L'académie de Corse engage une réflexion collective sur les violences faites aux femmes dans notre société



L'académie de Corse engage une réflexion collective sur les violences faites aux femmes dans notre société
Le lundi 25 novembre, à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, un texte était lu à 9h dans chaque classe de tous les collèges et lycées de l’académie de Corse.

Pour cette occasion, la rectrice Julie Benetti, accompagnée de la préfète Josiane Chevalier, est allée à 9h au lycée professionnel du Finosello (Ajaccio).

Le texte choisi est tiré de l’extrait « Chère Ijeawele », publié en 2017 de Chimamanda Ngozi Adichie. Il rappelle le primat de l’éducation dans la promotion de l’égalité et l’émancipation des jeunes filles de toutes les représentations et assignations attachées à leur sexe. Ce texte a été étudié dans chaque classe pour engager une réflexion collective sur les violences faites aux femmes dans notre société.

Cette action pédagogique, propre à l’académie de Corse, a été conduite en partenariat étroit avec la Délégation régionale aux droits des femmes et à l’égalité.

"La question de la violence faite aux femmes vous semble-t-elle d'actualité en France aujourd'hui ? En quoi l'éducation permet-elle de combattre cette violence? Que changeriez-vous à la situation des femmes dans la société?", ce sont autant de sujets de discussion qui ont pu être débattu dans les établissements scolaires de l'académie en ce jour symbolique du 25 novembre.

Le texte « Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe » (2017) de Chimamanda Ngozi Adichie

"Apprends-lui à ne pas se soucier de plaire. Elle n'a pas à se rendre aimable mais à être pleinement elle-même, une personne sincère et consciente que les autres sont humains autant qu'elle. Souviens-toi, je t'ai raconté à quel point cela me contrariait que notre amie Chioma me dise régulièrement que telle ou telle chose que j'avais l'intention de dire ou de faire n'allait pas "plaire" aux gens. J'ai toujours ressenti de sa part une pression silencieuse pour me changer, afin de correspondre à un certain moule qui serait au goût d'une vague entité nommée "les gens". Cela me contrarirait parce que nous voudrions que nos proches nous encouragent à être vraiment nous-mêmes, sans tricher.

Ne fais jamais peser, je t'en prie, ce genre de pression sur ta fille. Nous apprenons aux filles à être aimables, gentilles, hypocrites. Et nous n'apprenons pas la même chose aux garçons. C'est dangereux. Tant de prédateurs sexuels en ont tiré parti. Nombre de filles gardent le silence alors qu'on abuse d'elles parce qu'elles veulent se montrer gentilles. Nombre de filles perdent leur temps à essayer d'être "gentilles" avec des gens qui leur font du mal. Nombre de filles pensent aux "sentiments" de ceux qui sont en train de les blesser. C'est la conséquence catastrophique du souci de plaire. Nous vivons dans un monde rempli de femmes incapables de respirer librement parce qu'on les a conditionnées depuis si longtemps à se contorsionner pour s'efforcer de se rendre aimables."


Reportage diffusé au JT du 13h de TF1


Lundi 2 Décembre 2019
     

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