouvelle. " - Julie Benetti

Le vendredi 17 janvier 2020, la rectrice conviait les personnels du rectorat, des inspections académiques, d'encadrement et de direction, à la cérémonie des vœux qui avait lieu en salle Pierre Dumontet au rectorat. De nombreux partenaires institutionnels étaient également présents.

"Je tiens beaucoup à l'idée de cette communauté que nous formons. Cette solidarité, cette attention de chacun pour tous est essentielle dans un monde qui aurait tendance à plutôt cultiver la défense d'intérêts particuliers que celle du bien commun. Cette recherche du bien commun qui fait justement le sens et l'honneur de la mission de tous les personnels de l'Éducation nationale. Et c'est fort de cette énergie collective, de la pleine implication de chacun, que nous relèverons cette année encore les grands défis de notre politique éducative.

C'est tout d'abord la priorité donnée au premier degré et à la transmission des savoirs fondamentaux, à travers la poursuite du dédoublement des classes de grande section en éducation prioritaire mais aussi la diminution du nombre d'élèves par classe en grande section, en CP et en CE1 hors éducation prioritaire. J'ai pris connaissance avec beaucoup d'intérêt et autant de satisfaction des premiers résultats des évaluations qui montrent qu'avec le dédoublement des classes en éducation prioritaire, nos élèves rattrapent en l'espace d'une année le retard qui était le leur, à l'entrée en CP.

Autre priorité, c'est naturellement l'accompagnement des élèves en situation de handicap. Avec la mise en place depuis cette rentrée, dans chaque DSDEN (direction des services départementaux de l'Éducation nationale) d'un service public de l'école inclusive. Nous sommes la deuxième académie de France dans la prise en charge des élèves en situation de handicap. Nous couvrons même, depuis ce mois-ci, l'intégralité des besoins d'accompagnement des élèves en situation de handicap. Aucune autre académie de France n'a réussi à relever ce défi.

La réussite de la réforme du baccalauréat général et technologique, et celle de la voie professionnelle, un beau défi ! Pour que nos jeunes construisent leur liberté future et s'épanouissent dans l'enseignement supérieur, comme dans leur vie professionnelle. Faut-il rappeler que depuis des années, nous avons près de 90% de nos élèves qui réussissent. Ce sont les mêmes qui pour 60% d'entre eux échouent en licence. L'ancien baccalauréat ne préparait pas suffisamment nos élèves aux exigences et aux attendus de l'enseignement supérieur. Et c'est tout l'enjeu de cette réforme précisément que d'élever à la fois le niveau général de compétences, à travers le socle d'enseignement commun en première et en terminale, mais aussi permettre à chaque élève de commencer à exercer une part de liberté, à travers le choix des enseignements de spécialité. Nous avons veillé dans notre académie à ce que tous les lycées, quelle que soit leur localisation, quel que soit le nombre d'élèves scolarisés, puissent proposer les sept spécialités les plus classiques. Nous avons également incité les établissements à ouvrir les spécialités rares, dès lors qu'ils disposaient naturellement des personnels enseignants, mais également des équipements le cas échéant. Et dans la mesure où ces spécialités rares permettent de conforter une identité pour chacun des établissements de l'académie de Corse. Et ce dont je me réjouis tout particulièrement, c'est que nos élèves ont déconstruit les anciennes séries. À la rentrée 2018, nous avions près de la moitié de nos élèves qui avait choisi une filière scientifique. Ils sont moitié moins dès cette rentrée 2019 à avoir reconstitué l'ancienne série scientifique, par le choix des trois spécialités scientifiques. Autrement dit, nos élèves ont bien compris le sens de cette réforme qui est de construire un parcours progressif qui soit en phase avec leurs aspirations, avec leurs compétences, avec leurs goûts. C'est réintroduire le goût de l'apprentissage, le plaisir de l'apprentissage en ayant toujours à l'esprit que l'on réussit dans ce que l'on aime le mieux. Cette réforme, même si elle suscite des inquiétudes et elles sont bien compréhensibles, est profonde et d'ampleur. Elle va dans le sens de cette personnalisation des parcours. Elle permet aussi la valorisation du contrôle continu. On ne pouvait pas être en France une singularité européenne par rapport à l'ensemble des autres pays qui pratiquent le contrôle continu dans le cadre de l'examen de sortie d'études secondaires. Le contrôle continu permet de valoriser le travail, les efforts et les progrès des élèves tout au long de l'année de première et de terminale.

Autre priorité, c'est la lutte contre le décrochage scolaire. Parce que l'académie de Corse ne peut pas être réduite aux résultats de ses élèves au baccalauréat, si bons soient ces résultats. Parce que l'académie de Corse ne peut pas non plus être réduite à être la meilleure académie de France, et je le dis sans aucune difficulté, car nous avons placé quatre de nos lycées parmi les vingt premiers lycées publics de France. Rapporté au nombre d'établissements de notre académie, cela fait de nous la première académie de France et pourtant la plus petite académie de France par ses effectifs. La Corse, ce sont aussi des élèves fragiles qu'il faut inciter à la persévérance scolaire. Qu'il faut inciter à poursuivre leurs études jusqu'à l'obtention d'un diplôme, d'une formation, d'une qualification qui corresponde à leur projet professionnel. C'est la raison pour laquelle je souhaite faire de cette lutte contre le décrochage scolaire, en lien avec tous nos partenaires, à commencer tout naturellement par la Collectivité de Corse dans le cadre de l'obligation de formation des 16-18 ans ou avec les missions locales, une priorité absolue de notre académie pour l'année qui vient.

