Des démarches d'aides aux élèves en grande difficulté au collège



Un projet commun, des réponses différentes, mais ici et là la volonté de réussir et de faire reprendre aux enfants confiance dans leurs possibilités propres de réussite. Nous remercions les équipes de professeurs d’avoir accepté de " rendre-compte ", de nous livrer leurs espoirs, leurs échecs, et parfois même quelque chose de leurs " bonheurs pédagogiques " au travers de récits qui ne rendent jamais complètement justice de l’énergie investie. 1 - Au collège Laetitia BONAPARTE____________________________PrésentationCe document a été établi à partir d’une fiche descriptive du travail réalisé par une équipe d’enseignants au collège Laetitia BONAPARTE. Son objet n’était donc pas de proposer une analyse pédagogique. Nous avons pourtant choisi de la présenter ici, tout d’abord parce qu’elle sera une trace, même modeste, du travail accompli. Nous pensons par ailleurs qu’il y a là des éléments précis qui peuvent nourrir la réflexion d’autres équipes sur la question. Enfin et peut-être surtout c’est une solution particulière pour traiter les problèmes d’hétérogénéité tels qu’on les rencontre d’une façon particulièrement dure en classe de sixième. Elle montre une fois de plus la diversité des réponses possibles en matière d’éducation. Les éléments du problème: On part de ce constat qu’un grand nombre d’élèves sont en grande difficulté. 21 élèves ont été accueillis pendant l’année 1998-99, dont 3 qui avaient été orientés en SEGPA à l’issue du primaire. Ces élèves présentent de réelles difficultés de langue (beaucoup sont issus de milieux étrangers), et aussi de problèmes d’orthographe et de compréhension. Certains n’ont pas une idée très favorable du milieu scolaire. Une équipe d’enseignants volontaires souhaite prendre en charge ce dispositif. Elle comprend une dizaine de professeurs, avec l’accord et l’appui de la Principale.Les objectifs: Les enseignants se proposent d’abord de remettre les enfants au niveau d’une classe de sixième traditionnelle, en comblant les lacunes et en revenant sur les points faibles. Il s’agit également de redonner aux enfants le goût de l’effort. Il faut également les guider vers des méthodes de travail efficacesLa démarche: L’effectif doit être volontairement restreint, pour une aide plus personnalisée. L’accent est mis sur l’écrit, simplifié au départ, puis de plus en plus élaboré. L’oral est pratiqué d’une manière individuelle, en confrontant les enfants à des documents, historiques et géographiques par exemple. On fait également porte l’effort sur les études dirigées, avec plus d’heures, et organisées avec des groupes restreints. On s’efforce en même temps de faire acquérir aux enfants certaines méthodes de travail.Les objectifs et leur évaluation: Il n’y a aucun absentéisme, mais au contraire une fréquentation assidue par tous les élèves qui ont bien accepté cette façon de travailler. On relève de notables progrès de la part de l’ensemble des élèves, même les plus faibles.3 élèves sont passés en 6ème traditionnelle au cours du premier trimestre. Il y a 5 propositions de passage en 5ème à l’issue du deuxième trimestre, et l’espoir d’un redoublement dans de bonnes conditions pour une dizaine d’autres.Les résultats sont dans l’ensemble en progrès, ainsi que l’apprentissage d’une méthode de travail.En ce qui concerne les évaluations, on s’est efforcé de donner aux élèves des exercices spécifiques destinés à les valoriser. Ils ont pratiqué également l’auto-évaluation sur des critères bien définis. Ils ont bien entendu participé aux tests d’évaluation nationale.Le bilan pédagogique.Les difficultés rencontrées:C’est d’abord l’impossibilité de combler les difficultés trop importantes des élèves qui avaient été orientés en SEGPA à l’issue du primaire. Cette orientation a de nouveau été conseillée. Par ailleurs, il a été difficile de gérer les problèmes de langue pour les enfants d’origine étrangère, lorsqu’ils sont trop prononcés.Les éléments positifs qui paraissent transférables:C’est l’effectif restreint, les études dirigées multipliées, le travail en équipe de volontaires, et la liaison étroite avec les collègues du primaire.Les productions et les publications envisagées:Il y a ce projet d’élaborer un charte écrite à communiquer aux futurs élèves engagés dans ce dispositif, et à leurs familles, lors des prochaines rentrée.Suggestion, propositions, souhaits:l serait intéressant de rencontrer et de se confronter avec d’autres équipes pédagogiques menant des expériences similaires. Par ailleurs, les enseignants souhaitent des stages de formation.Si vous souhaitez des informations complémentaires concernant l’expérience menée au collège Laetitia BONAPARTE, vous pouvez contacter Mme D’AMORE, Principale.( 04 95 23 60 80____________________________2 - Au collège de Baléone______________________PrésentationLe collège de Baléone a accueilli en 1997-98 un peu moins de 700 élèves. C’est une zone difficile, mi-rurale et mi-urbaine, mais accueillant cependant une majorité d’élèves du rural. Quoiqu’il en soit, c’est un public très hétérogène qui est accueilli en classe de sixième :Le secteur regroupe 17 écoles primaires, dont beaucoup de classes uniques ; C’est un pourcentage élevé d’élèves en difficulté qui sont signalés par les équipe du primaire, élèves pour lesquels les parents refusent une orientation en SES. Il semble qu’il y ait un pourcentage important d’élèves en difficulté également sur le plan social et affectif. En fin de 5ème ou de 4ème, les élèves toujours en difficulté souhaitent un enseignement tourné vers l’insertion professionnelle.Le ramassage scolaire étant aligné sur le primaire, il est nécessaire de faire la journée continue.Les difficultés des enfants se projettent dans les chiffres :11 % de redoublants en 6ème ; 28 % d’élèves arrivant avec un ou deux ans de retard ; 32 % d’élèves en difficulté en français ; 42 % d’élèves en difficulté en mathématiques (par cumul des difficulté dans les deux disciplines. Le projet : il s’agit de remédier aux problèmes des enfants en repérant les différents besoins d’apprentissage, et en s’y adaptant par la mobilité de l’organisation de la classeL’équipe : le noyau de l’équipe sera constitué de 4 professeurs de français et de 3 professeurs de mathématiques. Doivent s’y associer 2 professeurs d’histoire et géographie, deux professeurs de langue. Le CPE doit assurer le lien avec les familles, et sont également associés le COP, l’assistante sociale et le documentaliste.Les difficultés des enfants sont déjà cernés dans le cadre du travail qui associe instituteurs et professeurs du secteur, dans le cadre de la liaison CM2/6ème.Le projet se propose tout particulièrement de renforcer le dialogue avec les familles. Et par ailleurs l’équipe souhaite recevoir l’appui de partenaires