La commémoration du souvenir de Guy Môquet le 22 octobre 2007.

Les lycées et certains collèges de l'académie de Corse vont commémorer le souvenir de Guy Môquet, élève résistant du lycée Carnot, arrêté à 16 ans en octobre 1940, puis fusillé le 22 octobre 1941. Individuelle ou collective, nationale et européenne, la mémoire de la Seconde Guerre Mondiale est encore aujourd'hui une condition de vivre ensemble.



A la mémoire de Guy Môquet

Guy Môquet et ses 26 compagnons, fusillés pour avoir été attachés à la liberté au point de sacrifier leur propre vie pour défendre celle des autres, constituent un formidable exemple pour les jeunes d'aujourd'hui.
La dernière lettre de Guy Môquet, poignante, envoyée à sa mère à la veille de sa mort, est emprunte de courage, sens du devoir, dévouement et don de soi:

"Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous.
Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cur d'enfant. Courage!
Votre Guy qui vous aime.
Guy
Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"



Par la lecture de cette lettre devant les lycéens (et collégiens), en classe ou en grand groupe ("Bulletin officiel encart n°30 du 30 août 2007"), les élèves seront sensibilisés à l'histoire de la Seconde Guerre Mondiale, ses drames, l'idéologie nazie et la résistance des hommes. Les thèmes de la mémoire de la Seconde Guerre Mondiale, d'autant par cette commémoration, pourront être abordés dans les programmes d'enseignement notamment d'histoire, de Lettres, de Philosophie.

Il est également à rappeler que chaque année l'Education Nationale met en place le Concours National de la Résistance et de la Déportation.
"Le Concours National de la Résistance et de la Déportation 2008" porte spécifiquement sur "l'aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant la Seconde Guerre Mondiale: une forme de résistance".

Un événement particulier pour l'académie de Corse.

L'académie de Corse a souhaité sensibiliser également ses élèves à la Résistance par la lecture le 22 octobre 2007 de la dernière lettre du patriote Charles Bonafedi, et par la diffusion dun DVD réalisé par le collège Laetitia Bonaparte dAjaccio en 2003 sur Itinéraire de dix jeunes corses en Résistance.

Raflé par les carabiniers le 6 juillet 1943, Charles Bonafedi, qui n'a alors que dix-sept ans, est déporté en Autriche dans le camp de Wolsberg. Le 25 août 1944 il écrit à ses parents:

"Mes très chers parents,
Je vous écris à tout hasard car je ne sais si ma lettre vous parviendra. Enfin, vous saurez quavant de partir jai pensé à vous.
Demain à une heure de laprès-midi, je pars... Ici une ressource soffre à moi: ne pouvant combattre aux côtés des Français, je vais rejoindre les patriotes slaves. Si vous restez longtemps sans nouvelle de moi ne désespérez pas car sil marrivait malheur vous seriez prévenus: mais si cela arrivait ne me pleurez pas, je serais mort en tâchant de faire mon devoir.
Jai vu, Papa, les sacrifices que tu as consentis pour menvoyer à lécole.
Si je vais combattre cest pour que dautres papas naient pas besoin de se saigner pour élever leurs enfants. Cest pour que tout le monde travaille dans un monde de paix et de prospérité. Si je tombe, dautres resteront et finiront notre oeuvre. Maman, ne te fais pas de mauvais sang. Ton fils, vois-tu, va lutter pour que les futures mamans naient plus peur pour leur gosse. Sois courageuse comme jessaie de lêtre en ce moment: je ne veux pas pleurer, non, cest mon devoir que je vais faire.
Paulo, toi mon frère, nabandonne pas papa et maman. Console maman surtout. Tâche de lui faire comprendre que je devais faire cela.
Embrasse tous nos parents et saluez tous les camarades et les voisins.
Jai le ferme espoir de retourner et alors nous pourrons faire la fête.
Courage à tous!
Si vous recevez la nouvelle de ma mort, plantez une croix à côté de la tombe de Jules Mondoloni."


1945, c'est la fin de la guerre.
Le 2 mars 1945, à coups de notes lentes et tristes, le glas annonçat la mort de Charles Bonafedi et endeuilla, le village de Petreto-Bicchisano et ses hameaux alentour. La dernière volonté du jeune combattant de la liberté pouvait maintenant être exaucée.
On planta une croix à côté du mausolée de Jules Mondoloni, grand résistant abattu par les fascistes à Ajaccio.

Des établissements particulièrement engagés, en partenariat avec le CRDP de Corse.

Au lycée professionnel Jules Antonini d'Ajaccio:
A 10 heures, tous les professeurs de l'établissement liront dans leur classe la lettre de Guy Môquet, puis celle de Charles Bonafedi, afin de privilégier échanges et prise de conscience.
Un groupe plus particulier d'élèves qui ont déjà travaillé sur les thématiques de la Seconde Guerre Mondiale, liront les deux lettres au CDI en présence du député Camille de Rocca-Serra, de l'historien Paul Silvani et d'une résistante.
Il faut savoir que le lycée Antonini s'engage précisément dans le devoir de mémoire avec ses élèves: actuellement l'établissement propose une exposition sur la citoyenneté et au printemps prochain, se concrétisera, après un an de préparation avec les élèves, un voyage à Auschwitch.

Au collège Arthur Giovoni d'Ajaccio:
Tous les élèves de troisième du collège seront regroupés dans le grand hall de l'établissement à 11 heures. Le député Simon Renucci lira la lettre de Guy Môquet, et la comédienne Charlotte Arrighi la lettre de Charles Bonafedi.
Seront également lus le poème "La rose et le réséda" de Louis Aragon et le poème "Tistamentu pa dumani" de Rinatu Coti.

Au lycée Laetitia Bonaparte d'Ajaccio:
A 14 heures, l'ensemble des élèves de l'établissement sera regroupé dans la cour intérieure, où la chorale des élèves de l'établissement chanteront Marseillaise et chants des partisans.
Puis les élèves de l'atelier théâtre liront les lettres de Guy Môquet et de Charles Bonafedi. Egalement seront lus les poèmes de Louis Aragon et de Rinatu Coti.
A 15 heures, la classe de théâtre travaillera autour du poême de Louis Aragon et les élèves d'une classe de langue corse autour du poème de Rinatu Coti, l'auteur, qui les assistera.

Au lycée professionnel Fred Scamaroni de Bastia:
A 10 heures, le sénateur François Vendasi, en présence de l'inspecteur d'académie de Haute-Corse Michel Reymondon, se rendra dans la classe de Mme Giordano, pour la lecture par un élève de la lettre de Guy Môquet, puis celle de Charles Bonafedi.
A 11 heures, la radio du lycée organise les interviews de plusieurs anciens combattants et résistants.

Jeudi 1 Janvier 1970
     

Rectorat de l'académie de Corse
Boulevard Pascal Rossini
BP 808
20192 Ajaccio CEDEX 4

Tél : +33 (0)4 95 50 33 33
Fax : +33 (0)4 95 51 27 06
Nous contacter

Horaires d'ouverture au public :
du lundi au vendredi
de 9h30 à 11h30
et de 14h30 à 16h
Enquête : «qualité de l'accueil»