Autre priorité, c'est la défense de l'école rurale qui, vous le savez, est une politique forte, constante, déterminée de l'académie de Corse. Elle est illustrée de manière tout à fait significative par l'ouverture d'une école à Valle d'Alesani en Haute-Corse, à la rentrée dernière pour un effectif de huit élèves. Nous sommes la seule académie de France à avoir rouvert une école dans le rural. C'était la dernière école qui avait été fermée. C'est la première école que nous avons rouverte. Nous continuerons de faire en sorte que la carte scolaire soit un levier pour lutter contre la désertification rurale et conforter ou renforcer l'attractivité de nos villages. Je sais que Madame Frantz et Monsieur Mendivé, nos deux directeurs académiques, y veillent tout particulièrement. Nos territoires sont une chance et ils méritent toute notre attention.

Autre priorité, là encore c'est une constante de notre académie, la promotion de l'enseignement de la langue et de la culture corses que nous devons porter, avec la création de la spécialité mais aussi à la faveur de toutes les opportunités offertes par la réforme du baccalauréat, au plus haut niveau sur le terrain pédagogique et didactique. Je rappelle que dans le cadre de la réforme du baccalauréat général, tout élève, quels que soient son profil et son orientation, peut désormais choisir de suivre un enseignement de la langue corse en deuxième langue vivante, en option, mais aussi en spécialité avec un coefficient 16 (c'est-à-dire 16 % de la note finale du baccalauréat). Un élève peut aussi, en plus, suivre un enseignement en langue corse d'une autre discipline, à savoir l'enseignement scientifique et l'histoire-géographie, dans le cadre du tronc des enseignements communs. Enfin, un élève peut également choisir d'adosser le grand oral à la spécialité de langue corse ; autrement dit, de présenter pour partie ce grand oral en langue corse avec une thématique qui ferait naturellement le lien avec la spécialité "Langue, littérature et culture régionale". C'est notre académie qui a ouvert la voie. Le premier arrêté fixant la liste des spécialités ne mentionnait pas la spécialité "Langue, littérature et culture régionale". Nous l'avons obtenue. J'ai porté cette demande auprès du Ministre. Et, obtenant cette spécialité "Langue, littérature et culture corse", nous en faisons profiter l'ensemble des langues régionales de France. Je rappelle que l'enseignement de la langue corse bénéficie chaque année d'un budget de 10 millions d'euros pour l'Éducation nationale. C'est aujourd'hui la langue qui est la plus soutenue, la plus accompagnée et que nous devons valoriser. Et, j'y insiste, porter au plus haut.

Enfin, la dernière priorité sans laquelle il n'y a pas d'École de la république, c'est évidemment la défense des valeurs de notre république : la liberté, l'égalité, la fraternité. La défense de l'École de la république, celle de Condorcet et celle de Jean Zay. J'ai l'habitude de dire, parce que je le crois profondément, que tous les personnels de l'Éducation nationale sont des enfants de Condorcet. Parce que tous les personnels de l'Éducation nationale croient intimement au fait qu'il n'y a pas d'égalité des droits sans un réel accès aux savoirs.

Tous nos objectifs n'en poursuivent en réalité qu'un seul : élever le niveau général de compétences au service de la justice sociale. C'est ce à quoi le Ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse s'emploie depuis juin 2017. Le creusement des inégalités n'est pas une fatalité. Et la première mission de l'École est évidemment d'aider à les résorber. Cette ambition est portée par le dévouement de chaque personnel de l'Éducation nationale mais aussi de nos partenaires. Je suis très sensible à la présence de plusieurs d'entre eux aujourd'hui.

La réussite de nos élèves est le cœur de notre métier, comme l'École doit être au cœur de notre projet de société. Ce projet d'une société qui nous réunit et qui doit être fondé sur les valeurs de liberté, de solidarité. Cette École qui doit sensibiliser les élèves au vouloir vivre ensemble comme aux grands enjeux du monde, car ce sont eux demain qui le façonneront.

Le cap est fixé et nous n'en varierons pas, dans l'intérêt de notre système éducatif et dans l'intérêt de notre jeunesse.

Je vous renouvelle tous mes vœux de bonne et heureuse année. Paci è Saluta !"


>> La salle Pierre Dumontet est embellie des travaux d'élèves de la CPES-CAAP (Arts) du lycée G. Clémenceau de Sartène. En savoir plus sur leur exposition actuelle dans les locaux du rectorat, ouverte à tous les usagers.

Les vœux de Julie Benetti, rectrice de la région académique de Corse

Mercredi 22 Janvier 2020
     

Rectorat de l'académie de Corse
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