extérieurs, dans le cadre de la formation continue, comme un conseil à l’évaluation, et une information par un orthophoniste et un psychologue. Le professeur principal doit faire le lien entre les différents partenaires.La démarche : dès le mois de juin, il s’agit à la fois de définir les compétences exigibles en français et en mathématiques, et de repérer les difficultés par une étude des dossiers d’entrée en 6ème et lors d’une période d’observation de 3 semaines à la rentrée.En concertation, les professeurs doivent constituer les groupes de besoin, établir la concertation dans les programmes et créer des outils d’évaluation. Les classes travaillent en parallèle en français et en mathématique. Sont intégrées également au projet les études dirigées, et on prévoir à partir du deuxième trimestre un essai de tutorat des élèves entre eux.L’évolution du travail : sur les deux années du contrat d’innovation, les réalisations seront diverses par rapport au projet initial. Les documents suivants, rédigés par les professeurs de français et de mathématiques en portent témoignage.L’équipe des professeurs de françaisLe projet de consolidation 6ème a donné, depuis deux années, des résultats qui peuvent être analysés de façons diverses.En effet, si l'on peut constater des progrès sensibles au niveau des élèves en moyenne difficulté ainsi qu'un approfondissement profitable aux bons élèves, il nous apparaît évident que les grandes difficultés n'ont pu être traitées au travers de projet, tout au moins de manière satisfaisante.Aussi envisageons nous pour l'année à venir d'introduire l'outil informatique à raison de trois heures par semaine, cela afin de valoriser certains résultats et certaines attitudes à défaut de pallier réellement les grandes difficultés.Il serait souhaitable qu'une formation soit mise en place pour aider les professeurs à remédier au problème de la grande difficulté.De même, un nombre de plus en plus important de " non-lecteurs " nous arrivant chaque année, il s'avère indispensable qu'un professeur au moins soit formé, au niveau du collège, à l'apprentissage de la lecture.L’équipe des professeurs de mathématiquesLe bilan de la première année et la réorganisation pour l’année 1998-1999En ce qui concerne l’interprétation du questionnaire qui a été adressé aux parents, on peut noter un degré de satisfaction assez significatif. L’équipe pédagogique tiendra compte des remarques dans la nouvelle année scolaire.L'horaire hebdomadaire de 3 heures de cours en classe entière plus 1 heure en groupe. L'heure en groupe était organisée en parallèle avec d'autres classes de 6ème, il n'est pas indispensable de poursuivre cette organisation, celle-ci causant de trop grandes contraintes d'emploi du temps ; de plus, les effectifs des groupes ne permettent pas de véritables échanges entre les classes. Cette heure sera réservée aux élèves en difficulté ou en grande difficulté, pour lesquels l'équipe pédagogique a défini des objectifs fondamentaux à atteindre. Pendant l'heure en groupe un aide-éducateur sera adjoint à l'enseignant de la classe pour travailler avec ces élèves.Le travail en groupe ne commencera qu'après la correction de l'évaluation nationale (environ 3 semaines après la rentrée) qui sera un des éléments de détection des élèves en difficulté.Les élèves au niveau auront 3 heures dans leur emploi du temps conformément à l'horaire prévu en 6ème.Le nombre d'actions communes à toutes les classes de 6ème, sera diminué par regroupement des chapitres. Par contre des contrôles ponctuels (10 minutes) sur certains objectifs primordiaux seront proposés aux élèves tout au long de l'année afin d'inviter les élèves à étudier et réviser régulièrement les acquisitions.Le bilan trimestriel des objectifs atteints sera établi par l'élève d'après une grille fournie par l'enseignant. L'élève complétera et utilisera intelligemment sa grille d'objectifs codée selon le même système que l'année précédente.Une nouvelle organisation des chapitres est prévue afin de consolider dès le début les objectifs se référant au calcul numérique et à la mesure.Bilan spécifique du travail de soutien en mathématiques pour la période de 1997 à 1999Les résultats des tests nationaux d’évaluation à l'entrée en 6ème , en mathématiques, ont toujours été en-dessous de la moyenne académique pour notre collège. Il fallait donc essayer de pallier à cette fatalité. Nous avons alors engagé une réflexion commune entre les professeurs de mathématiques et de français travaillant en sixième, et la direction de l’établissement dès le mois de mai 1997, afin de définir une stratégie pour la rentrée scolaire 1997-1998. La large discussion que nous avons eue compte tenu des contacts antérieurs avec les professeurs des écoles qui "alimentent" le collège, a fait ressortir la nécessité de mettre en place un dispositif d’aide aux enfants en difficulté, dès la rentrée, pour les élèves de sixième.Sous quelle forme? L’idée de "classe de consolidation" fut vite abandonnée pour deux raisons essentielles : le très grand nombre d'élèves en difficulté (plus d’un tiers) la peur de voir se constituer une filière (6ème et 5ème de consolidation, puis 4ème d'aide et de soutien et 3ème d'insertion) qui ne donneraient pas assez de chance à ces élèves présentant un handicap scolaire. Il restera alors à imaginer un dispositif intégré de consolidation mais notre approche, beaucoup trop disciplinaire (français et mathématiques) des difficultés des élèves nous conduira rapidement à ne mettre en place qu'un dispositif de soutien qui fonctionnera à peu près en mathématiques, car l'équipe enseignante (3 professeurs pour 7 classes) est restreinte.Dès le mois de juin 1997, trois enseignants de mathématiques volontaires commencent à réfléchir à la méthode qu’ils utiliseront à la rentrée, connaissant par l'administration les possibilités de regroupement des élèves.Les 7 classes de 6ème du collège (180 élèves environ) seront totalement hétérogènes (de 8 a 12 élèves en difficulté par classe); les élèves bénéficieront de 4 heures hebdomadaires de mathématiques, l'une de ces heures étant alignée pour 2 (ou 3) classes dans remploi du temps. Cornpte tenu d’une DHG. très serrée, seulement trois enseignants auront en charge ces 7 classes (2+2+3 classes par enseignant). L'alignement des heures devait permettre de regrouper (I heure par semaine) les élèves en difficulté de 2 classes pour former des groupes de besoin définis d'après des objectifs très précis. La méthode pédagogique qui semblait la plus adaptée à cette situation était une méthode par objectifs. Le premier travail fut donc d'établir une grille d'objectifs qui couvraient ensemble du programme de 6ème, d'après les compétences exigibles préconisées par le nouveau programme. Cette tâche a été réalisée en concertation avant la fin de année scolaire, pour que