Julie Benetti, Rectrice de l'académie de Corse, invitée du Corsica Sera de France 3



Ce jeudi 5 septembre, Julie Benetti était l'invitée du journal télévisé de France 3. Cet entretien a été l'occasion d'évoquer les nouveautés de la rentrée : la réouverture de l'école rurale de Valle d'Alesani qui accueille 8 élèves, l'instruction obligatoire à l'âge de 3 ans et les enseignements de spécialité suivis par les élèves de première dans le cadre de la réforme du baccalauréat.
Julie Benetti, Rectrice de l'académie de Corse, invitée du Corsica Sera de France 3

Entretien à visionner sur le site de France 3 Corse ViaStella > Corsica Sera


Retranscription de l'échange avec Stéphane USCIATI, journaliste et présentateur du Corsica Sera

Stéphane USCIATI, journaliste - En cette fin de semaine de rentrée scolaire, quel est le premier bilan que l’on peut tirer ? La rectrice de Corse, Julie Benetti est notre invitée ce soir. On vient de le voir, la réouverture de cette école suscite un véritable enthousiasme. Comment cela a-t-il été possible et d’autres ouvertures sont-elles envisageables ?

Julie BENETTI, Rectrice - La réouverture de cette école à Valle d’Alesani avec, vous l’avez rappelé, un effectif de 8 élèves, est tout à fait emblématique de cette politique que nous conduisons dans l’académie de Corse en faveur de l’école en milieu rural. Et nous trouvons évidemment l’appui des maires concernés dont le concours est toujours très précieux.

Stéphane USCIATI - Cette ouverture a été possible malgré la faiblesse de l’effectif ?

Julie BENETTI - Tout à fait. Et je voudrais évidemment saluer cette réouverture. Alors évidemment, ce n’est pas un cas inédit mais tout de même, c’est exceptionnel qu’une école réouvre dans le rural avec un effectif de 8 élèves, vous l’avez dit. Et d’une manière générale, notre académie fait beaucoup pour les écoles dans le rural puisque la moitié de nos écoles sont des écoles de village qui comptent une à trois classes. Et nous déployons des moyens très importants au soutien de l’école dans le rural pour faire en sorte qu’à travers le service public de l’Éducation nationale, nous puissions lutter contre la désertification.

Stéphane USCIATI - Cette rentrée a été marquée dans le primaire par une nouveauté, c’est la scolarisation dès l’âge de 3 ans. Cette mesure s’est-elle passée dans de bonnes conditions ? Et avec quels moyens ?

Julie BENETTI – Dans de très bonnes conditions. Nous avons accueilli cette année 500 élèves de plus par rapport à l’année dernière dans les écoles maternelles de notre académie. Aussi bien d’ailleurs en petite section, qu’en moyenne section ou en grande section. Cette mesure dit l’importance du rôle de la maternelle pour les élèves, les enjeux qui s’attachent à la scolarisation des plus jeunes s’agissant notamment de l’acquisition du langage. L’abaissement de la scolarité obligatoire à l’âge de 3 ans, c’est l’entrée en confiance à l’école et dans les apprentissages.

Stéphane USCIATI – Alors, vous restez avec nous parce qu’à l’autre bout de ce parcours scolaire, l’autre nouveauté c’est du bac, acte 1. C’est avec ces élèves de Première que débute donc cette nouvelle forme de baccalauréat. [...] Julie BENETTI, juste un rappel. Les taux de réussite au baccalauréat sont déjà importants. Que peut apporter de plus cette réforme ?

Julie BENETTI – L’objectif de cette réforme n’est pas d’obtenir de meilleurs résultats au baccalauréat. L’objectif de cette réforme est que le baccalauréat prépare nos élèves à la réussite dans l’enseignement supérieur. Aujourd’hui, vous l’avez rappelé, nous avons un taux de réussite de 90% au baccalauréat, mais 60% d’échec en licence. Il faut que le lycée, les trois années de lycée, puissent préparer nos élèves à cette réussite dans l’enseignement supérieur. A travers non seulement un tronc d’enseignements communs pour renforcer la culture générale nécessaire à cette réussite dans l’enseignement supérieur. Mais également à travers le choix d’enseignements de spécialité pour que chaque élève puisse construire un parcours qui soit propre, qui soit en phase avec ses goûts et ses aspirations. Bien plus que les trois anciennes séries.

Stéphane USCIATI – Comment être certain de la valeur de ce diplôme, qu’il soit le même à Ajaccio, à Bastia, Paris, Marseille ou ailleurs ?

Julie BENETTI – Le diplôme du bac reste naturellement un diplôme national. Ce à quoi nous avons veillé tout particulièrement dans l’académie, c’est que cette réforme du baccalauréat soit une occasion pour les lycées du rural notamment, de pouvoir renforcer leur attractivité, de pouvoir construire ou conforter une identité à travers d’abord, les spécialités classiques, qui sont ouvertes dans tous les établissements de l’académie, sans exception ; mais également, à travers le choix d’enseignements de spécialités rares comme par exemple, le numérique sciences informatiques ou les sciences de l’ingénieur. Autrement dit, nous avons veillé à une parfaite équité de traitement entre les lycées du rural et les lycées de centre-ville pour que cette réforme soit l’occasion justement que tous les élèves puissent avoir accès à un enseignement de qualité, en phase avec ses projets, quel que soit son établissement.

Stéphane USCIATI – Rapidement, on vient de souligner les bons résultats au baccalauréat de l’académie de Corse. Il y a des statistiques qui sont moins bonnes, elles, et concernent notamment le décrochage scolaire, les jeunes de moins de 25 ans qui sortent sans diplôme.

Julie BENETTI – Alors, vous avez raison, nous avons un taux de poursuite dans les études supérieures qui n’est pas suffisamment élevé à ce jour. Nous avons également un taux de décrochage qui se situe autour de 9%. Personne ne peut se satisfaire d’un tel taux. Cela étant, je veux relever d’abord que ce taux est en décrue régulière depuis plusieurs années. Je veux également rappeler qu’il y a une récente étude du Ministère de l’Éducation nationale et qui a montré que l’académie de Corse figure parmi les premières académies où le taux d’espérance pour un élève de 6ème d’obtenir son baccalauréat est le plus élevé. Et ces bons résultats qui ne sont pas encore suffisants mais en tous les cas, cette tendance très positive, elle est le fruit d’une mobilisation collective de nos personnels dans les établissements. A titre d’exemple, nos proviseurs ont invité, incité, les élèves qui avait échoué au baccalauréat de la dernière session à bénéficier du droit à pouvoir être réinscrit dans leur établissement d’origine en Terminale, en conservant le bénéfice des notes égales ou supérieures à 10.

Stéphanie USCIATI – Julie BENETTI, merci d’avoir été notre invitée dans ce Corsica Sera.

Vendredi 6 Septembre 2019
     

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