chaque enseignant puisse préparer sa rentrée. Ce travail en commun n'avait jamais été réalisé auparavant dans ce collège.A la rentrée scolaire Une progression commune est mise en place de façon à ce que tous les élèves de 6ème aient la même évaluation, au même moment. Cela permet de détecter les points faibles de chacun et de former les groupes. Mais que fait-on avant la première évaluation du programme de 6ème ? Il faut dans un premier temps expliquer aux parents la méthode utilisée :seulement trois heures en classe entière ; une heure de soutien où les différents groupes ne font pas les mêmes exercices. Vient ensuite le tour des élèves : dans chaque classe, une explication très précise est donnée par chaque professeur, surtout pour le système d'évaluation et le rattrapage d'objectifs. Pour que la méthode soit efficace, il faut que l'élève comprenne bien qu’il est responsable de son progrès qu'il gère lui-même a l'aide de la grille d’objectifs qu'il a continuellement en sa possession. En début d'année c'est le professeur qui donne le travail sur les objectifs non-atteints mais dès le milieu du deuxième trimestre, il est souhaitable que l'élève demande à rattraper tel ou tel objectif. Cela demande plus de travail de préparation de fiches individuelles pour du travail personnalisé, mais l'élève se sent plus responsable de son évolution. Une note sanctionnant la fréquence des objectifs atteints peut être attribuée en fin de trimestre.La concertation régulière entre les professeurs a permis de suivre la répartition prévue pour le premier trimestre à une semaine près ; mais dès le mois de décembre, nous nous sommes aperçus que le système " soutien / rattrapage d'objectifs " ne se mettait pas en place comme prévu pour plusieurs raisons :la quatrième heure hebdomadaire prévue initialement pour le soutien a été utilisée pratiquement deux fois sur trois, soit pour l'évaluation, soit pour la correction de devoirs et donc en classe entière. les groupes formés à l'issue d'une évaluation n'ont plus associé les élèves de classes différentes ayant atteint les mêmes objectifs, mais chaque professeur a gardé les élèves de ses classes. Nous pensons que l'année prochaine, le nombre d’évaluations par trimestre devra être diminué et dans une même classe les deux groupes seront sous la responsabilité de leur professeur.L'évaluation de l’expérience :Fin mai 1998, la concertation porte essentiellement sur l'évaluation de notre méthode de travail. Pour cela, une collègue propose un questionnaire à faire remplir par les parents. Après discussion nous adoptons le questionnaire ci-joint (voir annexe) ; le dépouillement des réponses s'effectue à partir du 8 juin et doit nous permettre de réajuster notre projet pour l'année scolaire l998-l999.Déjà, certaines constatations ont été faites par l'ensemble de l'équipe :Le nombre des objectifs évalués est trop important et malgré un rythme soutenu de leçons et de contrôles nous n'arriverons pas à couvrir l'ensemble des objectifs prévus ( symétrie axiale : pas d'évaluation ; quotients de deux nombres : non traité en accord avec les professeurs de cinquième). L'idée d'organiser autrement le "découpage "du programme apparaît clairement chez chacun d'entre nous, rnais nous ne savons pas comment procéder : par thèmes ? en regroupant les chapitres ? lesquels ?...Il nous semble important de travailler sur la méthodologie afin de donner aux élèves un cadre et une habitude de travail méthode de résolution de problèmes écriture de fiches-méthode présentation et rédaction des exercices gestion du temps de travail Le nombre des évaluations nous parait trop important car les périodes de contrôle et de correction prennent beaucoup de temps. Nous pensons ne réaliser que 3 évaluations par trimestre au lieu de 4 ou 5c cette année ; ces évaluations porteraient sur ceux chapitres par exemple. le problème des élèves en grande difficulté n'a pas trouvé de solution avec notre méthode. Il n'y a jamais eu de regroupement de ces élèves de différentes classes en groupe de besoin ou de soutien. Peut-être que l'ampleur des difficultés de ces élèves dépasse le cadre du collège unique Après ce constat et à l'aide des réponses des parents d'élèves au questionnaire, nous élaborons notre projet pour l'année suivante.Les résultats du questionnaire montrent que les trois quarts des parents s'intéressent au travail scolaire ; la méthode utilisée semble plutôt profitable pour les élèves et favorise le travail autonome sans représenter un travail supplémentaire. Parmi les suggestions faites par les parents, il est à noter le "manque de temps pour rattraper les objectifs codes orange ou rouge ". Il faut donc penser à réorganiser notre planning annuel.A la rentrée 1998Les données d'organisation sont différentes :l'un des trois professeurs a changé, mais il désire adhérer à notre démarche. une aide-éducatrice est volontaire pour s'occuper d'un groupe d'élèves. il n'y a plus d'heure de 6ème alignée. La concertation de pré-rentrée est entièrement consacrée à la mise en place de la progression trimestrielle ainsi qu'à la réalisation d'un socle fondamental d'objectifs pour les élèves en difficulté. L'idée est de faire travailler les élèves en soutien sur des objectifs qui nous semblent " prioritaires " parmi les compétences exigibles de fin de 6ème. Nous nous apercevrons très vite que cette double grille d'objectifs n'est pas gérable et que les élèves en difficulté n'atteignent même pas ce niveau de compétence.Par rapport à l'année précédente, la nouveauté est la diminution des évaluations qui passent à :2 au premier trimestre 3 au deuxième 2 au troisième Afin ce mieux cerner les difficultés des élèves, nous mettons en place des tests ponctuels sur des objectifs ciblés d'un chapitre. Ces tests peuvent avoir lieu à n'importe quel moment mais ne durent que 5 minutes et sont souvent corrigés instantanérnent. Cela oblige les enfants à étudier régulièrement.Pour responsabiliser les élèves, nous mettons en place un "contrat trimestriel " de 20 points sur lequel nous enlevons 1 point à chaque oubli de matériel, ou exercice non fait. En fin de trimestre, une note sur 20 sanctionne cet objectif. Au troisième trimestre, le contrat n'est pas renouvelé et nous notons une recrudescence de l'oubli du matériel, des exercices non faits. Ce système n'a donc pas été éducatif mais simplement répressif ; dès que la sanction n'existe plus, le comportement des élèves change.Le travail avec l'aide éducateur qui devait prendre en charge un groupe d'élèves pendant que le professeur s'occupait des enfants en difficulté, ainsi qu'un essai de travail sur ordinateur, n'ont pas été suffisamment suivis pour donner toute satisfaction.Afin d'évaluer les progrès des élèves nous décidons de refaire passer début juin les tests nationaux d'évaluation identiques à ceux de septembre 1998, aux élèves ayant obtenu un score de réussite strictement inférieur à 50% ; cela concerne 84 élèves sur 186. Les résultats semblent positifs pour la majorité des élèves. La variation s'étend de -18 à +39, mais seulement une dizaine d'élèves ont des scores inférieurs à ceux de septembre. En observant les résultats séquence par séquence, il semble que dans la plupart des cas, la deuxième séquence soit la moins bien réussie. Est-ce parce qu'elle n’est pas chronométrée ? Nous devons peut-être réfléchir à la" gestion du temps " en classe de sixième.Après deux armées de fonctionnement, nous dressons le bilan suivant :Ce qui semble négatif :Le trop grand nombre d'objectifs visés ; La difficulté pour former et pour gérer des groupes de besoin ; Le manque de temps pour finir le programme ; Le manque d’action sur la motivation des élèves ; Le manque de travail en équipe pluridisciplinaire. Ce qui semble positif :La mise en commun des objectifs traités et de la progression dans toutes les sjxièmes. Ainsi le niveau d’étude est le même à tout moment, ce qui permet un meilleur suivi en cinquième ; La possibilité pour les élèves les plus travailleurs de rattraper des objectifs ; L'obligation de retravailler sur des leçons vues il y a plusieurs semaines ; L’utilîsation d'une méthode claire et très structurée qui donne aux enfants une idée de la rigueur. Annexe 1 : Questionnaire d’évaluation adressé par les professeurs de mathématiques aux parents des élèves de sixième.Madame, Monsieur.L'équipe pédagogique de mathématiques en classe de 6ème souhaiterait que vous puissiez consacrer quelques minutes au renseignement de ce questionnaire qui nous aidera à mieux élaborer notre travail.A la suite de l'expérience conduite sur les classes de 6ème durant cette année scolaire, nous souhaiterions valider et améliorer la méthode. Il s'agissait de définir des objectifs d'acquisition de connaissance en début de leçon puis d’évaluer, en fin de cours, à partir de ces mêmes objectifs selon une méthode codée en couleur :vert : " J’ai compris et je suis capable de le refaire. " orange : " J'ai compris, mais j'ai des difficultés à le refaire. " rouge : " Je ne peux pas le refaire sans assistance. " Cette pratique a pour but de permettre au professeur de mieux cerner les difficultés des élèves et de cibler son cours avec plus d'efficacité. Elle apporte à l’élève un retour d'information immédiat qui. lui permet de s'auto-évaluer, de mesurer sa progression, et de détecter rapidement ses faiblesses. Elle constitue pour les parents un support d'information privilégié en ce qui concerne les progrès scolaires de leur enfant.1 - Pensez-vous que cette méthode est pour l’élève (cocher une case) :très profitable ¨ plutôt profitable ¨ moyennement profitable ¨ pas du tout profitable ¨ 2 - Avez-vous été suffisamment informé comme parent d'élève de cette pratique par votreenfant ? (Barrer la mention inutile.)OUI non3 - Cette méthode vous semble-t-elle appropriée pour (cocher éventuellement pIusieurs points) :améliorer la progression de l'élève ¨ informer les parents ¨ favoriser le travail autonome de l'élève ¨ mieux connaître le déroulement des cours ¨ mieux situer son enfant par rapportà cette matière ¨ 4 - Cette méthode représente-t-elle du travail supplémentaire pour l'élève ?OUI non5 - Avez-vous des suggestions pour une meilleure transmission d’information des parents vers les professeur au sujet de cette méthode ? ……..6 - Jugez-vous utile de prolonger cette méthode en classe des 5ème ?OUI nonAnnexe 2 : Retour des questionnaires ( Pourcentage des retours : 74% )Question n°l : Avez-vous été suffisamment informé comme parent d'élève de cette pratique par votre enfant ? oui non 74 % 26 % Question n°2 : Pensez-vous que cette méthode est pour l'élève :Très profitable 51,5 % Plutôt profitable 40 % Moyennement profitable 7% Pas du tout profitable 1,5 % Question n°3 : Cette méthode vous sembIe appropriée pour :(Classement obtenu) :améliorer la progression de l'élève favoriser le travail autonome de l’élève mieux situer son enfant par rapport à cette matière mieux connaître le déroulement des cours informer les parents Question n°4 : Cette méthode représente-t-elle du travail supplémentaire pour l’élève ? oui non 20% 80% Question n°5 (suggestions) : plus d’information et de réunions parents-professeurs ; bilan trimestriel ; manque d’annotations sur les copies ; appliquer cette méthode à d’autres matières ; plus de temps consacré au rattrapage des objectifs codés orange ou rouge. Question n°6 : Jugez-vous utile de prolonger cette rnéthode en classe de 5ème ? oui non 93% 7 % Question n°5 (suggestions) :Plus d'information et de réunions parents-professeurs ; Bilan trimestriel Manque d'annotations sur les copies Appliquer cette méthode à d'autres disciplines Plus de temps consacré au rattrapage des objectifs codés orange ou rouge. Si vous souhaitez des informations complémentaires concernant l’expérience menée au collège de Baléone, vous pouvez contacter Mme PERALDI, Principale, ou Mme ADAM, Principale adjointe.( 04 95 25 86 36_________________________3 - Au collège de PORTO-VECCHIO______________________________Présentation du projet – Mme TRAMONILe collège de PORTO VECCHIO accueille actuellement plus de 1000 élèves (1008 pour l’année scolaire 98/99) et connaît depuis plusieurs années une augmentation régulière de ses effectifs, dans des locaux qui se sont révélés gravement insuffisants et inadaptés à une telle surpopulation.Notre établissement se caractérise également par un nombre de plus en plus important d’élèves étrangers - essentiellement Maghrébins et Portugais - dont le pourcentage est actuellement de 33% de notre effectif alors que celui de l’académie de Corse était de 15,6%.Les contacts multiples que nous avons pu avoir au cours de l’année écoulée avec les familles des enfants de la 6ème spécifique nous ont permis de constater que la maîtrise de la langue au niveau familial restait rudimentaire, que la langue maternelle continuait pour nombre d’entre eux à être pratiquée dans le milieu familial et les parents - conscients de leurs difficultés - nous ont fait part de leur souci de ne pouvoir soutenir l’enfant dans son travail scolaire.Ces conditions - qui ont permis entre autres de classer notre collège en Z.E.P. - ont posé aux enseignants des problèmes prégnants : comment gérer une hétérogénéité croissante et le nombre toujours plus élevé d’élèves en difficultés et en grandes difficultés ?Au cours des réunions prévues pour débattre du projet d’établissement des années 96/97 et 97/98 le souci dominant des enseignants et leur demande renouvelée fut de proposer un projet qui pourrait prendre en compte les élèves en grandes difficultés souffrant d’un retard important ou de handicaps lourds dans les apprentissages fondamentaux de la lecture et de l’écriture. Ils se sentaient en effet démunis pour remédier à certains handicaps, en particulier ceux relevant de la dyslexie ou de la dysorthographie, ce qui aggravait presque systématiquement l’échec de certains de nos élèves de 6ème.Ainsi est né le projet de mettre en place une classe de 6ème spécifique, à petit effectif (15 à 17 élèves) et disposant de conditions particulières de fonctionnement. Il est à noter que ce choix discuté et approuvé par l’ensemble des enseignants de l’établissement a impliqué un alourdissement des effectifs des 9 autres classes de 6ème qui passait ainsi de 25 à 26/27 élèves par classe.Au cours du 3ème trimestre 1997/1998 une équipe de professeurs volontaires s’est immédiatement constituée pour préparer et affiner le projet. Le premier objectif était de déterminer un profil pédagogique de l’élève qui serait retenu pour cette classe, un second objectif étant de communiquer ce profil à nos collègues de CM2 afin qu’ils puissent repérer les enfants et les signaler sur les fiches et les livrets scolaires.C’est au cours des rencontres liaison CM2-6ème que nous avons exposé ce projet aux maîtres de CM2 présents et certains d’entre nous ont contacté directement les autres.Notre demande concernait des enfants présentant des troubles d’acquisition, de maîtrise et d’utilisation de l’écriture et de la lecture. Pour remédier au handicap de la dyslexie, l’intervention d’une orthophoniste nous est apparue indispensable et nous avons pris contact avec Mme JOURDAN qui intervenait dans le cadre d’une thérapie collective dans certaines écoles de notre secteur.Elle a immédiatement donné son accord à une participation à notre équipe.Dans l’élaboration de notre projet nous avons insisté sur la nécessité d’apporter une aide importante au travail personnel que les enfants auraient à fournir - en réduisant ce travail à son expression minimum - et en envisageant que les enfants puissent disposer dans leur emploi du temps d’heures d’études placées si possible en fin de journée.Nous avons donc développé ces arguments auprès de nos collègues en précisant bien que l’objectif final était le passage en 5ème et un meilleur vécu de leur année d’adaptation au collège.Enfin nous avons chargé nos collègues de CM2 de diffuser l’information auprès des parents qui pourraient être concernés par cette classe et de leur faire savoir qu’un accord écrit de leur part serait à adresser à l’administration du collège si leur enfant était inscrit en 6ème C. Ce qui fut fait au cours du mois de juillet 1998 après que nous ayons repéré les 15 enfants concernés, par un travail de lecture des fiches et dossiers scolaires venant des classes de CM2.Certains d’entre eux avaient déjà pratiqué de façon plus ou moins suivie une rééducation orthophonique et trois d’entre eux avaient été proposés pour une SEGPA et orientés en 6ème par manque de place.Les objectifs pédagogiques vont se développer dès la rentrée après la mise en place des conditions de fonctionnement de notre 6ème C.La nouvelle équipe de direction - contrainte de refaire les emplois du temps à la fin septembre - prendra en compte la plupart des conditions :constitution de l’équipe de professeurs volontaires ; mise en place d’un emploi du temps qui permettra aux enfants de participer 3 fois par semaine (lundi, mardi et jeudi) de 16h30 à 17h30 à des heures d’études baptisées par eux A.T.P. (Aide au Travail Personnalisé) avec intervention d’une aide-éducatrice (Melle VALLI) et présence bénévole d’un professeur de l’équipe. Melle VALLI - dont le projet est de se préparer à être institutrice spécialisée - va s’investir régulièrement dans cette expérience et c’est en concertation étroite avec elle que nous pourrons faire fonctionner ces heures d’A.T.P. Sa tâche sera rendue difficile par les difficultés de comportement auxquelles nous allons tous nous heurter, et que faute d’expérience elle aura du mal à maîtriser.Les bavardages, les bruits, les déplacements indus et les interventions explosives de la plupart des élèves étaient liées à leurs difficultés de concentration et leur incapacité de gérer un travail autonome. Aussi serons-nous amenés - sur proposition de chef d’établissement - à faire intervenir le jeudi soir une autre aide-éducatrice en A.T.P. Pour alléger les groupes du lundi et du mardi nous proposerons régulièrement - avec l’accord des documentalistes de notre établissement - des recherches bien ciblées au C.D.I. C’est une solution qui a d’ailleurs eu la faveur des enfants.Enfin l’intervention de Mme JOURDAN, orthophoniste à Porto Vecchio, se fera dès septembre, se limitant à 2 heures le mardi de10h30 à 12h30. Les test d’évaluation de 6ème permettront à Mme JOURDAN d’organiser 2 groupes de 7 à 8 élèves avec lesquels elle va travailler à des niveaux différents selon leurs difficultés. Les enfants assisteront en alternance à leurs cours d’anglais ou de mathématiques, une semaine sur deux, pour assister à cette thérapie de groupe. Nous choisirons également le mardi - jour de présence de Mme JOURDAN - pour organiser nos heures de concertation qui à plusieurs reprises commenceront au moment du repas (à la cantine du collège) et se prolongeront jusqu'à 14h30.C’est en concertation avec Melle VALLI et Mme JOURDAN que nous définirons les premiers objectifs pédagogiques immédiats :gérer les problèmes comportementaux aigus pour développer la faculté de concentration et obtenir le respect des consignes, développer l’autonomie des enfants dans la gestion de leur travail et de leur emploi du temps scolaires, développer la lecture en utilisant toutes les opportunités de les faire lire oralement. Nous avons défini un plan de classe et imposé une place à chaque élève quelle que soit la salle dans laquelle il allait se rendre. Le petit effectif nous a permis d’exiger un élève par table ce qui a eu pour effet de limiter l’agressivité verbale et gestuelle de certains d’entre eux.Nous avons eu pendant plusieurs semaines les mêmes exigences pour contrôler systématiquement en début d’heure le matériel scolaire afin d’alléger les cartables et obtenir que chaque enfant ait régulièrement : cahier de texte, carnet de correspondance et matériel indispensable à chaque matière. Cela a eu pour effet de limiter les " emprunts " et les " disparitions ", causes de litiges violents et quotidiens.Nous avons eu les mêmes exigences communes, simples et immédiates, pour une prise de parole contrôlée et cohérente qui a permis parallèlement de les éduquer à l’écoute des autres.Ces habitudes ont été difficiles à acquérir et elles sont facilement remises en cause par un petit nombre d’élèves.D’une façon générale nous avons pu constater l’efficacité de ces mesures au cours du 2ème trimestre, en particulier dans la qualité de l’écoute individuelle et parallèlement dans la durée de capacité de concentration de chaque enfant.Cependant ces difficultés relationnelles et comportementales continueront à nous poser problème. Elles ne nous permettront pas de mettre en pratique une grille d’auto-évaluation sur laquelle nous avons travaillé, qui aurait pu correspondre à un contrat et à un suivi plus personnalisé. Elles ont également posé problème dans le cadre des activités et des déplacements d’éducation physique et sportive car l’agressivité et l’imprudence de certains élèves a été difficile à gérer.Enfin nous avons donné tout au long de l’année priorité à la lecture, toutes les occasions étant saisies de pratiquer la lecture orale. C’est en liaison avec Mme JOURDAN que nous avons veillé à dépasser la lecture monosyllabique et à exiger le respect de la ponctuation et de l’intonation.Les enfants se sont prêtés à ces exigences avec enthousiasme et ont continué tout au long de l’année à être volontaires pour LIRE.Par ailleurs, dans le cadre de ce projet et avec le soutien de notre équipe de direction, des collègues se sont investis dans des activités transversales et interdisciplinaires : elles mettront en œuvre des capacités multiples chez les enfants concernant leur environnement, l’utilisation du matériel audiovisuel, le monde du travail... et surtout les obligeant à réinvestir les acquis de lecture, d’écriture et de comportement.Ces activités feront intervenir un nouvel acteur - Mr SIAUDEAU - animateur et responsable dans notre établissement de l’atelier audiovisuel.Suivi du chantier du nouveau collège par une classe de sixième – M. SIAUDEAULes intervenantsM. Siaudeau: responsable de l'atelier audiovisuel et initiateur du projet. Mme Henry, Mme Bianchi, M. Nicolaï membres de l'équipe pédagogique de la 6ème C. La classe concernée Il s'agit de la 6ème C, dite " de consolidation ". Elle se compose de quinze élèves regroupés pour leurs difficultés liées à la dysorthographie et à la dyslexie. L'activité décrite ici concerne l'ensemble de la classe mais se pratique par groupes de quatre.Les objectifs Responsabiliser des élèves en difficulté par une pratique concrète et créative : l'utilisation du matériel audiovisuel (appareil photo, caméra vidéo, ordinateur, etc.). En suivant la construction de leur futur collège, mieux intégrer les élèves dans leur environnement scolaire(appropriation du lieu par la compréhension du fonctionnement). Découvrir le monde du travail : les consignes de sécurité, la complémentarité des métiers, les conditions de travail. Réinvestir le travail d'observation dans une pratique de l'expression, orale et écrite dans le cadre de la classe. Mettre en place une exposition en fin d'année pour faire découvrir les différentes étapes de la construction à l'ensemble du collège et valoriser l'élève. Description de l'activitéUne fois par semaine un groupe de quatre élèves s'est rendu, sous la responsabilité de M. Siaudeau et d'un professeur de la classe, sur le chantier du nouveau collège. Deux des élèves étaient chargés de prendre des photos et les deux autres avaient en charge d'utilisation du camescope. Après les consignes rituelles de sécurité (port du casque), et les explications concernant l'utilisation du matériel, nous effectuions le tour du chantier. Une partie des prises de vues était effectuée, toutes le semaines, des mêmes endroits afin d'observer précisément l'évolution du chantier. Les élèves, cependant, avaient la liberté de fixer, en outre, tout ce qui leur paraissait intéressant. Chaque binôme gérait lui même la répartition du temps d'utilisation du matériel.Ces visites leur ont permis de s'intéresser à plusieurs aspects du chantier. Lorsqu'un responsable des travaux nous guidait, ils purent poser des questions, non seulement sur le devenir de l'espace, mais aussi sur les techniques utilisées. La présence du professeur de S.V.T a suscité aussi des questions sur l'environnement. Nous avons noté une grande attention lors de ces séances. Jamais un élève n'a protesté contre les consignes contraignantes dictées par la sécurité. Le matériel a été manipulé avec beaucoup de prudence et de soin par les quinze élèves sans exception.La deuxième étape consistait, de retour au collège, à se rendre dans l'atelier audiovisuel et à visionner le travail effectué quelques minutes auparavant. M. Siaudeau incitait les élèves à commenter leur travail et à l'améliorer. On procédait ensemble au choix des images susceptibles d'être gardées au montage. Commençait ici une réflexion sur le message contenu dans une image. Plus largement, se mettait en place une pratique raisonnée de la communication. Chaque élève se sentait valorisé par le résultat visible de son activité.La troisième étape intervenait après le développement des photos. Alors, en classe de français, les élèves présents sur le chantier et les autres commentaient leurs images. Un travail sur la description spatio-temporelle, par exemple, a permis d'apprendre à structurer un discours et à enrichir un vocabulaire. Nous avons pu entreprendre par ailleurs un travail d'écriture bref à partir des impression vécues sur le chantier. Pour des raisons d'organisation, ce travail n'a pu être effectué aussi régulièrement que souhaité. Cependant, il s'est avéré très utile et encourageant.La dernière étape concerne l'exposition de fin d'année. Elle se partage en plusieurs types d'activités. Il s'agit d'abord, pour les élèves, de faire un choix. Il s'effectue en ce moment. Régulièrement un groupe d'élèves trie les photos les plus significatives pour l'exposition. Ensuite, nous travaillerons en français sur les commentaires qui accompagneront ces photos. Enfin, avec l'aide du professeur d'arts plastiques, nous mettrons en place une exposition en occupant le mieux possible l'espace qui nous est attribué. Cette exposition aura lieu dans le cadre plus large d'une présentation de la Z.E.P. Elle servira de bilan aux élèves et donnera à leur première année au collège un sens, par la concrétisation et la communication d'un long travail d'observation et de réflexion.BilanIl est toujours intéressant d'observer ses élèves en dehors du cadre de la classe. On découvre chez certains des qualités qui ne se manifestent pas en classe. Cela nous donne un éclairage sur la vision qu'ils ont de l'école et parfois sur leur difficulté à y vivre.Ils ont aussi tiré un certain bien être de cette expérience. Le réinvestissement en classe leur a été profitable. Enfin cette action pluridisciplinaire et les autres, entreprises avec cette classe, ont fait prendre conscience aux élèves de l'unité de l'équipe pédagogique. Ainsi leurs capacités transversales furent plus facilement mobilisables dans chaque discipline.Activités interdisciplinaires autour de la réalisation d’une mare dans l’enceinte du collègeLes activités ont fait intervenir les professeurs de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT), de français et de technologie. Le collègue s’occupant de l’atelier vidéo a également été sollicité pour le montage et l’enregistrement des commentaires du film. Les élèves, sous la conduite du professeur de SVT, ont entrepris la réalisation de la mare.ObjectifsIl s’agissait de leur montrer :- que l’école pouvait être attractive (utilisation d’outils tels que les pelles, la pioche, le râteau mais aussi le camescope, l’appareil photo et l’ordinateur), qu’ils étaient capables de mener à bien un projet à condition d’être persévérants, qu’il était important de faire des efforts au niveau du comportement et de l’attention, afin de pouvoir travailler dans de bonnes conditions en groupe. Un des objectifs, et non le moindre, était également de leur faire prendre conscience de l’intérêt d’une production écrite servant, en quelque sorte, de mémoire collective. Déroulement des séancesLes activités ont été réalisées en groupe durant une heure. Mlle VALLI nous accompagnait à chaque séance.Dans chaque groupe, deux élèves étaient chargés de prendre des notes, afin de raconter ce qu’il se passait. Deux autres élèves filmaient tandis que deux autres prenaient des photos, et cela, chacun leur tour.Le premier groupe réalisait son compte rendu au cours de l’heure suivante, avec Mlle VALLI. Il était ensuite affiné et recopié au propre avec le professeur de français. Le second groupe réalisait son compte rendu avec ce dernier.Lors de la pose du liner (bâche), chaque élève a pris des notes. Cela a été l’occasion d’une évaluation en français et en S.V.T. Le traitement de texte a été réalisé avec le professeur de technologie. Ces textes dactylographiés ont permis la constitution d’un livret explicatif.Parallèlement, les photos prises ont été collées et légendées, afin de présenter à l’ensemble du collège, le fruit de leur travail. Enfin, ils ont réalisé une partie des commentaires du film vidéo retraçant les différentes étapes de la mare.Difficultés rencontréesProblèmes d’agressivité les uns envers les autres : les insultes fusaient. Difficultés, au départ, pour trouver des élèves qui prennent des notes sans tergiverser. Sans arrêt, il fallait les occuper sous peine que cela ne dégénère. Difficultés d’élocution lors des commentaires du film : il est difficile de parler naturellement Aspects positifsLa motivation était au rendez-vous : travailler de leurs mains leur convenait tout à fait. Certains élèves ont fini spontanément par se porter volontaires pour prendre des notes, malgré leurs difficultés d’expression. Les insultes ont diminué au cours du temps sans pour autant cesser complètement. - Cela a favorisé le développement de leur curiosité. En effet, une fois la mare mise en eau, ils ont observé et découvert des animaux et notamment des insectes qu’ils ne connaissaient pas. Certains ont même cherché à assouvir cette curiosité en faisant des recherches, au C.D.I, sur les différents thèmes abordés. Recherches qu’ils ont rédigées au propre et présentées au professeur de S.V.T. Ils ont bien compris l’intérêt de la mare, du point de vue biologique et certaines appréhensions, toutes à fait naturelles, du reste, se sont évanouies: d’où l’importance de connaître avant de juger et de protéger.- Certains chapitres du programme de S.V.T. ont été réalisés directement sur le terrain, ce qui correspond tout à fait à l’esprit de cette discipline. Il s’agit notamment, de l’impact de l’homme sur l’environnement, du peuplement d’un nouveau milieu par les êtres vivants et les relations alimentairesAspects négatifsDifficultés d’avancer convenablement le programme de S.V.T., car le travail à la mare a été réalisé pendant l’heure durant laquelle ils étaient en groupe. L’évaluation a porté en partie sur le comportement et la motivation. Mais est-ce vraiment un aspect négatif compte tenu de ce que l’on sait sur " le collège de l’an 2000 " ? Comptes-rendu des travaux de la mareS.V.T - Groupe 1- Le mardi 13 janvier 1999, nous nous sommes rendus à la mare. Le ciel était clair. La semaine précédente Malik et Jamila ont pris des photos de la mare pleine à ras bord.Cette fois-ci, Malik, Hanane et Abdel-Ilah vidaient l'eau de la mare. Mme Henry et Jamila tentaient d'évacuer l'eau à l'aide d'un tuyau. David de son côté filmait l'ensemble alors qu'Andy prenait des photos. Le système du tuyau n'étant pas efficace Abdel entra dans l'eau afin de vider la mare à l'aide d'un seau rempli d'eau.Nous avons constaté que le système du tuyau n'était pas efficace. Il faut donc trouver un autre moyen de vider la mare.S.V.T - Groupe 2 - Nous sommes le mardi 19 janvier 1999. Nous les élèves de 6°C, sommes descendus de la salle 207 de biologie pour aller à la mare qui est située derrière la salle de technologie.Nous avons commencé par vider la mare, pendant ce temps José a pris quelques photos et Julien a filmé pendant 30 ou 40 secondes.D'autre part Mehdi et Marta ont renversé les seaux dans l'eau et ils ont failli m'éclabousser. En enlevant les déchets et les pierres ; Julien et Mehdi ont trouvé des dizaines de vers rouge transparents recouverts de boue. Le niveau de l'eau dans la mare a beaucoup baissé.En prenant le seau Mehdi l'a renversé sur ses vêtement, Charles lui, a voulu jouer les égoïstes (ne voulant rien passer), et enfin Marta a ramené deux paires de bottes mais n'en a mis aucune.Marta, Mikaël et moi Soraya avons essayé d'aspirer l'eau de la mare avec un tuyau d'eau et ça n'a pas marché. Voilà vous savez tout maintenant, c'est moi qui ai résumé ce texte.La parole à … Mme MARCHI-JOURDAN, orthophonisteCes deux groupes d'enfants présentent tous des troubles d'acquisition, de maîtrise et d'utilisation du langage écrit. Il s'agit d'une population souffrant d'un retard du langage écrit (soit une dyslexie type, soit d'une dysorthographie, soit d'une dyscalculie). Ils ont bénéficié de séances collectives au rythme d'une fois par semaine depuis le mois de novembre, lors des périodes scolaires.Ils n'ont pas tous atteint le même niveau de lecture (certains lisent encore par syllabe, d'autres par rhèse, d'autres encore ont acquis la lecture courante). Sur le plan de l'expressivité, la plupart ont bien amélioré l'intonation et la ponctuation. Ils s'intéressent relativement plus à la compréhension du texte lu même si quelques difficultés persistent (pauvreté du vocabulaire), sauf pour deux d'entre eux.Nous n'avons pu, faute de temps, aborder l'expression écrite et nous nous sommes penchés surtout sur les problèmes orthographiques : il fallait apprendre à gérer cette situation d'échec pour la dépasser.Il faut noter que la majorité d'entre eux abordent maintenant les exercices de manière différente même si, pour certains encore, la qualité du tracé laisse à désirer.En résumé, le résultat me paraît positif dans l'ensemble puisque en cours d'année lors d'une discussion concernant la poursuite de notre activité de rééducation, 13 enfants sur 15 se sont portés volontaires. Les deux tiers de ces enfants ont évolué favorablement dans les domaines relationnels et dans leur approche du travail de type scolaire.La parole à … Melle VALLI, aide-éducatriceDe toute évidence ce qui a rendu mon travail difficile, c'est la discipline. J'ai remarqué qu'en une heure, il était difficile de s'occuper de chacun des élèves et de leur permettre de finir tous leurs devoirs. Seule une partie des devoirs était faite. J'ai tout de même remarqué, malgré le mouvement d'indiscipline général, qu'ils étaient très motivés pour lire, écrire les mots difficiles, apprendre les leçons d'histoire et effectuer les opérations en mathématique. Il n'en reste pas moins que leurs difficultés demeurent évidentes, des difficultés qui caractérisent chacun d'eux (dyslexie pour la plupart, dysorthographie, problèmes personnels…).D'autre part, le fait d'assister aux cours de l'équipe pédagogique m'a permis d'observer des comportements très différents de la part des élèves selon la personne avec qui ils travaillent. Puis j'ai observé une " façon de faire ", une façon d'expliquer les choses, de les présenter. Si je précise tout cela, c'est parce que, pour quelqu'un qui n'a pas d'expérience, ce n'est pas évident de tout mener à bien et j'ai pu aussi noter dans mon travail tous les points positifs mais aussi négatifs qui ont caractérisé cette année.Malgré les difficultés que j'ai rencontrées, je ne regrette pas de m'être investie dans ce projet, car je pense que cette expérience malgré tout n'a pas été négative. En effet, on remarque, en fin d'année scolaire, un mieux évident pour la majorité des élèves de cette classe.La parole à … Mme JOYEUX, conseillère d'Orientation Elèves en grande majorité satisfaits d'être dans cette classe: 13 satisfaits ou très satisfaits. Beaucoup ont l'impression de progresser grâce à cette structure ils apprécient le fait d'être peu nombreux et les heures consacrées à L'A.T.P, ils pensent que les cours sont plus faciles que dans les autres classes et que les enseignants s'occupent davantage d'eux, ils apprécient l'aide à la lecture (en cours et avec l'orthographe). Pourtant des points négatifs sont rapidement exprimés : manque de discipline, trop de perturbations, très mauvaise ambiance dans la classe. Les objectifs scolaires ou professionnels sont souvent ambitieux : 6 élèves envisagent de poursuivre les études le plus possible, les autres parlent de projets à moyen terme : 3ème, BEP. En conclusion – Mme TRAMONI Nous avons pu constater tout au long de l'année une adhésion de plus en plus nette de nos élèves à l'ensemble des projets et des efforts qui leur ont été proposés. Ils ont été d'une façon générale plus concernés, plus rapides et plus efficaces dans leurs activités scolaires et leur comportement s'est révélé plus positif même pour ceux chez qui nous avions décelé quelques réticences à être dans " cette " classe . Ils ont pu exprimer régulièrement leurs préoccupations pendant l'heure d'étude dirigée hebdomadaire qui fut consacrée aux activités traditionnelles mais aussi à l'expression et à l'analyse des problèmes auxquels ils se heurtaient.Au début de l'année les enfants ont régulièrement posé des questions sur le fonctionnement de leur classe et nous avons "joué" la transparence sur les conditions et les objectifs. Ils ont constaté dans le courant de l'année que ces conditions faisaient d'eux des privilégiés et ils en ont même tiré une petite fierté. Enfin une grande partie des heures a été consacrée à la discussion des problèmes comportementaux dans le groupe-classe et dans le cadre plus général du collègeDe la part des parents, l'adhésion a été évidente dès le début de l’année : ils sont venus régulièrement aux rencontres et aux rendez-vous organisés par les enseignants. Conscients, à des degrés divers, des difficultés de leurs enfants ils ont tous exprimé leur soulagement à les savoir accueillis dans une structure spécifique. Pour certaines mamans l'été précédent l'entrée en 6ème avait été lourd d’inquiétude, sinon d’angoisse. La rencontre parents-professeurs qui eut lieu à la fin du 2ème trimestre entre l'ensemble de l'équipe pédagogique et les représentants de 13 des enfants a permis des échanges spontanés et sympathiques. Les parents ont demandé des informations sur les différentes expériences auxquelles les enfants avaient participé, ils ont évoqué les progrès qu'ils avaient constaté et l’aisance accrue et inespérée avec laquelle chaque enfant vivait son année de 6ème. Nous avons de notre côté insisté sur les difficultés qui subsistaient à l'écrit et dans la qualité et le rythme du travail personnel.Actuellement, après la réunion de préparation du conseil de classe qui a réuni tous les intervenants de l'équipe, les aspects positifs se concrétisent par les propositions que nous ferons au conseil : sur 15 élèves, 13 passages et 2 redoublements. Nous proposerons 1 passage en 5ème à effectif allégé pour un enfant qui a beaucoup progressé mais qui reste particulièrement lent et fragile.Un autre critère positif fut la participation spontanée de toute la classe au rallye des maths qui s'est déroulé dans notre établissement et qui a permis aux élèves de se classer honorablement.C'est avec beaucoup d'incertitudes cependant que nous avons envisagé certains passages et l'adaptation de nos élèves à des conditions plus anonymes, moins encadrées et à un rythme de travail accéléré.Ce n'est que dans le courant de l'année 1999/2000 que nous pourrons mesurer l'efficacité de l'expérience que nous avons menée avec eux. Nous nous proposons de les " suivre " dans des conditions que nous n'avons pas encore déterminées précisément à l'heure actuelle.Se pose pour nous tous le problème du renouvellement de cette expérience sur la prochaine année scolaire : d'une part il semble difficile de la renouveler dans les mêmes conditions et avec le même public, d'autant que nous ne disposons pas sur place de structures officielles permettant l'intervention de partenaires reconnus par l'Education Nationale ; d'autre part notre établissement étant nettement excentré dans l'académie, les enseignants n'ont bénéficié d'aucune formation et la concertation - lourde - n'a pu être intégrée à l'emploi du temps.Cependant une équipe d’enseignants volontaires est prête à poursuivre l’expérience au vu d’un bilan que nous jugeons globalement positif tant au niveau des élèves qu’au niveau des enseignants. Cela nécessite des moyens et des conditions de travail dont il est urgent de débattre. Si vous souhaitez des informations complémentaires concernant l’expérience menée au collège de Porto-Vecchio, vous pouvez contacter : Mme MALLARONI, Principale ( 04 95 70 21 97

     

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